Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2023

La pomme de terre (Solanum tuberosum) appartient à la famille des Solanacées. Cette famille regroupe des cultures horticoles importantes, dont la tomate, le poivron, l'aubergine et le tabac. Les pommes de terre sont originaires des Andes qui traversent le Pérou et la Bolivie et elles sont cultivées depuis plus de 5 000 ans. Elles ont été introduites en Europe au 16e siècle. La culture de la pomme de terre et son adoption comme denrée alimentaire se sont répandues progressivement en Europe jusqu'au 19e siècle. La pomme de terre a été introduite au Canada en 1623 lors du débarquement d'une cargaison de pommes de terre à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse. La pomme de terre est maintenant cultivée dans toutes les provinces canadiennes. Les pommes de terre sont cultivées pour le marché frais, la transformation (frites surgelées, croustilles, pommes de terre déshydratées et autres produits) et la semence.

La biosécurité dans l'industrie de la pomme de terre constitue un enjeu pour les producteurs de pommes de terre canadiens. L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) fournit aux producteurs des lignes directrices sur les pratiques de gestion visant à prévenir, à réduire et à limiter l'introduction et la propagation d'organismes nuisibles et de maladies dans les zones de production de pomme de terre. De plus, le Programme national de certification des pommes de terre de semence, administré par l'ACIA, vise à prévenir l'introduction et la propagation au Canada de maladies et d'organismes nuisibles de quarantaine réglementés qui s'attaquent à la pomme de terre. La semence certifiée est issue de matériel initial qui est testé et confirmé exempt d'agents pathogènes. Pour être certifiées exemptes d'agents pathogènes, les semences sont multipliées sur 7 générations au maximum.

Éditions précédentes, informations sur les droits d'auteur

  • Sixième édition — 2025
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2023
    No de catalogue : A118-10/22-2023F-PDF
    ISBN : 978-0-660-71667-1
    No d'AAC : 13220F
  • Cinquième édition — 2021
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2020
    No de catalogue : A118-10/22-2020F-PDF
    ISBN : 978-0-660-37561-8
    No d'AAC : 13062F
  • Quatrième édition — 2019
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2017
    No de catalogue : A118-10/22-2017F-PDF
    ISBN : 978-0-660-31719-9
    No d'AAC : 12974F
  • Troisième édition — 2017
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2014
    No de catalogue : A118-10/22-2014F-PDF
    ISBN : 978-0-660-08842-6
    No d'AAC : 12625F
  • Deuxième édition — 2013
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada, 2011
    No de catalogue : A118-10/22-2012F-PDF
    ISBN : 978-1-100-21547-1
    No d'AAC : 11948F
  • Première édition — 2005
    Profil de la culture de la pomme de terre au Canada
    No de catalogue : A118-10/22-2005F-PDF

© Sa Majesté le Roi du Chef du Canada, représentée par le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire (2005, 2013, 2017, 2019, 2021, 2025)

Pour plus d'information, contactez nous au aafc.info.aac@agr.gc.ca ou composez sans frais le 1-855-773-0241.

Tableaux

Préface

Les profils nationaux des cultures sont produits dans le cadre du Centre de la lutte antiparasitaire d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Ces documents fournissent des renseignements de base sur les pratiques de production et les moyens de lutte dirigée, et présentent ce dont les producteurs ont besoin pour combler les lacunes et régler les problèmes de lutte dirigée liés à certaines cultures au Canada. Les renseignements contenus dans les profils de culture sont recueillis au moyen de vastes consultations auprès des intervenants et de la collecte de données auprès des provinces déclarantes. Les provinces déclarantes sont choisies en fonction de la superficie de la culture cible sur leur territoire (supérieure à 10 % de la production nationale) et elles fournissent des données qualitatives sur la présence d'organismes nuisibles et les pratiques de lutte intégrée utilisées par les producteurs. Les provinces déclarantes pour la production de pommes de terre sont l'Alberta, le Manitoba, l'Ontario, le Québec, le Nouveau-Brunswick et l'Île-du-Prince-Édouard.

Les renseignements sur les problèmes liés aux organismes nuisibles et les techniques de lutte sont uniquement fournis à titre d'information. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la culture de la pomme de terre, le lecteur est invité à consulter les guides de production publiés par les provinces et les sites Web des ministères provinciaux qui sont énumérés à la rubrique Ressources à la fin du présent document. Pour obtenir des renseignements sur les produits de protection homologués pour la culture de la pomme de terre, le lecteur est prié de consulter les guides de production publiés par les provinces ainsi que la base de données des étiquettes de pesticides de Santé Canada.

Aucun effort n'a été épargné pour assurer le caractère complet et l'exactitude des renseignements trouvés dans la publication. Agriculture et Agroalimentaire Canada n'assume aucune responsabilité pour les erreurs, les omissions ou les affirmations, explicites ou implicites, contenues dans toute communication écrite ou orale, reliée à la publication. Les erreurs signalées aux auteurs seront corrigées dans les mises à jour ultérieures.

Agriculture et Agroalimentaire Canada tient à remercier les spécialistes des cultures provinciaux, les spécialistes de secteur et les producteurs agricoles pour leur aide précieuse à la collecte d'informations pour la présente publication.

Pour toute question sur le profil de la culture, veuillez communiquer avec le

Coordonnateur des profils de cultures
Centre de la lutte antiparasitaire
Agriculture et Agroalimentaire Canada
aafc.pmcinfo-clainfo.aac@agr.gc.ca

Production

Aperçu de l'industrie

La pomme de terre est la plus grande culture légumière au Canada. En 2023, elle a représenté 1,96 milliard de dollars. La production totale a atteint 6,54 millions de tonnes métriques sur une superficie totale de 156 642 hectares (tableau 1).

Tableau 1. Renseignements généraux sur la production de pomme de terre au Canada, 2023

Production au Canada
  • 6,54 millions de tonnes métriques
  • 156 642 hectares

Source : Statistique Canada. Tableau 32-10-0358-01 – Superficie, production et valeur à la ferme des pommes de terre (site consulté le 2024-09-13).

Total, recettes de cultures
  • 1,96 milliard de dollars

Source : Statistics Canada. Table 32-10-0045-01 – Farm cash receipts, annual (x1000) (accessed: 2024-09-13).

Disponibilité
  • Fraîches : 22,20 kg/personne
  • Transformées : 13,15 kg/personne

Source : Statistique Canada. Tableau 32-10-0045-01 – Recettes monétaires agricoles, annuel (x 1000) (site consulté le 2024-09-13).

Exportations
  • 580,7 millions de dollars

Source : Statistique Canada. L'application Web sur le commerce international de marchandises du Canada. HS # 0701.90.00 – Pommes de terre, nda, fraîches ou réfrigérées (site consulté le 2024-09-13).

Importations
  • 112,3 millions de dollars

Source : Statistique Canada. L'application Web sur le commerce international de marchandises du Canada. HS # 0701.90.00 – Pommes de terre, nda, fraîches ou réfrigérées (site consulté le 2024-09-13).

Régions productrices

Au Canada, toutes les provinces s'adonnent à la culture commerciale de la pomme de terre, la production étant concentrée (d'est en ouest) à l'Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick, au Québec, en Ontario, au Manitoba et en Alberta. En 2023, l'Île-du-Prince-Édouard comptait 21 % de la superficie totale de production de pommes de terre (33 589 hectares), suivie du Manitoba (21 %; 32 375 hectares) et de l'Alberta (20 %; 30 934 hectares) (tableau 2).

