Directives sur le lieu de travail pour les employés et les employeurs du secteur agricole et agroalimentaire

Les présentes directives ont été élaborées en consultation avec l'Agence de la santé publique du Canada; Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) n'élabore pas ni ne publie de directives en matière de santé publique. Ces directives ne traitent pas des exigences législatives en matière de santé et de sécurité au travail pour le lieu de travail et ne remplacent pas non plus les directives en matière de santé publique des autorités locales ou de l'Agence de la santé publique du Canada. Si vous constatez des divergences dans les directives en matière de santé publique, suivez les directives les plus précises ou les directives locales.

Cette page sera mise à jour en fonction de l'évolution de la pandémie.

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) publie également de plus amples renseignements en ligne :

Propagation du virus dans un lieu de travail et réduction des risques

Propagation du virus dans un lieu de travail

Les employés des usines de transformation ou d'autres exploitations agricoles, comme les serres et les fermes, ne sont pas exposés davantage à la COVID-19 en raison des produits qu'ils manipulent. Toutefois, leur environnement de travail, comme les chaînes de transformation, l'équipement de terrain et d'autres secteurs où ils ne peuvent éviter les surfaces ou les emballages fréquemment touchés ou les contacts étroits avec des collègues et des superviseurs, peut contribuer considérablement à une potentielle exposition.

Facteurs qui influent sur le risque d'exposition des employés à la COVID-19

  • La distance entre les employés : Les employés d'une usine de transformation travaillent souvent près les uns des autres sur les chaînes de transformation. Les employés du secteur de l'agriculture et de l'alimentation peuvent aussi être à proximité les uns des autres, par exemple au début ou à la fin de leur quart de travail, pendant les pauses, dans le cadre de la vie communautaire et de la récolte ou dans les vestiaires, ce qui complique le maintien de la distance physique d'au moins de deux mètres en tout temps.
  • Durée du contact : Les employés des usines de transformation ont souvent de longs quarts de travail où ils sont en contact étroit avec leurs collègues (par exemple de 10 à 12 heures par quart de travail). Les employés qui vivent ensemble, comme les travailleurs étrangers temporaires, peuvent aussi avoir des contacts prolongés avec leurs collègues et leurs équipes de travail. Le contact continu avec des personnes potentiellement infectieuses augmente le risque de transmission.
  • Type de contact : Les employés peuvent être exposés au virus par des gouttelettes ou des aérosols dans l'air; par exemple, lorsqu'une personne contaminée dans une installation tousse, éternue, crie, chante ou parle. L'exposition peut se produire lorsque des employés touchent des surfaces ou des objets contaminés (par exemple, des outils, des emballages, du matériel de terrain, des postes de travail ou des tables de salle de pause), puis se touchent la bouche, les yeux ou le nez avant de se laver les mains. Les espaces partagés qui augmentent les contacts personnels étroits, comme les dortoirs, les salles de repos, les vestiaires et les entrées et sorties de l'installation, peuvent également contribuer au risque.
  • Partager un moyen de transport, comme les fourgonnettes, les navettes, le covoiturage et les transports en commun.
  • Les contacts fréquents avec les résidents de la collectivité, les membres de la famille et les collègues dans les régions où il y a une transmission communautaire en cours.

Réduction des risques

La prévention de la propagation de la COVID-19 devrait mettre l'accent sur la prévention de l'exposition à la maladie tant dans la collectivité que dans le milieu de travail (voir : Maladie à coronavirus (COVID-19) : Prévention et risques). Il n'existe pas de mesure ou d'outil unique qui empêchera la propagation de la COVID-19. Chaque gestionnaire d'installations ou employeur doit suivre la hiérarchie des mesures de maîtrise en utilisant plusieurs mesures en fonction des risques cernés.

Pour obtenir des renseignements sur des Ressources en santé et sécurité sur la COVID-19, veuillez consulter les ressources sur la COVID-19 affichées sur le site Web du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST). On y retrouve un Guide sur la santé et la sécurité en milieu de travail (PDF), des fiches de conseils propres à différents secteurs (notamment une fiche sur les milieux de travail agricoles et une fiche sur les milieux de travail de la transformation des aliments) et des infographies pouvant être affichées dans les lieux de travail. Les employeurs peuvent choisir les renseignements les plus pertinents à leur milieu de travail et créer une trousse sur mesure. Une nouvelle vidéo de cours ou d'apprentissage en ligne Prévenir la propagation de la COVID-19 : Guide à l'intention des travailleurs étrangers temporaires est accessible gratuitement.

Les mesures les plus importantes à respecter, à la maison, en milieu communautaire et au travail

  • Maintenir la plus grande distance physique possible (au moins 2 mètres) avec les autres;
  • Lorsqu'il n'est pas possible de maintenir constamment une distance physique d'au moins 2 mètres avec les autres, porter un masque non médical;
  • Pratiquer une hygiène des mains rigoureuse : se laver les mains souvent avec de l'eau et du savon pendant au moins 20 secondes ou utiliser un désinfectant pour les mains à base d'alcool (contenant au moins 60 % d'alcool) s'il n'y a pas d'accès à de l'eau et du savon;
  • Éviter de se toucher le visage, la bouche, le nez et les yeux;
  • Adopter une bonne étiquette respiratoire : tousser ou éternuer dans son bras, ou porter un masque non médical pour éviter la propagation des gouttelettes respiratoires d'une personne infectée sans le savoir;
  • Nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces et objets fréquemment touchés.

Étapes pour les gestionnaires d'installations

Interdire l'accès au site à toute personne présentant des symptômes, même légers.

Désigner une personne qualifiée, comme votre professionnel de la santé et de la sécurité au travail, qui sera responsable de l'évaluation et de la planification des contrôles de la COVID-19. Les plans de contrôle doivent s'appliquer à toute personne entrant ou travaillant dans l'installation (par exemple, tous les employés, entrepreneurs, visiteurs et autres).

  • S'assurer que tous les employés sur le lieu de travail savent comment communiquer avec la personne qualifiée s'ils ont des préoccupations relatives à la COVID-19.

