Fonds d’action à la ferme pour le climat : Un producteur exemplaire en matière de pratiques agroenvironnementales

André Lussier

André Lussier

Dans le paysage agricole québécois, certaines histoires se distinguent par leur capacité à conjuguer tradition, innovation et résilience. Celle d’André Lussier, producteur à la Ferme Helyon, en est une. À travers les étapes de transformation de son entreprise familiale, son implication dans les clubs conseils et son adoption de pratiques de gestion bénéfiques, André incarne une agriculture en mouvement, tournée vers l’avenir.

De la porcherie aux grandes cultures : une évolution réfléchie

L’entreprise agricole d’André et de sa famille est née sur les terres de ses beaux-parents. Au fil des années, ils ont acquis progressivement l’ensemble des parcelles, atteignant 215 hectares et développant une porcherie de 2 900 places. Mais il y a deux ans, un tournant s’est amorcé : la vente de la porcherie et d’une partie des terres a marqué le début d’une nouvelle orientation vers les grandes cultures.

Aujourd’hui, l’entreprise se concentre à la production de maïs et de blé commercial, ainsi qu’à celle de pois et de soya destinés à la semence. Ce changement n’est pas uniquement économique, il reflète aussi une adaptation aux réalités familiales. Le fils d’André ayant décidé de ne pas reprendre la ferme, celui-ci a choisi de ralentir le rythme et de repenser son modèle d’affaires.

Un levier d’innovation

André Lussier et sa famille.

André Lussier et sa famille.

Le producteur André Lussier est un fier participant au programme Solutions agricoles pour le climat – Fonds d’action à la ferme pour le climat, lancé en 2021. Ce programme canadien, doté d’un budget de 704,1 millions de dollars, vise à soutenir les producteurs dans l’adoption de pratiques de gestion bénéfiques pour lutter contre les changements climatiques.

Au Québec, le programme est mené par l’Union des producteurs agricoles à travers le projet Agrisolutions climat, gérée par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ), en partenariat avec les Producteurs de grains du Québec (PGQ). L’objectif est d’accompagner concrètement les producteurs dans la transition vers une agriculture résiliente, durable et adaptée aux nouvelles réalités environnementales.

Focus sur deux priorités : l’azote et les cultures de couverture

André Lussier a choisi de concentrer ses efforts sur deux volets du programme :

  1. Améliorer sa gestion de l’azote pour réduire sa dépendance aux engrais chimiques tout en optimisant le rendement et la durabilité de ses cultures;
  2. Utiliser des cultures de couverture pour protéger ses sols et les enrichir pour les semis suivants.

En 2024, il a mis en œuvre plusieurs pratiques de gestion bénéfique :

  • Réduire les apports d’engrais minéraux azotés totaux suivant une culture de couverture sur 49,7 ha en grandes cultures.
  • Participer à des essais de la fertilisation azotée dans les grandes cultures en faisant des tests d’azote dans ses cultures de maïs grain pour utiliser seulement ce qui est optimal.
  • Utiliser des cultures de couverture sur 33,6 ha en grandes cultures, visant à améliorer la rétention des nutriments et la structure du sol.

Ces méthodes permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), favorisent le stockage du carbone et renforcent la santé et la biodiversité des sols tout en améliorant la rentabilité. C’est gagnant sur toute la ligne!

Une démarche fondée sur l’expérience et l’expérimentation

Déjà sensibilisé à la santé des sols depuis plus de 30 ans, notamment par l’usage d’engrais verts, André a vu dans le programme une opportunité d’approfondir ses pratiques tout en bénéficiant d’un appui financier. Une conférence sur le bilan carbone a été un déclencheur. En apprenant qu’en tant que producteur il était un émetteur de GES, il s’est donné comme objectif d’atteindre l’équilibre, voire de devenir carboneutre.

Le programme lui a permis d’expérimenter des approches différentes, comme le trèfle intercalaire, en limitant les risques liés à l’essai de nouvelles techniques. Grâce à son rôle de président dans un club conseil, il est bien informé des pratiques émergentes et partage volontiers ses apprentissages avec d’autres producteurs.

Des pratiques bénéfiques pour le sol et la planète

Sur le terrain, André a mis en œuvre plusieurs pratiques de gestion bénéfiques. Son objectif principal est d’augmenter la matière organique pour renforcer la résilience de ses sols face aux aléas climatiques. Les engrais verts sont une solution qui enrichit le sol durablement.

La gestion de l’azote est également au cœur de ses préoccupations. En utilisant des cultures de couverture et en testant différentes rotations, il parvient à retenir l’azote dans le sol, réduisant ainsi les besoins en fertilisation l’année suivante. Cette approche permet non seulement de préserver l’environnement, mais aussi de réaliser des économies substantielles.

Parmi ses initiatives, la production de semences de pois et de soya occupe une place particulière. Répondant à une demande locale, cette culture lui a permis d’explorer de nouvelles rotations et de mieux gérer les apports d’azote. Les défis ne manquent pas, tels que les maladies des légumineuses ou la nécessité d’espacer les cultures de pois et de soya sur plusieurs années, mais les apprentissages sont précieux.

Des impacts concrets sur la rentabilité

Les résultats ne se font pas attendre. En ajustant les doses d’azote dans le maïs, André parvient à optimiser les rendements tout en réduisant les coûts et le bilan carbone. La pratique du semi-direct, qui limite l’usage de machinerie lourde, diminue les frais d’entretien et d’opération. Pour lui, l’efficacité environnementale va de pair avec la viabilité économique.

Être un agent de changement

André souhaite poursuivre son engagement dans le programme Solutions agricoles pour le climat – Fonds d’action à la ferme pour le climat. Il y voit un outil essentiel pour expérimenter, s’adapter aux changements climatiques et améliorer la performance globale de son entreprise.

Comme André Lussier, vous pouvez contribuer à l’effort de lutte contre les changements climatiques en adoptant des pratiques de gestion bénéfiques sur votre ferme. Le programme FAFC a été prolongé jusqu’en 2028 afin de continuer à soutenir les agriculteurs dans leurs efforts. Surveillez les périodes d’inscription au programme.

 

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