Tableau 2. Réparation de la production de pomme de terre par province, 2023

Région productrice

Superficie cultivéenote 1 (hectares)

Pourcentage national de la superficie cultivée

Production mise en marchénote 1 (million de tonnes métriques)

Pourcentage national de production mise en marché

Recettes de culturesnote 2(en millions de dollars)

Pourcentage national de recettes de cultures

Alberta

30 934

20

1,63

25

381,0

19

Manitoba

32 375

21

1,51

23

414,6

21

Ontario

15 135

10

0,43

7

154,4

8

Québec

18 440

12

0,68

10

241,4

12

Nouveau-Brunswick

20 443

13

0,75

11

262,9

15

Île-du-Prince-Édouard

33 589

21

1,31

20

409,1

21

Canada

156 642

100

6,54

100

1 960

100

Pratiques culturales

Les sols les plus appropriés pour la culture de la pomme de terre sont des sols de type sableux ou loam limoneux qui sont profonds et bien drainés. Une fourchette de pH du sol entre 6,5 et 7,5 est optimale en termes de disponibilité des nutriments et de croissance de la culture, mais on peut cultiver la pomme de terre dans des sols plus acides (pH aussi faible que 5,5), ce qui peut réduire la fréquence de la gale commune. Il faut éviter les sols qui se durcissent facilement, car en cas de fortes pluies printanières, ils peuvent former une croûte superficielle qui empêche l'émergence de la culture. Cette production exige de fréquents passages de machinerie dans les champs, elle est gourmande en éléments nutritifs et laisse peu de résidus végétaux au sol après la récolte. Il est donc important d'adopter de bonnes pratiques de travail du sol qui rétablissent sa fertilité, maintiennent ou augmentent sa teneur en matière organique, réduisent le compactage du sous-sol et du sol en surface et préviennent l'érosion, afin de préserver la santé du sol et d'assurer la durabilité de la production.

Il est important de pratiquer des rotations culturales pour conserver le sol et maintenir les cultures en bonne santé. De bonnes rotations intègrent successivement des céréales, du maïs, des plantes fourragères, des Brassicacées et des légumineuses, en plus des pommes de terre. Les cycles de rotation longs augmentent la profondeur d'enracinement, les rendements et la teneur en matière organique du sol. Ils facilitent aussi la lutte contre les mauvaises herbes et réduisent la fréquence des maladies et des insectes nuisibles dans les cultures de pomme de terre en perturbant leur cycle biologique. L'utilisation de cultures de couverture après la culture de pommes de terre peut également contribuer à prévenir l'érosion et améliorer la santé du sol.

La culture de la pomme de terre commence par la mise en terre de pommes de terre de semence, qui peuvent être entières ou coupées en morceaux (plantons). Elles sont disposées en rangs et enfouies dans le sol à une profondeur de 10 à 12 cm. Les pommes de terre sont butées au moment de la plantation ou peu de temps après. Au moment de la plantation, la température du sol doit être d'au moins 7°C. En général, les rangs sont espacés de 75 à 95 cm et les plantons sont espacés de 20 à 45 cm sur le rang, selon la variété et l'utilisation finale de la récolte.

Les variétés de pommes de terre sont sélectionnées en fonction de marchés ciblés. Parmi les variétés couramment cultivées au Canada figurent la Russet Burbank, la Shepody, la Ranger Russet, la CalWhite et l'Umatilla Russet, qui sont les principales variétés de pommes de terre à frire; les variétés Superior, Atlantic, Kennebec et Snowden sont souvent utilisées pour la fabrication de croustilles, tandis que les variétés Superior, Russet Norkotah, Chieftain, Yukon Gold, Norland, Ranger Russet, Goldrush, Sangre et Umatilla Russet sont les principales variétés de table.

Dans plusieurs régions productrices, on a recours à l'irrigation pour assurer un apport adéquat en eau tout au long de la saison de culture. Certains producteurs ajoutent également des nutriments dans l'eau (on parle alors de fertigation).

Au moment de la récolte, la température interne des tubercules devrait se situer entre 10 et 18°C. Les tubercules récoltés à des températures plus basses se meurtrissent plus facilement. À l'inverse, les tubercules récoltés à des températures supérieures à 18°C sont plus sujets à des problèmes en entrepôt à cause de désordres tels que la pourriture molle bactérienne et la pourriture aqueuse.

Avant d'entreposer les tubercules, il faut laisser leur pelure s'endurcir afin de favoriser une bonne conservation. La température, l'humidité et la circulation d'air sont des facteurs soigneusement contrôlés en entrepôt pour préserver la qualité des tubercules. Les tubercules sont gardés dans une obscurité complète pour prévenir leur verdissement. Des inhibiteurs de germination peuvent être appliqués sur les tubercules destinés à la consommation et à la transformation. Il est essentiel de désinfecter les installations et l'équipement d'entreposage pour limiter les maladies postrécolte.

Le tableau suivant (tableau 3) décrit les pratiques de production des pommes de terre au fil des saisons.

Tableau 3. Calendrier de production et de lutte antiparasitaire pour la culture de la pomme de terre au Canada

Avril à mai

Soins des plantes

Préparation des lits de plantation; le buttage peut être effectué au moment de la plantation ou après la plantation, avant l'émergence.

Soins du sol

Fertilisation.

Lutte contre les maladies

Désinfection de la trancheuse et de l'équipement de plantation; traitement des plantons et application de traitements dans le sillon de plantation.

Lutte contre les insectes et acariens

Traitement des plantons ou application de traitements pesticides dans le sillon de plantation.

Désherbage

Traitement herbicide en prélevée.

Juin

Soins de plantes

Buttage et irrigation, le cas échéant; utilisation d'une machine permettant de creuser des microcuvettes (Dammer Diker) afin de retenir l'eau d'irrigation.

Soins du sol

Travail de conservation du sol et application d'engrais en couverture (Alberta, Manitoba).

Lutte contre les maladies

Dépistage des maladies, notamment par l'installation de capteurs de spores et stations météorologiques pour la surveillance des spores responsables de l'alternariose et du mildiou; début des pulvérisations de fongicides.

Lutte contre les insectes et acariens

Dépistage et traitements pesticides, au besoin; début de la pulvérisation d'huile sur les cultures de semence au moment de l'émergence pour lutter contre les virus (Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard).

Désherbage

Buttage; pratiques culturales antiérosives, le cas échéant; application d'herbicides, le cas échéant.

Juillet

Soins des plantes

Surveillance, irrigation et fertigation, le cas échéant; mesure de la tension hydrique du sol, pour la planification de l'irrigation (Ontario).

Soins du sol

Application d'engrais en couverture, au besoin. Échantillonnage du sol dans les secteurs problématiques des champs (Ontario).

Lutte contre les maladies

Dépistage des maladies et application de fongicides, au besoin.

Lutte contre les insectes et acariens

Dépistage et traitements pesticides, au besoin; pulvérisation d'huile sur les cultures de semence pour lutter contre les virus (Nouveau-Brunswick).

Août

Soins des plantes

Dépistage; irrigation, le cas échéant; défanage et récolte des variétés hâtives au Manitoba, en Ontario et au Québec.

Lutte contre les maladies

Dépistage des maladies, application régulière de fongicides.

Lutte contre les insectes et acariens

Dépistage et traitements pesticides, au besoin; pulvérisation d'huile sur les cultures de semence pour lutter contre les virus (Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard).

Désherbage

Fauchage des mauvaises herbes dans les tournières pour éviter leur grenaison (Île-du-Prince-Édouard).

Septembre

Soins des plantes

Défanage et récolte (récolte principale dans l'Ouest canadien, récolte hâtive dans l'est du Canada).

Soins du sol

Travail du sol et établissement de cultures de couverture après la récolte; établissement de cultures de couverture dans les champs destinés à la pomme de terre l'année suivante (Île-du-Prince-Édouard); chaulage, le cas échéant.

Lutte contre les maladies

Dépistage des maladies, application de fongicides au besoin; désinfection de l'équipement de récolte et des installations d'entreposage avant leur utilisation; application de fongicide pour l'entreposage (Nouveau-Brunswick, Manitoba).

Lutte contre les insectes acariens

Piégeage de vers fil-de-fer (Île-du-Prince-Édouard).

Désherbage

Fauchage des mauvaises herbes dans les tournières pour éviter leur grenaison (Île-du-Prince-Édouard).

Octobre

Soins des plantes

Fin de la récolte dans l'Ouest canadien; principale saison de récolte dans l'est du Canada.

Soins du sol

Échantillonnage du sol pour l'analyse des nutriments et des agents pathogènes; établissement de cultures de couverture après la récolte de pommes de terre (Île-du-Prince-Édouard, Ontario); chaulage, le cas échéant.