Communiquer aux employés les signes et les symptômes de la COVID-19 et les mesures mises en place sur le lieu de travail pour prévenir sa propagation.

Se renseigner auprès des autorités locales de santé publique et fournir à son personnel des informations à jour sur la COVID-19.

Évaluer périodiquement le lieu de travail pour déterminer les risques et les stratégies de prévention de la COVID-19 et aborder le programme de lutte au besoin.

Mettre en place un système permettant aux employés de faire savoir à leurs superviseurs qu'ils présentent des signes ou des symptômes de la COVID-19 ou qu'ils ont récemment été en contact étroit avec un cas suspecté ou confirmé de COVID-19, le cas échéant.

Établir les mesures d'intervention à prendre lorsqu'un cas soupçonné est repéré et communiquer ces mesures.

Veiller à ce que les superviseurs et le personnel des ressources humaines soient au courant des politiques exigeant que les employés qui présentent des symptômes de la COVID-19 restent à la maison afin d'éviter les messages contradictoires concernant l'assiduité au travail.

Déterminer les activités, les postes et le nombre d'employés qui sont indispensables au maintien des activités principales. Tenir compte de l'accès aux personnes, aux services publics, aux matières premières, aux ordinateurs, aux machines ou équipements, aux pièces de rechange, aux outils, aux véhicules et aux moyens de communication. Évaluer et contrôler les risques associés à ces changements.

Désigner et former les employés en tant que remplaçants pour les fonctions essentielles. Veiller à inclure les employés responsables des interventions d'urgence (par exemple, exercices d'incendie, premiers soins).

Veiller à ce que des réseaux de communication efficaces soient en place pour transmettre des messages cohérents sur les mesures prises par l'employeur pour protéger la santé des employés et les responsabilités des employés. Les occasions pour les employés de formuler des commentaires sur des enjeux pratiques associés aux stratégies d'atténuation peuvent également être utiles.

Création de « cohortes »

La création de cohortes (des groupes d'employés qui vivent, font la navette et/ou travaillent ensemble) peut contribuer à limiter la propagation de la COVID-19 et faciliter la recherche des contacts en cas de découverte d'un cas positif. Réduire le plus possible le mélange des cohortes, et garder les cohortes physiquement éloignées les unes des autres, autant que possible.

Organisation des cohortes :

  • regrouper des employés qui travaillent habituellement ensemble, au même quart de travail ou dans la même zone d'activité;
  • programmer un groupe d'employés pour qu'ils travaillent et prennent des pauses ensemble, puis échelonner les heures de début de travail et les pauses pour les différentes cohortes;
  • organiser des horaires d'autobus ou de navettes de sorte que chaque cohorte se déplace ensemble.

Dans les espaces de vie partagés

Ne pas héberger des travailleurs en quarantaine avec des travailleurs qui ne sont pas en quarantaine. Pour en savoir plus, voir COVID-19 : Guide pour les travailleurs étrangers temporaires au Canada.

  • Limiter le nombre d'employés dans chaque logement partagé.
  • Tous les employés partageant un dortoir peuvent être regroupés pour travailler ensemble au sein d'une même équipe de travail.
  • Limiter les activités sociales aux seules personnes du même dortoir ou de la même équipe de travail.
  • Limiter autant que possible le nombre d'employés présents en même temps dans les aires communes.
  • Organiser des horaires d'autobus ou de navettes pour transporter ensemble les mêmes groupes de travailleurs. Consultez la rubrique covoiturage pour obtenir de plus amples renseignements sur les déplacements en groupe.

Covoiturage

  • Utiliser un moyen de transport individuel, lorsque disponible. Encourager les employés à éviter le covoiturage pour se rendre au travail et en revenir, si possible.

Si le covoiturage ou l'utilisation de véhicules de fonction est une nécessité, il faut suivre les pratiques de contrôle suivantes :

  • Si des cohortes ou des équipes d'employés ont été établies, le covoiturage et le transport par navette devraient être réservés aux membres de la même cohorte.
  • Limiter le nombre de personnes par véhicule dans la mesure du possible pour maintenir une distance physique; l'utilisation d'un plus grand nombre de véhicules peut donc s'avérer nécessaire.
  • Encourager les employés à maintenir la plus grande distance physique possible.
  • Encourager les employés à se laver les mains avant d'entrer dans le véhicule et à leur arrivée à destination.
  • Encourager les employés à porter un masque non médical.
  • Réserver un véhicule à chaque cohorte, ou nettoyer et désinfecter les surfaces couramment touchées après chaque déplacement de covoiturage ou de navette (par exemple, poignées de porte, rampes, boucles de ceinture de sécurité).
  • Encourager les employés à suivre l'étiquette sur la toux et les éternuements lorsqu'ils sont dans le véhicule.

Changements opérationnels visant à réduire le risque de COVID-19 dans un lieu de travail

Il n'existe pas de mesure ou d'outil unique qui empêchera la propagation de la COVID-19. Chaque gestionnaire d'installations ou employeur doit respecter la hiérarchie des mesures de maîtrise en utilisant des mesures multiples basées sur les zones de risque identifiées pour minimiser la propagation potentielle du virus sur le lieu de travail. L'objectif est de minimiser chaque risque, d'utiliser des contrôles techniques, notamment une ventilation adéquate et des barrières physiques, et de mettre en œuvre des pratiques de nettoyage et de désinfection appropriées pour réduire l'exposition ou protéger les travailleurs. Les stratégies administratives, notamment l'horaire des employés, sont également un élément important d'une approche de prévention en milieu de travail. Le document COVID-19 : Guide sur la santé et la sécurité en milieu de travail (PDF) du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST) contient des renseignements utiles sur les mesures à mettre en œuvre en milieu de travail pour maîtriser les risques.

