Indicateur du risque d'érosion du sol

L'indicateur du risque d'érosion du sol permet d'évaluer les risques d'érosion des sols du paysage agricole canadien attribuables aux effets de l'eau, du vent et du travail du sol. L'indicateur donne un portrait utile de la santé et de la productivité des sols, en particulier lorsqu'il est considéré en même temps que d'autres indicateurs de la santé du sol, tel l'indicateur de la teneur en matière organique du sol Il sert aussi à étudier les problèmes de qualité de l'eau, notamment les risques de contamination de l'eau par le phosphore et les pesticides découlant du déplacement de particules de sol vers les plans d'eau. Cet indicateur a permis de suivre l'état des sols et la tendance des risques d'érosion attribuables aux activités agricoles au Canada de 1981 à 2016.

État et tendance d'ensemble

On observe un recul des risques d'érosion du sol dans les terres agricoles au Canada. En 2016, on considérait que la majorité d'entre elles (76 %) étaient à très faible risque d'érosion du sol.

La carte interactive qui suit permet d'agrandir et d'explorer différentes régions. Il est à noter que dans les Prairies, le risque d'érosion du sol est très faible, principalement en raison de l'utilisation de travail réduit du sol, de cultures sans travail du sol, et de la diminution des superficies en jachère (une pratique qui consiste à laisser les champs sans culture). Dans l'Est du Canada et les Maritimes, les risques d'érosion du sol sont faibles aussi, même s'il y a des pochettes à risque plus élevé en raison des cultures en rangs, comme la betterave à sucre et la pomme de terre, et dans une moindre mesure, du maïs et du soja, cultures qui offrent une moins bonne couverture du sol que les céréales et les oléagineux.

Figure 1: Risques d'érosion du sol au Canada en 2016
Légende:
Très faible Faible Moyen Élevé Très élevé
 

La carte interactive de la figure 2 permet de visualiser l'évolution du risque d'érosion du sol de 1981 à 2016. La diminution du risque est plus marquée dans les Prairies, bien que toutes les régions du Canada affichent une amélioration de la santé des sols.

Figure 2: Évolution du risque d'érosion du sol de 1981 à 2016
Légende:
Grande diminution Diminution Peu ou pas de changement Augmentation Grande augmentation

Indice de performance du risque d'érosion du sol

L'état et la tendance de l'indicateur du risque d'érosion du sol peuvent également s'observer dans l'indice de performance ci-dessous.

Figure 3 : Indice du risque d'érosion du sol
Description - Figure 3
Année Valeur de l'indice
1981 71
1986 73
1991 75
1996 79
2001 83
2006 89
2011 91
2016 90

En 2016, le risque d'érosion du sol découlant des activités agricoles au Canada était au niveau « souhaitable ». L'indice montre une tendance à l'amélioration, soit une diminution entre 1981 et 2016. Cette diminution est surtout attribuable à l'adoption massive de travail réduit du sol et de cultures sans travail du sol, ainsi qu'à la baisse des superficies en jachère au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.

L'indice groupe et généralise les tendances et, de ce fait, doit être considéré comme un outil stratégique donnant un aperçu général de l'état et des tendances au fil du temps.

À propos des indices de performance

Tendances particulières

Le travail réduit du sol dans les Prairies a permis de réduire considérablement les risques d'érosion du sol

Les sols des Prairies se sont améliorés de façon marquée au cours des trente-cinq trente dernières années en raison des changements apportés dans les pratiques culturales, dont la réduction de la mise en jachère des terres et la diminution de l'intensité du travail du sol. L'adoption de cultures sans travail du sol, notamment dans les céréales, a eu la plus grande incidence sur la réduction des risques d'érosion du sol en raison de la grande proportion de terres arables dans les Prairies qui sont vouées à la culture de céréales.