Lutte contre les maladies

Application de fongicide pour l'entreposage (Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard).

Facteurs abiotiques limitant la production

Vent

Les vents forts ont un effet abrasif sur les feuilles des plants de pomme de terre. Le feuillage endommagé devient sec et coriace et se déchire facilement. On peut observer une brûlure apicale à l'extrémité et à la marge des feuilles qui prennent une coloration jaune, brune ou noire. Les feuilles peuvent s'enrouler vers le haut, devenir fragiles et dépérir. La brûlure apicale est plus marquée lorsque les racines ont été endommagées ou sectionnées lors du travail du sol. Les dommages causés par le vent sont plus étendus par temps chaud et sec. Ce type de dommage peut être confondu avec de nombreuses maladies foliaires.

Foudre

Lorsque la foudre frappe un champ de pommes de terre, les dommages causés sont visibles de 2 à 24 heures après. La zone touchée est souvent circulaire ou ovale et bien délimitée. Les feuilles des plantes peuvent demeurer vertes, mais les tiges s'affaissent et semblent imbibées d'eau, et brunissent ou noircissent avant de devenir brun pâle ou blanches. Le signe caractéristique d'un plant foudroyé est l'aspect scalariforme des tissus internes des tiges. Les tubercules touchés présentent des nécroses brun-noir et leur peau est fissurée. Les tubercules très endommagés semblent cuits et leurs tissus internes sont affaissés. Les tubercules foudroyés sont très vulnérables aux infections secondaires; en général, ils se décomposent complètement avant la récolte.

Tubercules aériens

La formation de tubercules aériens sur les tiges des plants de pomme de terre est induite par l'accumulation d'hydrates de carbone dans les tiges. Cette accumulation résulte de l'engorgement des tissus vasculaires des tiges, qui peut être causé par une maladie, des dommages mécaniques ou une inondation du sol.

Meurtrissures

Les pommes de terre peuvent être facilement endommagées lors des opérations mécaniques. La plupart des meurtrissures sont occasionnées au moment de l'arrachage, de la récolte, de la chute du convoyeur et de l'empilage de contenants. Les signes de meurtrissures sont notamment une coloration interne gris bleuâtre (tache noire) du tubercule ainsi qu'un fendillement ou un craquèlement de la peau. En entrepôt, lorsque les tubercules sont comprimés les uns contre les autres, il peut se produire des meurtrissures de pression qui endommagent la surface des tubercules. Les tubercules qui sont dans un état de déshydratation en raison de conditions sèches au champ avant la récolte ou en raison d'un taux d'humidité inadéquat dans l'entrepôt sont plus vulnérables aux meurtrissures de pression. Ce type de meurtrissures réduit la qualité des tubercules touchés, et les lésions sur la peau des tubercules constituent un point d'entrée pour les maladies.

Basses températures et gel

Avant leur récolte ou en entrepôt, les tubercules peuvent être endommagés par de basses températures et par le gel lorsque la température descend sous 3°C. Les tubercules endommagés noircissent à l'intérieur, puis leur chair présente une pourriture aqueuse. En entrepôt, les tissus endommagés par le gel sont souvent infectés par des bactéries, ce qui dégrade encore davantage les tubercules.

Cœur noir

Le cœur noir est provoqué par un manque d'oxygénation des tubercules. Le phénomène peut se produire dans le champ, dans les contenants de transport ou en entrepôt. Dans les champs gorgés d'eau, tous les interstices du sol sont remplis d'eau, ce qui empêche l'oxygène de se rendre aux tubercules. Le problème est encore plus important lorsque la température du sol est élevée, car le taux de respiration des tubercules augmente alors. De mauvaises conditions de ventilation durant le transport ou l'entreposage peuvent aussi être la cause de ce problème. Le cœur noir se reconnaît par l'apparition d'une coloration gris foncé, violette ou noire au centre du tubercule, de forme irrégulière, et par une démarcation nette entre les tissus sains et les tissus touchés.

Cœur creux et centre brun

Le cœur creux et le centre brun sont 2 phases d'un même désordre qui apparaissent lors de l'alternance de périodes de croissance ralentie par des stress d'humidité, de fertilité et de températures, avec des périodes de croissance rapide. Les symptômes de ce désordre sont des fissures longitudinales de taille et de forme variables dans le tubercule. Au stade du cœur creux, une couche jaune-brun à brun ressemblant à la peau se forme sur les parois de la cavité, formant une démarcation nette avec les tissus sains. Quant au centre brun, il peut apparaître lorsque la température du sol est inférieure à 13°C pendant 5 à 7 jours environ à l'initiation de la tubérisation. Les tubercules prennent alors une coloration brune au centre, près du talon. Si la croissance est rapide, les cellules touchées se séparent, ce qui crée une cavité semblable à celle du cœur creux.

Fissures superficielles

Les fissures superficielles se produisent lorsqu'un champ est soumis à des conditions d'humidité irrégulières. Elles apparaissent souvent lorsque de fortes précipitations ou un apport d'eau d'irrigation succèdent à une période sèche ou à la suite de l'application d'engrais, de telles conditions favorisant une croissance rapide des tubercules. La pression excessive qui est alors exercée sur la peau des tubercules provoque des fissures. Les gerçures, quant à elles, se forment lorsque des tubercules gorgés d'eau sont exposés à l'air ou à des conditions sèches. À la récolte, au contact de l'air sec, la pression excessive exercée sur la peau des tubercules provoque de petites fissures. Les fissures superficielles rendent les tubercules invendables pour la consommation.

Tubercules difformes

La déformation des tubercules (par exemple, excroissances, en forme d'haltères, de fuseau ou de bouteille) se produit lorsque la croissance normale est interrompue momentanément (par exemple, par des conditions d'humidité et/ou de fertilité inadéquates). La déformation des tubercules peut également être causée par des périodes de températures élevées, un faible nombre de tiges ou de tubercules par plant, des infections dues à des Rhizoctonia, la taille des plants ou leur croissance excessive. Il existe sur le marché des variétés, notamment des variétés donnant des tubercules ronds ou oblongs, qui sont moins sensibles à la déformation des tubercules.

Verdissement des tubercules

Les tubercules verdissent lorsqu'ils sont exposés au soleil ou à une source de lumière artificielle, la lumière y induisant la production de chlorophylle. Les tubercules qui mûrissent près de la surface du sol en raison d'une plantation peu profonde, d'un buttage insuffisant, de l'érosion ou de la fissuration du sol, sont susceptibles de verdir. Le verdissement est à la fois un problème de qualité et de santé, car la production de chlorophylle dans la peau du tubercule augmente les concentrations en glycoalkaloïdes (par exemple, la solanine), qui sont légèrement toxiques pour les humains et donnent un goût amer aux pommes de terre. L'épluchage des tubercules permet de les débarrasser d'une grande partie de ces composés.

Germination interne

La germination interne se produit lorsque des germes sont endommagés ou que la pression exercée par les tubercules adjacents empêche l'émergence des germes d'un tubercule en entrepôt. Les germes peuvent transpercer directement la peau d'un tubercule adjacent en empruntant généralement une dépression ou un œil profond. La germination interne peut faire éclater le tubercule ou induire la formation de petits tubercules internes.

Brunissement du talon

Le brunissement du talon est l'apparition d'une coloration jaune-brun, rouge ou brune dans les tissus vasculaires de l'extrémité du tubercule située près du stolon. Cette coloration peut être observée peu de temps après la récolte ou au cours des 2 premiers mois d'entreposage. Elle est causée par le défanage trop rapide de plants immatures. Les symptômes sont très semblables à ceux des nécroses induites par le virus de l'enroulement de la pomme de terre ou par la flétrissure verticillienne.