Les employeurs peuvent prendre les mesures suivantes pour favoriser la distanciation physique :

  • Encourager les déplacements en file indienne avec une distance d'au moins 2 mètres entre chaque employé dans l'installation.
  • Modifier le positionnement des postes de travail, y compris le long des chaînes de transformation, si possible, afin que les employés soient à au moins deux mètres l'un de l'autre dans toutes les directions (par exemple, côte à côte et face à face). Idéalement, modifier le positionnement des postes de travail afin que les employés ne soient pas face à face. Des barrières physiques peuvent être utilisées pour maîtriser les risques lorsqu'il n'est pas possible de maintenir une distanciation physique et que les contacts avec les autres sont fréquents.
  • Envisager d'ajuster la vitesse des chaînes afin d'avoir moins d'employés à chaque poste de travail.
  • Désigner des employés pour surveiller et faciliter la distanciation dans l'aire de la chaîne de transformation, dans la serre ou les champs, ou sur l'équipement de terrain.
  • Limiter autant que possible le nombre de personnes présentes en même temps dans les aires communes.
  • Échelonner les heures d'arrivée et de départ des employés afin d'éviter les rassemblements de travailleurs dans les stationnements, les vestiaires et à proximité des horodateurs.
  • Échelonner les pauses ou prévoir des aires de repos et des toilettes temporaires pour éviter les groupes d'employés pendant les pauses.
  • Enlever ou replacer les chaises et les tables, ou ajouter des cloisons aux tables, dans les salles de pause et dans d'autres endroits que les employés peuvent fréquenter pour accroître la distance entre les employés.
  • Désigner d'autres zones à utiliser pour gérer le besoin d'espace supplémentaire, comme des salles de formation et de conférence, ou utiliser des tentes extérieures pour les pauses et les repas.
  • Installer des repères visuels (par exemple, des marquages au sol et des panneaux) faciles à voir de loin pour rappeler aux gens de maintenir une distanciation physique, y compris pendant les pauses.
  • Envisager de former des cohortes et de réduire au minimum les contacts entre elles, y compris les temps de travail échelonnés, afin d'éviter que des cohortes différentes interagissent entre elles. Voir Établissement de cohortes ou d'équipes d'employés pour de plus amples renseignements.

Les employeurs peuvent faire ce qui suit pour promouvoir les bonnes pratiques d'hygiène :

  • Sensibiliser les employés aux bonnes pratiques, comme se laver rigoureusement les mains et éviter de se toucher le visage, y compris les yeux, le nez et la bouche, surtout avec des mains non lavées.
  • Encourager le lavage rigoureux des mains à la fin des travaux et/ou après le retrait des masques non médicaux ou de l'équipement de protection individuelle (EPI).
  • Mettre à la disposition des travailleurs du savon, de l'eau courante propre et des serviettes en papier à usage unique pour le lavage des mains.
  • Fournir des lingettes pour enlever les matières organiques et des désinfectants pour les mains à base d'alcool contenant au moins 60 % d'alcool s'il n'y a pas d'accès immédiat à de l'eau et du savon et les placer à plusieurs endroits pour encourager l'hygiène des mains. Dans la mesure du possible, choisir des distributeurs de désinfectant sans contact.
  • Envisager d'autres programmes en milieu de travail pour promouvoir l'hygiène personnelle, par exemple :
    • ajouter de courtes pauses supplémentaires dans les horaires du personnel pour augmenter la fréquence à laquelle le personnel peut se laver les mains;
    • fournir des mouchoirs et des poubelles sans contact aux employés;
    • informer les employés que l'usage de la cigarette et du tabac sans fumée peut entraîner un contact accru entre les mains potentiellement contaminées et la bouche, et que le fait d'éviter ces produits peut réduire le risque d'infection;
    • découragez l'échange d'objets personnels tels que les téléphones portables ou les briquets.

Les employeurs devraient mettre l'accent sur l'amélioration des pratiques d'assainissement et de désinfection :

  • Pour les activités nécessitant l'utilisation d'un grand nombre d'outils, les employeurs doivent veiller à ce que les outils soient régulièrement nettoyés et désinfectés, y compris chaque fois que les employés changent de poste de travail ou d'outil.
  • Établir des protocoles et fournir du matériel pour augmenter la fréquence du nettoyage et de la désinfection dans les espaces de travail et les espaces communs.
  • Désinfecter les surfaces fréquemment touchées dans les espaces de travail, les salles de repos et les toilettes (par exemple, poignée de four à micro-ondes ou de réfrigérateur, pavés tactiles de distributeurs automatiques, robinets d'évier et chasse d'eau des toilettes) au moins une fois par quart de travail, si possible. Nettoyer fréquemment les barres de poussée et les poignées des portes qui ne s'ouvrent pas automatiquement, et les mains courantes des escaliers ou des allées. Si des barrières physiques sont utilisées, elles doivent être nettoyées fréquemment.
  • En prenant des mesures pour prévenir la propagation de la COVID-19, les employeurs ne doivent pas diminuer le degré de protection offert aux employés qui effectuent des activités de nettoyage et de désinfection dans les lieux de travail.
  • Former les membres du personnel sur les procédures de nettoyage et de désinfection, y compris le système d'information sur les matières dangereuses utilisées au travail (SIMDUT) et les lois applicables, pour les protéger des risques chimiques posés par les désinfectants.
  • Mettre à la disposition des employés de l'EPI, y compris une protection oculaire (par exemple, des lunettes ou un écran facial qui couvre entièrement le devant et les côtés du visage) et des gants jetables, pour le nettoyage et la désinfection. Consultez les instructions d'utilisation et de manipulation sécuritaires du fabricant ou la fiche de données de sécurité (FDS) du produit dangereux pour connaître l'EPI recommandé.

Modification du milieu de travail lorsque la distanciation physique minimale est impossible

Pour les lieux de travail où il est impossible de maintenir une distanciation physique d'au moins deux mètres, examiner les modifications possibles que l'on peut apporter, comme l'installation de barrières physiques avec de l'acrylique ou des pellicules/rideaux en plastique entre les personnes. Ces modifications ne doivent pas créer de risques pour les employés.