Raisons expliquant cette tendance

La principale raison de l'amélioration de cet indicateur au Canada est l'abandon du travail intensif du sol dans les Prairies. Comme le travail intensif du sol enfouit la majeure partie des résidus de culture dans le sol et expose le sous-sol aux effets du vent et de l'eau, il rend le sol plus vulnérable à l'érosion. La figure 5 montre l'évolution du pourcentage des terres agricoles cultivées sans travail du sol et en jachère dans les Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba) et dans l'ensemble du Canada entre 1981 et 2016. Étant donné que les Prairies comprennent plus de 85 % des terres agricoles du Canada, des changements de pratiques dans ces provinces ont des répercussions importantes sur les moyennes nationales.

Figure 4 : Tendances de la mise en jachère et de la culture sans travail du sol dans les Prairies de 1981 à 2016.
Description - Figure 4
Pourcentage de terres agricoles sans travail du sol
  1981 1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016
Manitoba 1.4 2.9 4.3 7.7 10.8 17.1 20.6 18.6
Saskatchewan 2.6 5.4 8 17.5 32.1 4.98 60.3 66.4
Alberta 1 2 3 8.6 21 36.9 51.5 57.5
Canada 1.6 3.5 5.3 12.4 23.3 36.3 45.7 49.9
Pourcentage de terres agricoles en jachère
  1981 1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016
Manitoba 12.5 10.1 6 6.5 5.2 2.6 2.2 0.9
Saskatchewan 36.5 29.9 29.9 23.6 16.6 13.9 8.9 3.4
Alberta 21 18.9 16 13.1 11.2 8.6 5 2.5
Canada 24.1 20.4 19.2 15.2 11.3 8.9 5.6 2.3

Pourquoi cet indicateur est important

Le sol est une ressource essentielle en agriculture. L'érosion de la couche superficielle du sol (terre arable) peut diminuer la fertilité du sol, ce qui nuit à sa productivité et ultimement à la rentabilité de l'exploitation agricole. La perte de sol dans les champs agricoles peut aussi mener à une dégradation de la qualité de l'eau. Les éléments nutritifs, les pesticides et les agents pathogènes qui sont liés aux particules de sol sont transportés avec le sol érodé jusque dans les cours d'eau. La sédimentation —l'accumulation de sédiments fins dans les plans d'eau — peut aussi avoir des incidences sur certaines espèces aquatiques.

La protection des sols agricoles par l'adoption de pratiques de gestion bénéfiques peut assurer la santé à long terme de cette ressource importante.

Les pratiques de gestion bénéfiques

Les mêmes pratiques préconisées pour améliorer la teneur en matière organique du sol et la couverture du sol contribuent à réduire le risque d'érosion du sol. Dans les Prairies notamment, les producteurs peuvent abaisser les risques d'érosion du sol en réduisant la mise en jachère des terres et l'intensité du travail du sol et en intégrant des cultures vivaces dans les rotations culturales. Dans les régions vulnérables à l'érosion éolienne, comme les Prairies, l'implantation de brise-­vents et de cultures couvre-sol sont des options à envisager. Dans les régions où l'on cultive des terrains en pente, notamment en pomme de terre, on pourrait implanter des systèmes de cultures en bandes alternantes et travailler la terre dans le sens perpendiculaire à la pente plutôt que de haut en bas. Des mesures de lutte contre l'érosion qui visent à ralentir la vitesse du ruissellement, comme la culture en terrasses et les voies d'eau enherbées, peuvent aussi réduire les pertes de sol.

À propos des indices de performance

TL'indice de performance agroenvironnemental montre l'état de la performance environnementale et les tendances au fil du temps à partir d'une pondération du pourcentage de terres agricoles dans chaque catégorie d'indicateur, ce qui donne un indice variant de 0 (toutes les terres dans la catégorie la moins souhaitable) à 100 (toutes les terres dans la catégorie la plus souhaitable). Une valeur d'indice en augmentation dans le temps suggère une amélioration de la performance environnementale, tandis qu'une valeur en diminution suggère une détérioration de la performance environnementale.

Indicateurs connexes

Autres ressources et documents téléchargeables