Hypertrophie des lenticelles

L'hypertrophie des lenticelles (pores de la peau du tubercule) se produit lorsque les tubercules sont exposés à des conditions d'humidité excessive au champ ou en entrepôt, ou lorsque le sol est compacté et sec. Si les tubercules sont exposés longtemps à pareilles conditions, les lenticelles se gonflent jusqu'à ce que la couche protectrice de subérine de la peau éclate, produisant des masses surélevées à la surface de la peau. La rupture de la couche de subérine expose le tubercule à de nombreuses maladies.

Rousselure de la peau

La rousselure de la peau des tubercules à peau lisse est un désordre complexe, que l'on croit d'origine physiologique. Il existe peu de moyens de lutte. Ce désordre réduit la qualité et le potentiel de commercialisation des tubercules touchés.

Maladies

Dans cette section

Principaux enjeux

  • Il faut continuer de surveiller l'évolution et la répartition des souches de mildiou communes et nouvelles, et évaluer la façon dont ces agents pathogènes se comportent et touchent la pomme de terre dans les conditions canadiennes. On a besoin de techniques de typage et d'identification rapides ainsi que de données sur les conditions météorologiques locales et la collecte de spores pour pouvoir prédire avec plus de précision l'apparition de la maladie.
  • On a besoin de nouveaux fongicides à large spectre.
  • Il est très important de poursuivre les efforts avec les États-Unis visant à harmoniser les homologations de pesticides, notamment en ce qui concerne les délais d'attente avant la récolte, afin d'assurer la compétitivité des producteurs de pommes de terre canadiens.
  • Il faut continuer de surveiller la forme européenne de la maladie de la jambe noire, une maladie très agressive causée par le Dickeya dianthicola et des Pectobacterium spp, et élaborer des pratiques de gestion exemplaires pour réduire la propagation de ces agents.
  • Il faut élaborer d'autres stratégies que la fumigation pour lutter contre les organismes nuisibles terricoles qui sont liés au complexe de la sénescence précoce des plants de pomme de terre, y compris les nématodes des lésions de racines (Pratylenchus penetrans), les espèces de Verticillium et le Colletotrichum coccodes, responsable de la dartrose. On doit continuer d'étudier les effets des engrais verts, des biofumigants, des cultures-appâts et des rotations culturales sur les quantités d'inoculum et le rendement des cultures.
  • Il faut chercher à mieux comprendre l'impact de l'alternariose et de la tache brune sur le rendement. La résistance des espèces d'Alternaria (responsables de l'alternariose et de la tache brune) aux fongicides homologués est une source de préoccupation. On doit surveiller les populations résistantes et mettre en œuvre de meilleures stratégies de gestion de la résistance.
  • Il faut mieux comprendre les effets de la gale poudreuse, une maladie de la pomme de terre. Il faut notamment acquérir des données sur la présence de cette maladie au Canada et comprendre ses répercussions sur la gravité des infections par le virus du sommet touffu de la pomme de terre.
  • Pour les évaluations provinciales de la présence des principales maladies, voir le tableau 4.
Tableau 4. Niveau de préoccupation phytosanitaire fondé sur les données d’occurrence des maladies dans la production de pomme de terre au Canadanote 1

Maladie

Alberta

Manitoba

Ontario

Québec

Nouveau-Brunswick

Île-du-Prince-Édouard

Flétrissement bactérienne

Aucune préoccupation

Non présent

Non présent

Aucune préoccupation

Non présent

Aucune préoccupation

Pourriture molle bactérienne

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Dartrose

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Jambe noire

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Alternariose

Préoccupation mineure 

Préoccupation modérée

Préoccupation mineure 

Préoccupation mineure 

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Gale commune

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Brûlure alternarienne

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Pourriture fusarienne sèche

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Flétrissure fusarienne

Non présent

Non présent

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Présent

Aucune préoccupation

Moisissure grise

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation mineure 

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Mildiou

Aucune préoccupation

Non présent

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Non présent

Préoccupation modérée

Rosissement des yeux

Non présent

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Pourriture rose

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Virus de l’enroulement des feuilles de la pomme de terre

Aucune préoccupation

Non présent

Présent

Aucune préoccupation

Non présent

Préoccupation mineure 

Virus Y de la pomme de terre

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Gale poudreuse

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Non présent

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Pourriture aqueuse

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Rhizoctone brun

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Nématode des lésions des racines

Non présent

Non présent

Préoccupation mineure 

Présent

Présent

Préoccupation majeure

Pourriture du planton

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Tache argentée

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Verticilliose

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Pourriture blanche (Sclérotiniose)

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Préoccupation mineure 

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Prophylaxie
Table 5a. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — prophylaxie

Pratique

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Sélection de variétés ou utilisation de variétés résistantes ou tolérantes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Ajustement de la date de semis ou de récolte

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Rotation avec des cultures non hôtes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection de l'emplacement de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Optimisation de la fertilisation pour favoriser une croissance équilibrée de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Limitation des dommages mécaniques et causés par les insectes pour réduire les sites d'infection

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de barrières physiques (par exemple, paillis, filets, couvertures flottantes)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Prévention
Table 5b. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — prévention

Pratique

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Désinfection de l'équipement

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestation du couvert végétal (éclaircissement, taille, espacement des rangs ou des plants, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Ajustement de la profondeur de semis ou de plantation

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestion de l'irrigation (moment et durée de l'irrigation, quantité d'eau) pour réduire les périodes d'infection des maladies et gérer la croissance des plantes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestion de l'humidité du sol (amélioration du drainage, culture sur plates-bandes, surélevées, enchaussage, semis sur buttes ou billons, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Élimination ou gestion des résidus de culture en fin de saison ou avant le semis

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Taille ou élimination du matériel infecté tout au long de la saison de croissance

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Élimination d'autres hôtes (mauvaises herbes, plantes spontanés, plantes sauvages) dans le champ et à proximité

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Surveillance
Table 5c. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — surveillance

Pratique

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Dépistage et piégeage de spores

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Tenue de dossiers des suivis des maladies

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Dépistage de pathogènes par analyse du sol

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Lectures météorologiques pour la prédiction de maladies

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de technologies agricoles de précision (GPS, SIG) pour la collecte de données et la cartographie des maladies

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Aides à la décision
Table 5d. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — aides à la décision

Pratique

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Seuil d'intervention économique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de modèle de prédiction comme aide à la prise de décision de traiter

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Recommandation d'un conseiller agricole ou bulletin d'information technique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Décision de traiter fondée sur l'observation des symptômes de maladie

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation d'instruments électroniques portatifs dans les champs pour l'identification de pathogènes ou de maladies ou pour la gestion de données

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Intervention
Tableau 5e. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — intervention

Pratique

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Utilisation de pesticides à divers modes d'action pour gérer le développement de résistance

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Incorporation au sol d'amendements et d'engrais verts qui ont des propriétés biofumigantes afin de réduire les populations de pathogènes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de biopesticides (pesticides microbiens et non conventionnels)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Entreposage en atmosphère contrôlée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Applications ciblées de pesticides (en bandes, traitements localisées, pulvérisateurs à débit variable, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection de pesticides épargnant les insectes auxiliaires, les pollinisateurs et les autres organismes non ciblés

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Pratiques spécifiques
Tableau 5f. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les maladies de pomme de terre au Canada — pratiques spécifiques

Pratiques

Gale commune

Mildiou

Pourriture fusarienne sèche

Rhizoctone brun

Flétrissure verticillienne

Viruses (général)

Culture de moutarde en rotation

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Phytoplasme de la jaunisse de l'aster (AYp)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les plants infectés par la jaunisse de l'aster peuvent avoir un aspect rabougri et des feuilles qui acquièrent une pigmentation jaune ou violacée. Les symptômes sur le tubercule peuvent être confondus avec ceux de la nécrose réticulée causée par le virus de l'enroulement. Les plants peuvent mourir prématurément. La plantation de tubercules infectés donnera des plants rabougris peu vigoureux. La jaunisse de l'aster est une maladie peu commune mais destructrice.