Placer des stations de lavage des mains ou des distributeurs de désinfectant pour les mains contenant au moins 60 % d'alcool à plusieurs endroits pour encourager l'hygiène des mains. Dans la mesure du possible, choisir des distributeurs de désinfectant sans contact.

Masques et EPI dans les installations agricoles et de transformation alimentaire

Plusieurs installations agricoles et de transformation alimentaire exigeaient déjà (avant la pandémie de COVID-19) de l'EPI, comme le port de masques N95, dans le cadre de leurs activités quotidiennes, puisqu'il s'agissait d'une exigence relative à la santé et à la sécurité sur le lieu de travail. Le port du masque pendant la pandémie ne devrait pas remplacer la distanciation physique, le lavage rigoureux des mains et l'hygiène respiratoire ou les exigences en matière d'équipement de protection personnelle (EPI) établies par les installations agricoles et alimentaires avant à la pandémie.

Types de masques et utilisation

Masques respiratoires (masques N95)

  • Les respirateurs comme les masques N95 doivent être réservés aux travailleurs de la santé et aux autres fournisseurs de soins directs aux patients infectés par la COVID-19. Leur utilisation n'est pas recommandée dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour atténuer le risque lié à la COVID-19.
  • Toutefois, si, avant la pandémie de COVID-19, une évaluation des risques pour la santé et la sécurité au travail a permis de déterminer qu'un employé est tenu de porter un masque N95 ou un autre équipement de protection individuelle dans le cadre de ses activités normales afin d'atténuer un danger particulier sur le lieu de travail, il doit continuer de le faire.
  • Les masques N95 peuvent être appropriés pour les travailleurs qui effectuent des tâches de dépistage et nécessaires pour les travailleurs qui pourraient devoir aider un employé qui commence à se sentir malade au travail et qui présente des signes ou des symptômes de la COVID-19. Voir les sections Évaluation de l'état de santé des employés avant leur entrée sur le lieu de travail et Gestion des cas positifs en milieu de travail pour plus de détails.
    • Les masques N95 doivent être ajustés pour chaque utilisateur afin de s'assurer qu'il y a une étanchéité adéquate pour qu'aucun contaminant ne puisse s'infiltrer. Il s'agit d'un processus appelé essai d'ajustement.

Masques médicaux

  • À l'instar des masques N95, les masques médicaux doivent être réservés aux travailleurs de la santé et aux autres fournisseurs de soins directs aux patients infectés par la COVID-19. Leur utilisation n'est pas recommandée dans le secteur de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour atténuer le risque lié à la COVID-19.
  • Les masques médicaux, similaires aux masques N95, peuvent être appropriés pour les travailleurs qui aident un employé malade présentant des symptômes de la COVID-19.
  • Les employés qui partagent des espaces de vie et qui doivent s'approcher à moins de deux mètres d'une personne potentiellement infectée ou apporter des soins directs à cette dernière devraient porter un masque médical, si possible.
  • Si une évaluation des risques pour la santé et la sécurité au travail a permis de déterminer qu'un employé est tenu de porter un masque médical dans le cadre de ses activités normales afin d'atténuer un danger particulier sur le lieu de travail, il doit continuer de le faire.

Masques non médicaux

  • L'Agence de la santé publique du Canada recommande l'utilisation de masques non médicaux si la distanciation physique et le réaménagement du lieu de travail ne sont pas toujours possibles. Il s'agit d'une mesure supplémentaire que les employés peuvent prendre pour protéger les personnes qui les entourent. Ne pas oublier de consulter les directives locales en matière de santé publique pour savoir ce qui est considéré comme un masque non médical approprié.
  • Il est également recommandé d'utiliser des masques non médicaux lorsque vous êtes à l'intérieur et que vous êtes en contact avec des personnes qui ne font pas partie de votre foyer immédiat, ou lorsque les autorités locales de santé publique vous le conseillent.
  • Un masque non médical peut réduire la quantité de grosses gouttelettes respiratoires qu'une personne transmet lorsqu'elle parle, crie, éternue, chante ou tousse. Les masques non médicaux peuvent empêcher les personnes qui ignorent qu'elles sont porteuses du virus à l'origine de la COVID-19 de le transmettre à d'autres.
  • Il peut ne pas être pratique pour les employés de porter le même masque non médical en tissu pendant tout un quart de travail (par exemple, huit heures ou plus), particulièrement dans les lieux de travail humides comme les serres ou dans les endroits où le masque non médical pourrait facilement se mouiller ou se salir. Les employeurs doivent fournir aux employés des masques non médicaux en tissu propres et facilement accessibles pour remplacer ceux qui sont mouillés, souillés ou autrement visiblement contaminés.
  • Les masques non médicaux sont destinés à protéger les autres, et non la personne qui porte le masque.
  • Les masques non médicaux ne sont pas des équipements de protection individuelle (EPI). Ce ne sont pas des substituts appropriés à l'EPI, comme les masques respiratoires (masques N95 par exemple) ou les masques médicaux dans les lieux de travail où des respirateurs ou autres types de masques sont recommandés ou exigés pour protéger la personne qui le porte.
  • Les employeurs doivent examiner attentivement les exigences professionnelles de leurs travailleurs et la configuration particulière de leur lieu de travail pour veiller à atténuer les blessures physiques éventuelles qui pourraient être causées involontairement par le port d'un masque non médical (par exemple en nuisant à la capacité de voir ou de parler clairement ou en entraînant le risque qu'un employé se coince accidentellement dans l'équipement qu'il fait fonctionner).
  • S'il est déterminé qu'un masque non médical doit être porté sur le lieu de travail, il doit :
    • couvrir entièrement le nez et la bouche, de l'arcade du nez au menton, et s'ajuster fermement, mais confortablement, de chaque côté du visage;
    • être retenu par des cordons derrière la tête ou des boucles latérales;
    • être composé d'au moins trois couches :
      • deux couches de tissu serré, comme du coton ou du lin
      • une troisième couche (centrale) en tissu filtrant, comme un tissu de polypropylène non-tissé
    • permettre de respirer sans restriction;
    • être lavé avec du détergent à lessive (idéalement non parfumé, car le parfum peut causer des éternuements) à l'eau la plus chaude possible et séché à la machine tous les jours après le quart de travail, sans être endommagé ou changer de forme (un masque non médical en tissu propre devrait être utilisé chaque jour);
    • ne doit pas être prêté à qui que ce soit;
    • ne pas être utilisé s'il est mouillé ou contaminé;
    • être remplacé dans la journée par un masque propre, au besoin;
    • être manipulé le moins possible pour empêcher le transfert de matières infectieuses au tissu et au visage;
    • ne pas être porté avec une protection respiratoire (en anglais seulement) ou en remplacement de celle-ci lorsque les masques respiratoires sont une exigence en matière de santé et de sécurité au travail.
  • Il est important de souligner l'importance de l'hygiène des mains avant et après la mise en place et le retrait du masque.
  • Le port du masque à lui seul n'empêchera pas la propagation de la COVID-19. Il est essentiel de suivre à la lettre et en tout temps les consignes d'hygiène et de santé publique, comme celles relatives au lavage des mains fréquent et à la distanciation physique autant que possible.

Retraitement des masques et équivalences

Utilisation de masques filtrants retraités (MFR)

  • Même s'il est préférable d'utiliser un nouveau MFR chaque fois qu'il est nécessaire de le faire, Santé Canada a autorisé diverses méthodes de décontamination aux fins du retraitement des MFR jetables en raison des importantes pénuries. L'objectif consiste à prolonger l'utilisation des MFR pour assurer un approvisionnement continu à titre de mesure d'urgence pendant la pandémie de COVID-19.
  • Seules les entreprises de retraitement ayant subi un examen au titre de l'Arrêté d'urgence de Santé Canada sont autorisées à fournir des MFR. L'examen des entreprises de retraitement comprend la collecte de preuves d'élimination des spores bactériennes et du SRAS-CoV-2 (ou un équivalent) des masques contaminés, ainsi qu'une épreuve de rendement après le retraitement visant à s'assurer que les MFR répondent toujours aux exigences en matière d'efficacité de filtration des particules, de respirabilité, d'ajustement et de résistance des lanières ou élastiques.
  • Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le document de Santé Canada Masques médicaux et respirateurs utilisés pour la lutte contre la COVID-19 : Retraitement des respirateurs N95.

Équivalents au masque N95

  • Santé Canada a approuvé certains autres masques (notamment certains modèles de masques KN95 fabriqués par des entreprises sélectionnées) qui respectent ou surpassent les normes du National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH). Les modèles qui répondent aux critères de filtration continuent d'être vendus et utilisés comme équivalents aux respirateurs N95 homologués par le NIOSH. Services publics et Approvisionnement Canada tient une liste des masques de remplacement aux respirateurs N95 homologués par le NIOSH.

Approvisionnement en masques et autre équipement de protection individuelle (EPI)

Réserve d'urgence pour les services essentiels

  • La Réserve d'urgence pour les services essentiels (RUSE) permet aux organisations/entreprises de services essentiels admissibles, y compris le secteur alimentaire, d'obtenir de l'équipement de protection individuelle (EPI), des masques non médicaux et des produits de désinfection. Les organisations admissibles peuvent présenter une demande pour recevoir de l'EPI en vue de répondre à des besoins à court terme pressants (45 jours).
  • Le matériel est offert aux organisations ou entreprises incapables d'obtenir des fournitures par d'autres moyens selon le principe du recouvrement des coûts, lorsque de graves perturbations des services essentiels sont imminentes.

Carrefour fédéral sur l'approvisionnement en EPI

Le Carrefour sur l'approvisionnement du gouvernement du Canada fournit de l'information aux organisations qui achètent et vendent de l'EPI. Le Carrefour fournit des ressources et des conseils aux consommateurs en ce qui concerne l'EPI et est mis à jour régulièrement.

Dépistage et gestion des problèmes de santé sous-jacents

Employé ayant un problème de santé sous-jacent

  • Les personnes âgées et les personnes atteintes de troubles compromettant leur système immunitaire ou souffrant de maladies chroniques semblent plus susceptibles d'être gravement atteintes par la maladie. Il faut donc songer à les protéger contre une éventuelle exposition aux cas de COVID-19. Or, un employeur ne connaît pas nécessairement l'état de santé de ses employés ou de ses clients. Les employeurs ne peuvent présumer qu'ils connaissent l'état de santé de leurs employés.
  • Les stratégies d'atténuation des risques comprennent les éléments suivants :
    • mettre l'accent sur la communication des risques aux employés et aux clients;
    • permettre aux employés à risque de maladie plus grave (PDF) (par exemple, personnes âgées, personnes ayant un système immunitaire compromis ou un problème de santé sous-jacent) de continuer à travailler à distance, dans la mesure du possible;
    • encourager l'utilisation de mesures individuelles telles que le lavage fréquent des mains, la distanciation physique, l'hygiène respiratoire et le fait de rester à la maison quand on est malade;
    • offrir des options aux personnes vulnérables sur le plan médical afin de réduire les contacts étroits à risque élevé au travail, si possible.