Cycle biologique

L'agent pathogène hiverne sur plusieurs espèces de mauvaises herbes et de petites céréales et est transmis aux pommes de terre par les cicadelles. La transmission de la jaunisse par contact entre des plants de pomme de terre n'a pas été observée. Les conditions météorologiques qui favorisent l'augmentation des populations de cicadelles peuvent également favoriser la propagation de la maladie.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

On peut surveiller les champs de pommes de terre pour détecter la présence de cicadelles et mettre en œuvre des mesures de lutte pour prévenir la propagation de la maladie. L'arrachage des plants et des tubercules infectés élimine une source de phytoplasme. On ne peut lutter contre la jaunisse de l'aster à l'aide de pesticides. Cependant, la pulvérisation de produits contre les insectes vecteurs (cicadelles), surtout en bordure des champs, peut limiter la propagation de la maladie.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs au cytoplasme de la jaunisse de l'aster

Aucun enjeu n'a été relevé.

Flétrissure bactérienne (flétrissement bactérien) (Clavibacter michiganensis subsp. sepedonicus)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La flétrissure bactérienne, ou flétrissement bactérien, est une grave maladie. L'agent pathogène en cause est un organisme nuisible réglementé au Canada. Les symptômes sont notamment un jaunissement et un flétrissement du feuillage, le dépérissement de tiges, une décoloration vasculaire à l'intérieur des tiges et des tubercules et la mort du plant. Les tubercules infectés peuvent présenter une pourriture de l'anneau vasculaire et être vulnérables aux pourritures secondaires. Les symptômes varient selon les variétés de pommes de terre. Les plants et les tubercules infectés peuvent n'afficher aucun symptôme dans certaines conditions environnementales. Une politique de zéro tolérance est appliquée si cette maladie est détectée dans les pommes de terre de semence.

Cycle biologique

L'agent pathogène se multiplie dans les tiges et les tubercules de pomme de terre et passe l'hiver dans des tubercules infectés laissés dans les champs récoltés, ou dans des tubercules entreposés. Lorsque comprimés, les tubercules et les tiges infectés peuvent exsuder un « bouillon bactérien » qui prend la forme d'une masse blanche crémeuse. La flétrissure bactérienne peut aussi survivre des années dans les biofilms séchés qui adhèrent à l'équipement agricole, aux bennes, aux cellules de stockage et aux murs des entrepôts. Le pathogène est très infectieux et est facilement propagé par les couteaux de la trancheuse de plantons et par l'équipement agricole. De plus, certains insectes (comme le doryphore de la pomme de terre, l'altise de la pomme de terre et le puceron vert du pêcher) peuvent aussi répandre la maladie.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'utilisation de semence certifiée exempte de flétrissure bactérienne et l'adoption de protocoles stricts d'assainissement sont essentielles pour lutter contre la maladie. L'équipement, les contenants et les aires d'entreposage doivent être régulièrement désinfectés, en particulier entre les lots de semence ou les cultures. Toute la machinerie agricole qui a été en contact avec des pommes de terre, et qui est potentiellement infectée, doit être nettoyée et désinfectée avec un produit homologué contre la flétrissure bactérienne. La rotation des cultures pendant au moins 3 ans permettra l'élimination des plantes spontanées et des débris végétaux de pomme de terre, ce qui réduira la dissémination de la maladie durant cette période. En présence de la maladie dans le champ, il faut laisser la culture au champ le plus longtemps possible avant de la récolter, afin que la majorité des tubercules infectés aient le temps de se décomposer sur place. Si le pathogène est détecté dans un champ, celui-ci devra obligatoirement subir une quarantaine de 2 ans, période durant laquelle le producteur ne peut y cultiver de pommes de terre.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la flétrissure bactérienne

Il faut faire la promotion de ressources informatives sur les pratiques exemplaires de nettoyage et d'assainissement des installations et de l'équipement d'entreposage auprès des producteurs afin que ceux-ci puissent améliorer leurs méthodes d'assainissement des entrepôts.

Pourriture molle bactérienne (Pectobacterium carotovorum)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Des lésions aqueuses se développement sur les tubercules et s'agrandissent pour former des zones de pourriture molle aqueuse et poisseuse dont la couleur varie de crème à jaune-brun. Les tissus décomposés sentent mauvais, étant envahis d'organismes secondaires. Les pertes peuvent être importantes durant l'entreposage.

Cycle biologique

Les pommes de terre peuvent être infectées au champ, durant le transport ou en entrepôt. La bactérie infecte les tubercules en pénétrant par des lenticelles, des blessures, des dommages dus au refroidissement ou des meurtrissures. Le développement de la pourriture molle est favorisé par l'immaturité des tubercules, l'humidité à la surface des tubercules et une température d'entreposage inadéquate. Les bactéries qui causent la pourriture molle peuvent survivre plusieurs mois dans le sol. Ces bactéries sont favorisées par une température et une humidité élevées du sol.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Il est important de réduire au minimum les blessures et les meurtrissures occasionnées aux tubercules afin de réduire les portes d'entrée pour les bactéries de la pourriture molle. Le préconditionnement (réchauffement) des plantons avant la plantation réduira les infections, de même que la plantation de tubercules de semence entiers. La désinfection de tous les équipements est importante pour prévenir la propagation de la maladie. Laisser le temps aux tubercules de cicatriser adéquatement avant de les entreposer, et éliminer les tubercules pourris et malades avant la plantation et l'entreposage, sont des pratiques qui aident à réduire la fréquence de la pourriture molle. Le fait d'utiliser de l'eau propre pour laver les tubercules après la récolte et de bien les assécher avant de les emballer contribuera aussi à réduire le développement de la pourriture molle.

Variétés résistantes : La variété Sangre est considérée comme modérément résistante à la pourriture molle bactérienne.

Enjeux relatifs à la pourriture molle bactérienne

Aucun enjeu n'a été relevé.

Dartrose (Colletotrichum coccodes)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La dartrose s'attaque aux plants de pomme de terre stressés et peut se traduire par une certaine perte de rendement et de qualité. L'agent pathogène cause une pourriture des tubercules, des stolons, des racines et des tiges. Les symptômes de la dartrose ressemblent souvent à ceux de la flétrissure verticillienne. Une décoloration et de tout petits sclérotes ponctiformes (organes dormants) se développent sur les tissus des plants infectés.

Cycle biologique

Le champignon hiverne sous forme de sclérotes dans de vieilles fanes de pomme de terre et à la surface de tubercules infectés au champ ou en entrepôt. Les sclérotes germent pour produire des acervules (organes de fructification) qui relâchent des conidies (spores) causant de nouvelles infections. La maladie se propage par la plantation de semence infectée. Certaines espèces de mauvaises herbes et d'autres espèces de Solanacées cultivées peuvent également héberger le champignon.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de semence exempte de maladies, le maintien d'une bonne fertilité du sol et l'adoption d'une rotation culturale avec des plantes non sensibles à la maladie sont d'importantes pratiques pour lutter contre cette maladie. La plantation de variétés hâtives réduit l'infection, car la maladie se développe en général plus tard en saison.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la dartrose

  • Il faut faire d'autres études pour élaborer des approches chimiques et culturales afin de lutter contre la dartrose, qui devient de plus en plus préoccupante dans certaines régions du Canada.
  • Il faudrait élaborer des méthodes de détection efficaces et établir des seuils de nuisibilité économique pour la dartrose.
  • Des options de traitements fongicides sont nécessaires pour lutter contre la dartrose, et on devrait effectuer des évaluations plus poussées de l'efficacité des fongicides actuellement disponibles pour lutter contre la dartose.

Jambe noire (Pectobacterium atrosepticum)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La jambe noire peut entraîner une pourriture importante des plantons, un rabougrissement des jeunes plants, un jaunissement foliaire, une flétrissure des plants plus âgés et ultimement une perte de rendement. La partie inférieure des tiges issues du planton peut afficher une coloration noire. Les feuilles jaunissent et s'enroulent vers le haut et les plants gravement infectés finissent par mourir. L'agent pathogène peut aussi infecter des tubercules et les faire pourrir au champ et en entrepôt.