Évaluation de l'état de santé des employés avant leur entrée sur le lieu de travail

Le dépistage est un outil d'atténuation

  • Le dépistage de la COVID-19 chez les employés avant qu'ils n'entrent sur le lieu de travail chaque jour est devenu une pratique courante dans les installations agricoles et alimentaires, comme les usines de transformation, afin de repérer les personnes asymptomatiques, qui peuvent être infectées par le virus responsable de la COVID-19, et de réduire la possibilité de transmission du virus dans l'installation.
  • Les options de dépistage des symptômes de la COVID-19 pour toutes les personnes entrant dans une installation pourraient comprendre ce qui suit :
    • Effectuer un dépistage verbal pour déterminer si les employés ont eu de la fièvre, des frissons, de la toux ou de la difficulté à respirer au cours des 24 dernières heures.
    • o Vérifier la température des employés au début de chaque quart de travail pour dépister toute personne ayant une fièvre de 100,4°F (38°C) ou plus (ou qui ressent de la fièvre). Veiller à ce que les personnes chargées du dépistage :
      • soient formées à l'utilisation des thermomètres et que ceux-ci soient précis dans les conditions d'utilisation (comme les températures froides);
      • portent l'EPI approprié;
    • Faire passer des tests de dépistage rapide à chaque employé avant d'accorder l'accès au site.
      • De nouvelles données probantes indiquent que les tests antigéniques rapides peuvent représenter un outil supplémentaire dans la prévention des épidémies dans les environnements collectifs et à haut risque où les employés ne peuvent pas maintenir une distance physique de deux mètres, comme les lieux de travail du secteur agricole et agroalimentaire. Ils sont utilisés pour détecter les infections asymptomatiques ou pré-symptomatiques à la COVID-19 et pour prévenir les épidémies avant qu'elles ne se produisent.
  • En raison de ses limites, l'évaluation devrait être utilisée de façon complémentaire à d'autres stratégies d'atténuation. La distanciation physique, l'hygiène des mains et l'étiquette respiratoire sont toujours nécessaires, car elles font partie d'un ensemble plus vaste de comportements efficaces pour prévenir la transmission de la COVID-19. Cette approche comprend les mesures suivantes :
    • distanciation physique (rester à au moins 2 mètres de distance);
    • rester à la maison en cas de maladie, même légère;
    • se laver les mains soigneusement et fréquemment;
    • éviter de se toucher le visage;
    • nettoyer et désinfecter toutes les surfaces et tous les objets touchés fréquemment;
    • tousser dans un mouchoir ou dans sa manche;
    • porter un masque non médical dans les situations où la distanciation physique n'est pas toujours possible;
    • utiliser des barrières physiques comme des barrières transparentes, ou d'autres méthodes comme le changement de flux de travail et le marquage au sol de l'espacement dans les lieux publics ou de travail. En ce qui a trait aux mesures de lutte contre la COVID-19, les mesures physiques comme celles susmentionnées peuvent s'avérer plus efficaces que la modification du comportement des employés.
    • limiter les contacts entre les travailleurs en créant des cohortes, en échelonnant les pauses, en attribuant des sièges, etc.

Les limites du dépistage

  • La fièvre n'est habituellement pas le premier symptôme de la COVID-19 et certaines personnes ne développent jamais de fièvre. La fièvre peut également être éliminée en prenant des médicaments comme l'acétaminophène (Tylenol). Il n'est donc pas recommandé de mettre en œuvre des mesures de dépistage en milieu de travail fondées UNIQUEMENT sur la prise de température pour détecter la fièvre.
  • Certaines personnes ne présentent et ne ressentent aucun symptôme de la maladie. Ces personnes asymptomatiques peuvent « réussir » les contrôles de la santé, mais elles peuvent quand même transporter le virus et le propager sur le lieu de travail. Les employeurs ne devraient pas présumer qu'un employé qui passe un contrôle de la santé ne propagera pas le virus à d'autres. Le test antigénique rapide peut s'avérer utile comme outil supplémentaire dans le sens où il permet de repérer ces personnes asymptomatiques et présymptomatiques.
  • Les tests de dépistage rapide ne devraient être utilisés qu'à des fins de dépistage. Ils ne doivent pas être utilisés à des fins de diagnostic. De plus, le dépistage n'empêche pas une personne de contracter la COVID-19.
  • Les tests de dépistage rapide peuvent donner des faux négatifs et, dans une moindre mesure, des faux positifs, parce qu'ils sont moins sensibles que les tests PCR réalisés en laboratoire. Malgré leur moindre sensibilité, ces tests permettent de repérer les personnes porteuses du virus et susceptibles de le transmettre à d'autres. Ils sont également efficaces pour repérer les personnes qui ont une charge virale élevée, ce qui peut être associé à un risque accru de transmission à d'autres personnes.
  • Au début de l'infection, il est possible que le test soit négatif car les charges virales sont faibles. Cependant, cela ne signifie pas que l'individu n'était pas atteint de la COVID-19 au moment du test. Des mesures de contrôle doivent encore être mises en place pour tous les employés. Pour que ce soit une mesure efficace, des tests antigéniques rapides doivent être effectués régulièrement.