Cycle biologique

La maladie est surtout transmise par de la semence infectée, mais l'agent pathogène peut survivre dans des débris de pommes de terre, dans d'autres cultures et dans des mauvaises herbes hôtes. Cependant, l'agent pathogène ne survit pas longtemps dans le sol en l'absence d'hôte approprié. La propagation de la jambe noire se produit principalement lors de la plantation, au moment du tranchage des plantons. Les sols frais et humides favorisent le développement de la maladie et la pourriture de la semence. Les plantons en décomposition libèrent dans le sol de grandes quantités de bactéries qui infectent ensuite les tubercules fils. Les tubercules immatures à la peau mince sont plus facilement infectés. Les lésions causées par d'autres champignons peuvent être une porte d'entrée pour l'agent pathogène de la jambe noire.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de semence certifiée exempte de maladies aidera à prévenir l'introduction de la jambe noire dans le champ. L'observation de pratiques d'assainissement rigoureuses, dont le nettoyage et la désinfection fréquents de la trancheuse à plantons et des autres équipements, réduira les risques de propagation de la maladie. Il est recommandé de pratiquer une rotation culturale de 3 ans pour que les débris de culture hébergeant les bactéries de la jambe noire aient le temps de se décomposer. II est important de bien ventiler les entrepôts et de bien contrôler les conditions de température et d'humidité afin de faciliter la cicatrisation des pommes de terre endommagées à entreposer. Par la suite, le maintien des tubercules à une température fraîche peut ralentir la progression de la maladie. Le traitement des semences avec des fongicides homologués peut limiter les maladies pouvant favoriser les infections causées par l'agent pathogène responsable de la jambe noire.

Variétés résistantes : Les variétés résistantes comprennent Kennebec et Russet Burbank.

Enjeux relatifs à la jambe noire

  • La jambe noire constitue une préoccupation pour l'industrie canadienne de la pomme de terre, et des travaux de recherche sont nécessaires pour comprendre l'épidémiologie des souches nouvelles et agressives de Pectobacterium atrosepticum et de Dickeya spp.
  • Il est recommandé de mener des recherches sur les agents de lutte biologique ciblant la jambe noire.
  • Il faut continuer de surveiller les pommes de terre de semence importées et les autres hôtes de l'agent pathogène responsable de la forme européenne agressive de la jambe noire (Dickeya dianthicola).

Tache brune (Alternaria alternata)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les symptômes de la tache brune sont notamment la présence de petites taches rondes brun foncé sur les feuilles et les tiges, taches qui peuvent se fondre pour former de plus grandes zones nécrotiques. Les feuilles gravement infectées sèchent et tombent. Les anneaux concentriques peuvent former de grandes lésions foliaires. Comme les symptômes de la tache brune sont très semblables à ceux de l'alternariose, les 2 maladies peuvent facilement être confondues. De petites dépressions noires peuvent se développer sur les tubercules.

Cycle biologique

Le pathogène passe l'hiver dans des résidus de culture infectés, des tubercules et d'autres hôtes sensibles. Des spores sont produites sur les matières infectées et sont transportées par le vent sur des tissus sains de pomme de terre où elles causent de nouvelles infections. Le développement de nouvelles infections est favorisé lorsque le feuillage demeure humide par temps chaud.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'enfouissement des résidus de culture favorisera la décomposition des tissus végétaux et réduira l'inoculum qui survivra à l'hiver. La pratique de rotations avec des cultures non hôtes réduira les sources d'inoculum de la maladie. De saines pratiques culturales comme l'apport d'éléments nutritifs bien équilibrés et le maintien d'une humidité adéquate aideront à limiter l'apparition de la maladie. Une surveillance hebdomadaire permet de voir s'il est nécessaire d'appliquer des fongicides.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la tache brune

  • Il faut mieux comprendre l'incidence de la tache brune sur les rendements et établir un seuil de nuisibilité économique.
  • Le développement d'une résistance aux fongicides dans les populations d'Alternaria spp. est préoccupant, et il faut identifier les espèces composant ces populations. Il faut surveiller la sensibilité aux fongicides chez les populations résistantes.

Gale commune (Streptomyces scabies)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Bien que la gale commune cause peu ou ne cause pas de perte de rendement, les lésions qu'elle forme sur la peau des tubercules réduisent la qualité de la récolte. La maladie s'attaque seulement à la peau des tubercules. Les symptômes varient selon la souche de l'agent pathogène, la variété de pommes de terre, les cultures pratiquées dans la rotation, les conditions environnementales ainsi que la teneur en matière organique et le pH du sol. La maladie est asymptomatique sur les parties aériennes de la plante. Le tubercule devient résistant à la maladie une fois sa peau endurcie.

Cycle biologique

Le pathogène peut être présent dans le sol ou avoir été introduit dans le champ par de la semence infectée ou du fumier d'animaux qui ont été nourris avec des pommes de terre infectées. L'infection se produit au stade de l'initiation de la tubérisation, moment où les bactéries de la gale envahissent le tubercule par les lenticelles. Les sols secs et chauds favorisent le développement de la maladie et aggravent ses effets. Les sols sableux ou graveleux qui s'assèchent rapidement sont plus propices à la gale commune que les sols plus lourds qui demeurent humides plus longtemps.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de semence exempte de maladies préviendra l'introduction du Streptomyces scabies dans de nouveaux champs. La plantation de variétés résistantes à la gale dans des sols infestés préviendra les problèmes causés par cette maladie. Le maintien de l'humidité du sol à 80 % de la capacité au champ, durant l'initiation de la tubérisation et jusqu'au moment où les tubercules atteignent la taille d'une balle de golf, créera un environnement défavorable à l'infection par la gale. Comme l'agent pathogène responsable de la gale peut résister au système digestif des bovins, il ne faut pas appliquer de fumier d'animaux qui ont été nourris avec des rebuts de pommes de terre dans les champs destinés à la culture de la pomme de terre. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre la gale commune sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : Les variétés Goldrush et Russet Norkotah présentent une bonne résistance à la gale commune. Parmi les variétés modérément résistantes figurent Atlantic, Chieftain, Coastal Russet, Innovator, Norland, Prospect, Ranger Russet, Russet Burbank, Snowden, Superior et Umatilla Russet.

Enjeux relatifs à la gale commune

  • Il faut effectuer d'autres études pour élaborer une approche de lutte efficace contre la gale commune, et notamment évaluer des pesticides biologiques.
  • Les producteurs ont besoin d'avoir à leur disposition des traitements de semence et de sol qui sont efficaces et économiques, notamment des régulateurs de croissance des plantes.
  • Il y a un besoin continu de créer de nouvelles variétés de pommes de terre résistantes à la gale commune.

Alternariose (Alternaria solani)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

On reconnaît la présence de l'alternariose sur le feuillage par la présence de taches brun foncé qui forment des anneaux concentriques caractéristiques. La maladie commence par les feuilles plus anciennes à la base du plant, puis progresse vers le haut en s'étendant aux feuilles plus jeunes si les conditions sont favorables. Les infections importantes peuvent tuer des feuilles entières, et les pertes de rendement peuvent être graves lorsque les lésions couvrent de grandes surfaces foliaires. Des lésions enfoncées brun foncé peuvent se développer sur les tubercules. En entrepôt, les tubercules infectés sèchent et se ratatinent à mesure que la maladie progresse.

Cycle biologique

Le pathogène passe l'hiver dans des résidus de culture infectés, dans le sol, dans des tubercules et sur d'autres hôtes, dont la tomate, le poivron et les mauvaises herbes de la famille des Solanacées. Des spores produites sur la matière infectée au printemps sont transportées par le vent sur des plants de pomme de terre où elles causent de nouvelles infections. L'alternariose se propage rapidement lorsqu'il y a alternance de temps sec et de temps humide, le temps sec favorisant la dispersion des spores par le vent. Les plants carencés en azote ou en phosphore ou infectés par la verticilliose ou le virus de la mosaïque sont plus vulnérables à l'alternariose que les plants sains.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'enfouissement des résidus de culture favorisera la décomposition des tissus végétaux et réduira la quantité d'inoculum qui survivra à l'hiver. La pratique de rotations avec des cultures non hôtes réduira aussi la fréquence de la maladie. On peut limiter le développement de la maladie en plantant uniquement de la semence certifiée, en fertilisant adéquatement et en observant de saines pratiques culturales. Il est important d'exercer une surveillance régulière, en commençant juste avant l'émergence de la culture, puis de faire des évaluations hebdomadaires pour détecter la présence de lésions foliaires, afin de voir s'il est nécessaire d'appliquer des fongicides.

Variétés résistantes : Certaines variétés, comme Eva, Ranger Russet, Sangre et Shepody, affichent une tolérance à l'alternariose.

Enjeux relatifs à l'alternariose

  • Il faut mieux comprendre l'incidence de l'alternariose sur les rendements et établir un seuil de nuisibilité économique.
  • La modernisation et la validation d'un modèle de prévision de la maladie, fondé sur les conditions météorologiques, la phénologie des cultures et la collecte de spores, seraient profitables pour l'industrie.
  • Le développement d'une résistance aux fongicides dans les populations d'agents pathogènes responsables de l'alternariose est préoccupant. Il faut surveiller les populations résistantes et mettre en œuvre de meilleures stratégies de gestion de la résistance.

Pourriture sèche fusarienne (Fusarium spp.)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La pourriture sèche fusarienne s'attaque aux tubercules entreposés et aux pommes de terre de semence après la plantation (voir la pourriture du planton). La plantation de semence infectée se traduira par une faible densité de plants et par des plantes peu vigoureuses, puis par une baisse de rendement. Les tubercules infectés développent une pourriture sèche brune ou noire, et des moisissures peuvent se former dans les cavités des tissus infectés.

Cycle biologique

L'agent pathogène peut survivre de nombreuses années dans le sol et peut aussi être introduit dans le champ par de la semence infectée. Les tubercules sont infectés par des lésions et des meurtrissures produites au cours de la récolte, du transport ou de l'entreposage. Pendant l'entreposage, la pourriture sèche fusarienne est favorisée par une humidité élevée et des températures qui se situent entre 15 et 20°C. De nouvelles infections en entrepôt peuvent se produire par l'introduction d'inoculum présent dans le sol infecté qui adhère aux tubercules. La résistance aux fongicides de certaines souches de Fusarium oxysporum a été signalée dans l'est du Canada.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Afin de réduire les risques d'introduction de Fusarium spp. au champ, on doit utiliser de la semence certifiée, exempte de maladies, et nettoyer et désinfecter la trancheuse à plantons régulièrement. Le fait de laisser reposer les tubercules dans le sol au moins 2 semaines après le défanage permet à la peau des tubercules de s'endurcir, et manipuler avec soin les tubercules limitera les risques de blessures. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre la pourriture sèche fusarienne sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : Les variétés Belleisle, Kennebec, Ranger Russet, Russet Burbank et Shepody sont modérément résistantes à la maladie.

Enjeux relatifs à la pourriture sèche fusarienne

Il faut réaliser des études sur le terrain pour établir la prévalence de la résistance aux fongicides dans les populations de Fusarium.

Flétrissure fusarienne (fusariose vasculaire) (Fusarium spp.)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La flétrissure fusarienne, ou fusariose vasculaire, cause un jaunissement et un flétrissement du feuillage et l'apparition d'une coloration brune dans le système vasculaire des plants de pomme de terre. Les symptômes sont semblables à ceux de la flétrissure verticillienne, car l'agent pathogène nuit à la circulation des fluides et cause le rabougrissement, le flétrissement et la mort des plants.

Cycle biologique

L'agent causal peut persister de nombreuses années dans le sol. L'infection se produit lorsque les racines et les stolons des plants de pomme de terre sont endommagés. La maladie peut être propagée d'un champ à l'autre par le transport de sol, de tubercules ou d'autres matières végétales. Les agents pathogènes en cause sont plus actifs lorsque la température du sol est supérieure à 20°C.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de semence certifiée exempte de maladies réduira les risques d'introduction de la flétrissure fusarienne dans un nouveau champ. Il est important d'ensemencer des champs qui n'ont pas de précédent de la maladie et d'observer des pratiques sanitaires telles que l'enlèvement des fanes de pomme de terre afin de réduire la propagation de la maladie à partir de champs infectés. La rotation culturale avec des cultures non hôtes durant 5 à 6 années aidera à réduire les quantités de Fusarium spp. dans le sol.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la flétrissure fusarienne

Il faut continuer de faire de la recherche pour élaborer de nouvelles stratégies de lutte intégrée pouvant inclure l'intégration d'autres cultures dans la rotation, des amendements du sol et d'autres approches visant à réduire les répercussions de la flétrissure fusarienne.

Moisissure grise (Botrytis cinerea)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le Botrytis cinerea provoque l'apparition de taches jaune-brun sur les feuilles et les tiges. Les tissus endommagés et sénescents sont souvent les premiers à être colonisés. Les lésions peuvent ceinturer les tiges. Les tissus infectés peuvent se couvrir de mycélium grisâtre et de spores, en particulier si les conditions sont humides. Lorsque la pression de maladie est forte, les tubercules peuvent être infectés à la récolte.

Cycle biologique

Le pathogène attaque un large éventail de plantes, dont des plantes ornementales et des légumes. Le champignon passe l'hiver sous forme de sclérotes (organes dormants) et de mycélium sur des débris végétaux infectés. Au printemps, les spores produites dans les résidus de culture sont dispersées par le vent et la pluie sur des tissus sensibles où elles causent de nouvelles infections. Dans des conditions d'humidité et de feuillage humide propices, le champignon produit des spores dans les tissus infectés, ce qui contribue à la propagation de la maladie.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Les pratiques culturales favorisant un séchage rapide du feuillage et du couvert végétal préviendront le développement de la moisissure grise. Il faut éviter d'endommager les tubercules à la récolte et laisser le temps aux tubercules de cicatriser avant de les entreposer afin de réduire les risques d'apparition de la maladie en entrepôt. Une fois la maladie établie, il faut du temps chaud et sec pour en stopper la progression.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la moisissure grise

La moisissure grise devient problématique dans le cas de certaines variétés de pommes de terre. Il faut mener des recherches sur la lutte contre cette maladie et l'efficacité des fongicides autres que le chlorothalonil.

Mildiou (Phytophthora infestans)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le mildiou endommage les feuilles, les tiges et les tubercules des plants de pomme de terre. La pomme de terre, la tomate et d'autres Solanacées cultivées comme l'aubergine et le poivron sont également sensibles à la maladie. Des lésions aqueuses vert-gris se forment sur le feuillage, puis deviennent brunes et sèches. Dans des conditions favorables, la maladie peut se propager rapidement et tuer des plants. Les tubercules infectés développent des lésions de forme irrégulière qui s'enfoncent jusqu'à 2 cm dans le tubercule. Les tubercules infectés sont extrêmement sensibles aux pourritures secondaires.

Cycle biologique

Le champignon survit d'une saison à l'autre sous forme de mycélium dans les tubercules infectés qui sont entreposés, les tas de rebuts et les tubercules oubliés dans les champs récoltés. La maladie est propagée par des plantons infectés ou par des plantes spontanées infectées. Le pathogène produit des sporanges dans les tissus infectés. Les sporanges sont transportés par le vent et la pluie vers d'autres plants sains. Les sporanges libèrent des zoospores ou produisent un tube germinatif et causent de nouvelles infections. Les conditions froides et humides favorisent le développement de la maladie. Plus tard en saison et à la récolte, des tubercules sont infectés au contact de spores présentes dans le sol. La maladie se propage en entrepôt en présence d'humidité libre. Le champignon a 2 types sexuels, A1 et A2. La présence simultanée des 2 types rend possible la production d'oospores. Les oospores sont des spores résistantes qui peuvent assurer la survie hivernale du champignon en l'absence de tissus de pomme de terre. Leur présence est préoccupante, car elle pourrait déboucher sur l'apparition de nouvelles souches pathogènes.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'enlèvement et la destruction des tas de rebuts et des plantes de pomme de terre spontanées, l'élimination des mauvaises herbes de la famille des Solanacées ainsi que l'utilisation de semences certifiées exemptes de maladies permettent d'éliminer les sources d'inoculum. Il est important de surveiller les cultures immédiatement avant leur émergence, puis chaque semaine, pour favoriser une détection précoce du mildiou. Le fait de retarder la récolte d'au moins 2 semaines après un défanage complet laissera le temps aux sporanges présentes sur le feuillage de mourir, ce qui diminuera le risque d'infection des tubercules. Il faut ventiler les tubercules mouillés ou humides dans l'entrepôt afin qu'ils s'assèchent le plus rapidement possible. On doit entreposer seulement des tubercules sains, surveiller l'apparition de signes de maladie en entrepôt et retirer les tubercules douteux, le cas échéant, afin de réduire les risques de maladie en entrepôt. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre le mildiou sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : La plantation de variétés modérément résistantes, comme Atlantic, Chieftain, Innovator et Kennebec, limite la propagation de la maladie.