Éléments à considérer en matière de dépistage

  • Le dépistage passif repose sur la surveillance par les travailleurs de l'apparition de tout symptôme et sur leur responsabilité d'aviser leur employeur s'ils se sentent malades ou peuvent avoir été exposés à la COVID-19. Pour les clients, les entrepreneurs et les visiteurs, le dépistage passif pourrait consister en un avis affiché sur la porte, un message téléphonique automatisé ou un site Web décrivant les symptômes et les restrictions concernant l'accès au site.
  • Le dépistage actif exige que l'employeur pose à ses travailleurs des questions sur les symptômes et toute exposition potentielle avant chaque quart de travail. Ceci est particulièrement utile lorsqu'il y a des éclosions de COVID-19 en milieu communautaire. Les étapes du dépistage actif peuvent inclure l'auto-évaluation (par exemple, au moyen d'un outil en ligne, en demandant à une personne de remplir un questionnaire ou en demandant à une personne désignée de poser directement des questions). Le dépistage actif peut même exiger qu'un travailleur soumette à un contrôle chaque personne se présentant au lieu de travail avant de la laisser entrer. Ce qu'il faut contrôler :
    • une exposition potentielle à la COVID-19 au cours des 14 derniers jours;
    • un voyage récent (à l'étranger ou au Canada);
    • un contact avec une personne qui a reçu un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19;
    • des symptômes de la COVID-19.
  • Interdire l'accès au site aux employés avec une fièvre de 100,4°F (38°C) ou plus, qui se sentent fiévreux ou si les résultats du dépistage indiquent que le travailleur est soupçonné d'avoir la COVID-19.
    • Encourager les employés à s'isoler et à communiquer avec un fournisseur de soins de santé;
    • Renseigner les employés sur les politiques et les procédures de retour au travail de l'installation;
    • Informer l'équipe des ressources humaines et le superviseur, afin que le travailleur puisse être retiré de l'horaire de travail en cas de maladie et qu'un remplaçant puisse être désigné, s'il y a lieu;
  • Veiller à ce que le personnel effectuant les activités de dépistage, y compris les vérifications de température, soit adéquatement protégé contre l'exposition aux personnes potentiellement infectieuses qui entrent dans l'installation :
    • Apporter des modifications telles que l'installation de barrières physiques, de cloisons ou de systèmes de cordes et de contrôle de foule, afin de maintenir une distance d'au moins deux mètres entre les préposés au dépistage et les employés contrôlés.
    • Si les préposés au dépistage doivent se trouver à moins de deux mètres des employés, leur fournir un équipement de protection individuelle (EPI) approprié (par exemple, des gants, une blouse, un écran facial et, au minimum, un masque N95).
    • Les masques N95 peuvent convenir aux employés qui exécutent des tâches de dépistage et être nécessaires aux personnes qui aident un employé au travail qui commence à présenter des signes ou des symptômes de COVID-19.
  • Si une stratégie visant à dépister les symptômes de la COVID-19 (comme des contrôles de température et/ou des tests de dépistage rapide) est mise en œuvre, des politiques et procédures de dépistage devraient être élaborées en consultation avec les responsables locaux de la santé publique et être présentées aux employés dans leur langue maternelle, comme en espagnol, thaïlandais et tagalog, pour les travailleurs étrangers temporaires.
  • Les personnes autorisées à faire passer les tests de dépistage rapide diffèrent d'une administration à l'autre. Les directives émises par chaque province ou territoire et par les autorités locales de santé publique, le cas échéant, doivent être suivies pour l'administration des tests de dépistage rapide.
  • Certaines personnes peuvent hésiter à se faire dépister en raison du risque de répercussions négatives d'un test positif. Il peut s'agir d'inquiétudes liées à la perte d'un emploi, à la perte de revenus, à la stigmatisation sociale ou à l'incidence perçue ou réelle sur le statut d'immigration. Pour assurer la mise en œuvre réussie d'un programme de dépistage rapide dans les installations, il sera essentiel d'informer les personnes des avantages, mais aussi des répercussions et des limites des tests de dépistage rapide pour empêcher la diffusion de toute fausse information.

Tests de dépistage rapide en milieu de travail

  • Pour soutenir les milieux de travail, particulièrement ceux qui ont été à risque élevé d'éclosion tout au long de la pandémie tels que ceux dans le secteur agricole et agroalimentaire, les gouvernements et le secteur privé ont mis sur pied une variété de projets pilotes et d'initiatives pour soutenir l'utilisation de tests de dépistage rapide. Parmi les initiatives visant à faciliter la mise en œuvre de tests de dépistage rapide en milieu de travail, certaines offrent l'administration de tests sans frais.

Comment participer à un programme provincial de dépistage rapide?

Certaines provinces reconnaissent les difficultés auxquelles fait face l'industrie pour acquérir des trousses de dépistage rapide et établir une stratégie de dépistage rapide. Afin d'accroître la disponibilité des tests de dépistage rapide à titre d'outil de dépistage, d'aider les organisations canadiennes à mieux protéger leurs employés et de fournir un outil supplémentaire pour réduire la transmission communautaire et assurer le bon fonctionnement de l'économie, de nombreuses provinces ont simplifié le processus permettant à l'industrie d'acquérir des trousses de dépistage rapide.

  • Les employeurs devraient communiquer avec leur gouvernement provincial pour obtenir de plus amples renseignements sur les directives, les projets pilotes et les initiatives en cours, ainsi que sur les conditions de participation.
  • Certaines provinces et le secteur privé ont élaboré des directives précises pour appuyer la mise en œuvre des tests antigéniques rapides en milieu de travail. Ces ressources sont accessibles sur la page Web suivante : Tests de dépistage rapide de la COVID-19 en milieu de travail.

Comment participer au programme fédéral de dépistage rapide?

  • Le gouvernement fédéral a mis sur pied une initiative visant à fournir gratuitement des tests pour un dépistage rapide régulier en milieu de travail dans les industries essentielles. Les lieux de travail prioritaires sont des industries d'importance cruciale qui fournissent des services essentiels à des travailleurs ayant de nombreux contacts, en particulier celles qui se trouvent dans des zones géographiques fortement touchées par la COVID-19, qui ont des sites dans plusieurs provinces et territoires et/ou qui ne sont pas en mesure de s'approvisionner dans les provinces et territoires concernés.
  • Les organisations participantes doivent être prêtes à mettre en œuvre un programme de dépistage rapide, et devront coordonner les employés chargés du dépistage dans leur établissement, faire passer les tests conformément aux exigences provinciales/territoriales pertinentes, et recueillir et communiquer les données d'utilisation.
  • Afin de faciliter le processus de commande de tests de dépistage rapide en milieu de travail, Santé Canada a lancé un portail en ligne pour les commandes.

Gestion des cas positifs en milieu de travail

Protocoles en cas de résultat positif au test de dépistage rapide

  • Les employés qui reçoivent un résultat positif par le biais d'un test antigénique rapide sont considérés comme « présumés positifs » pour la COVID-19. Un résultat positif devrait être suivi par un test PCR en laboratoire pour confirmer le résultat dans les 24 heures.
  • Les tests faussement positifs sont peu probables lorsque le test antigénique rapide est utilisé conformément aux instructions du fabricant. Lorsqu'une personne obtient un résultat positif au test de dépistage, elle doit demander un test PCR pour confirmer les résultats.
  • L'employeur devrait prendre les mesures suivantes :
    • Informer l'employé que le résultat est un résultat positif préliminaire;
    • Demander à l'employé de mettre un masque médical si possible, d'arrêter le travail, de s'isoler des autres et de contacter l'autorité locale de santé publique et de suivre ses directives;
    • Signaler le résultat positif préliminaire au bureau local de santé publique le plus tôt possible.
  • Un résultat positif préliminaire ne signifie pas qu'il y a une éclosion au site. La personne dont le test est positif doit subir un test PCR de confirmation. Les bureaux locaux de santé publique demeureront l'organisme faisant autorité sur la déclaration d'une éclosion de COVID-19, en présence de résultats positifs à la suite d'un test PCR de confirmation en laboratoire.

Apparition de symptômes de la COVID-19 au travail

  • Les employés qui semblent présenter des symptômes (par exemple, fièvre, toux ou souffle court) à leur arrivée au travail ou qui développent des symptômes compatibles avec la COVID-19 pendant la journée doivent être immédiatement séparés des autres au travail et renvoyés à la maison. Ces employés devraient porter un masque médical (si disponible), et ne devraient pas utiliser le transport en commun pour rentrer chez eux.
  • Veiller à ce que le personnel qui aide les employés malades soit adéquatement protégé contre l'exposition. Lorsque le personnel doit se trouver à moins de deux mètres d'un collègue malade, l'EPI approprié peut comprendre des gants, une blouse, un écran facial et, au minimum, un masque facial.
  • Si un employé ou un proche d'un employé est déclaré positif à la COVID-19, l'employeur doit collaborer avec les responsables locaux de la santé publique pour faciliter le traçage d'autres personnes exposées et potentiellement exposées.
  • Si un employé signale des symptômes, le poste de travail utilisé et les outils manipulés par le travailleur malade doivent être désinfectés.

Préparation en vue d'une enquête sur un cas positif

  • Le fait d'être préparé pour une enquête à la suite d'un cas positif de COVID-19 en milieu de travail peut aider un employeur à réagir rapidement pour réduire le risque de transmission supplémentaire et soutenir la continuité des activités.
  • Les employeurs devraient pouvoir retracer les points de contact des cas positifs afin d'appuyer les autorités sanitaires locales. Les préparatifs pour le traçage des contacts peuvent comprendre:
    • Un schéma de l'installation pour aider les cas positifs à communiquer leurs déplacements dans l'installation et à établir les contacts potentiels.
    • Des listes indiquant quels employés partagent des véhicules (par exemple, covoiturage, navettes) pour se rendre au travail et en revenir.
    • Une collecte centralisée des registres des visiteurs pour les visiteurs essentiels, y compris leurs coordonnées.
    • Le calendrier à jour de tous les entrepreneurs et du personnel de livraison qui circulent régulièrement dans l'installation et la confirmation de leurs coordonnées.
    • Veiller à ce que les données de l'horloge pointeuse soient facilement accessibles dans un format utile pour le traçage des contacts.
    • La création de cohortes ou d'équipes de travail qui travaillent ensemble pendant le même quart de travail ou dans la même zone d'activité et prennent leurs pauses ensemble peut aider à déterminer qui a été en contact avec qui si un cas de COVID-19 survient. Voir Établissement de cohortes ou d'équipes d'employés pour de plus amples renseignements.
    • Tenir des dossiers qui fournissent des détails sur l'horaire et le quart de travail, la zone ou le lieu de travail dans l'installation, les places assignées au dîner et aux pauses, les heures de début et de fin ainsi que les points d'entrée et de sortie pour les employés et les équipes de travail.

Protocoles sur les contacts avec un cas confirmé ou suspecté de COVID-19

  • L'Agence de la santé publique du Canada offre des directives sur la classification des contacts (risque élevé, risque faible) selon l'exposition en vue de déterminer les mesures recommandées. Pour de plus amples renseignements sur les types de risque et les recommandations, consultez le Tableau 1: Conseils sur la gestion des contacts selon le niveau de risque d'exposition.
  • En cas de risque faible d'exposition, les employés peuvent être autorisés à continuer de travailler tout en évitant autant que possible les interactions avec les personnes à risque plus élevé de maladie grave. Les employeurs travailleront avec les services de santé publique locaux pour déterminer les approches nécessaires en fonction de chaque situation particulière.

Fermeture d'entreprise

  • La fermeture d'une entreprise à la suite d'un cas confirmé de COVID-19 sur le lieu de travail est une décision que la direction de l'entreprise doit prendre après avoir consulté l'autorité locale de santé publique.
  • Un certain nombre de facteurs doivent être pris en considération pour prendre cette décision, notamment le nombre de cas décelés dans le lieu de travail, le degré de contact que la personne malade a eu avec ses collègues, l'étendue de la propagation au sein de la collectivité et les mesures en place pour repérer rapidement tout employé malade et prévenir toute nouvelle transmission sur le lieu de travail, en plus du temps nécessaire pour la mise en place des mesures d'atténuation et de contrôle supplémentaires.

Protocoles de retour au travail

À la suite de signes/symptômes ou d'un cas confirmé de COVID-19

  • Les travailleurs atteints de COVID-19 qui présentent des symptômes et se sont auto-isolés ne doivent pas retourner au travail avant d'avoir rempli les critères permettant de mettre fin à l'auto-isolement et d'avoir consulté leurs prestataires de soins de santé et les services de santé publique locaux.
  • Les employeurs doivent consulter l'autorité locale de santé publique de leur province ou de leur territoire pour connaître les protocoles de retour au travail, car ceux-ci peuvent varier d'une administration à l'autre et d'une situation à l'autre.
  • Puisque la situation continue à évoluer, les employeurs devront continuer de réévaluer les niveaux de transmission du virus dans leur région et de suivre les recommandations des responsables locaux de la santé publique.
  • Les autorités de santé publique prendront la décision de rechercher les contacts et de déterminer qui doit être isolé ou mis en quarantaine. L'autorité locale de santé publique communiquera avec toute personne dont le résultat au test de dépistage de la COVID-19 est positif (appelée « cas ») et travaillera avec cette personne pour retracer et aviser les personnes avec qui elle a été en contact étroit au besoin. Consultez la section Protocoles pour les contacts avec un cas confirmé ou soupçonné de COVID-19 pour plus de détails.