Enjeux relatifs au mildiou

  • Il est important que les producteurs adoptent une stratégie de lutte intégrée qui fait appel à tous les moyens disponibles pour lutter contre le mildiou afin de prévenir le développement d'une résistance aux fongicides. Il faut informer les producteurs du rôle des nouveaux fongicides et de leur mode d'emploi.
  • Le maintien et le soutien d'un programme classique d'amélioration de la pomme de terre visant la mise au point de variétés résistantes au mildiou demeurent une priorité pour l'industrie.
  • Les souches de Phytophthora infestans au Canada ont changé ces dernières années. Il faut continuer de faire de la recherche sur la pathogénicité et le comportement de ces souches dans les conditions de croissance du Canada.
  • On a besoin de techniques de typage et d'identification rapides pour surveiller le développement et la répartition des nouvelles souches de mildiou dans le but d'aider les producteurs à choisir les meilleures options de traitement disponibles.
  • Il faut établir des stratégies de lutte additionnelles pour empêcher la propagation du mildiou par les pommes de terre de semence infectées, surtout compte tenu de la perte des traitements à base de mancozèbe à la suite d'une réévaluation.
  • On a besoin d'un système efficace de prévision de la maladie, fondé sur les données météorologiques locales, les prévisions météo et les données sur la collecte de spores. Il faut revoir les modèles de maladie en fonction du comportement des souches actuelles de P. infestans.

Rosissement des yeux (agent causal inconnu)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le rosissement des yeux est une maladie du périderme sporadique qui est surtout présente dans l'est du Canada. Elle peut entraîner une réduction de la qualité au moment de la récolte et durant l'entreposage. Les dommages sont d'abord concentrés près de la couronne du tubercule et dans d'autres zones du périderme. La peau affectée peut s'épaissir avec le temps, ce qui rend l'épluchage difficile. Les infections peuvent aussi causer l'apparition de profondes cavités favorisant le développement de pourritures molles. Les tubercules affectés par le rosissement des yeux peuvent présenter des tissus brun rougeâtre sous la peau.

Cycle biologique

L'agent pathogène responsable du rosissement des yeux n'est pas connu, mais les symptômes de ce désordre ont été associés aux Pseudomonas spp., aux Verticillium spp. et aux Rhizoctonia spp. La gravité du rosissement des yeux semble être corrélée à des conditions de sol humide et compacté et à des températures élevées ainsi qu'au complexe de la sénescence précoce des plants de pomme de terre. À cause d'une accumulation de subérine, les tissus affectés deviennent fluorescents lorsqu'ils sont exposés à la lumière ultraviolette.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La lutte contre les maladies causées par des Rhizoctonia spp. et des Verticillium spp. peut réduire la fréquence du rosissement des yeux. Si des tubercules infectés doivent être entreposés, une faible humidité, des températures fraîches (5 à 7°C) et une ventilation adéquate atténuent le rosissement des yeux.

Variétés résistantes : Les variétés résistantes comprennent Atlantic et Costal Russet.

Enjeux relatifs au rosissement des yeux

Des recherches sont nécessaires pour mieux comprendre l'interaction entre les conditions au champ, la santé des plants et les changements physiologiques subséquents menant au rosissement des yeux.

Pourriture rose (Phytophthora erythroseptica)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les symptômes foliaires de la pourriture rose sont notamment une chlorose, un rabougrissement et un flétrissement des feuilles. Les racines et les tiges souterraines peuvent se décolorer. En cas de grave infection, il peut y avoir formation de tubercules aériens. Les tubercules infectés présentent des signes de pourriture « spongieuse » à partir du talon; ils sont généralement éliminés au classement, et on n'en trouve pas dans les tubercules de semence.

Cycle biologique

La pourriture rose se développe tard en saison, peu de temps avant la récolte. Une humidité du sol élevée et un mauvais drainage du sol sont des conditions propices au développement de cette maladie. L'agent pathogène peut survivre de nombreuses années dans le sol sous forme d'oospores (spores sexuées), puis envahir les racines, les stolons, les yeux et les lenticelles des plants de pomme de terre lorsque les conditions sont favorables. Le blé et le seigle peuvent être des hôtes intermédiaires de l'agent pathogène. La maladie peut être propagée durant la récolte et au cours de la manutention des tubercules, par contact entre eux. La pourriture rose se propage facilement en entrepôt lorsque des tubercules infectés se décomposent.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation des pommes de terre dans des sols bien drainés réduit le risque de développement de la pourriture rose. Une rotation de 3 à 4 ans peut réduire les quantités d'inoculum dans le sol. Lorsque des symptômes foliaires de la pourriture rose sont observés, l'élimination des plants et des tubercules infectés peut limiter la propagation de la maladie au champ ou en entrepôt. Il est important de bien gérer les conditions d'entreposage pour maintenir une bonne aération dans l'entrepôt, dans le but d'éviter la propagation de la maladie.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la pourriture rose

  • On a besoin de produits classiques et non classiques pour lutter contre la pourriture rose et pour gérer le développement de la résistance.
  • Le développement d'une résistance au métalaxyl-m par des populations de Phytophthora erythroseptica est un problème qui nécessite une surveillance continue et la sensibilisation des producteurs.

Virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV, genre Polerovirus)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV) cause l'apparition de mouchetures brun foncé (nécroses réticulées) dans les tissus vasculaires du tubercule, ce qui en réduit la qualité. La gravité des symptômes varie en fonction de différents facteurs : infection survenant pendant la saison ou provenant de plantons infectés, souche virale, conditions de croissance et variété de pommes de terre utilisée. La plupart des dommages résultent d'une infection provenant du planton, ce qui entraîne un retard de croissance et la mort prématurée des plantes.

Cycle biologique

Le puceron vert du pêcher est le vecteur du PLRV le plus efficace. Le puceron se contamine en s'alimentant quelques minutes sur un plant infecté; il peut ensuite transmettre le virus après 12 à 48 heures. Une fois contaminé, le puceron peut transmettre le virus toute sa vie durant. Les pucerons ailés peuvent transporter le virus sur de longues distances. Le PLRV n'est pas propagé par voie mécanique lors du tranchage des plantons, ni par contact avec des feuilles ou des blessures sur un plant ou des tubercules.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'utilisation de semence certifiée exempte de virus éliminera une source de propagation du virus. La plantation de variétés hâtives et une récolte hâtive élimineront des problèmes causés par les pucerons, lesquels arrivent tard en saison. Un dépistage hebdomadaire de la culture tôt en saison facilitera le repérage et l'arrachage des plants qui présentent des symptômes du virus avant l'arrivée du puceron vert du pêcher dans le champ. Il n'existe aucune méthode de prédiction des infections, mais des essais postrécolte peuvent aider à prédire le degré d'infection des prochaines cultures.

Variétés résistantes : Les variétés modérément résistantes incluent Innovator, Ranger Russet et Yukon Gold.

Enjeux relatifs au virus de l'enroulement de la pomme de terre

Il faut surveiller et dépister la résistance aux aphicides chez le puceron vert du pêcher, puisque les populations de cet insecte augmentent avec la hausse des températures, entraînant ainsi une propagation accrue du PLRV.

Virus de la mosaïque et virus latents (virus Y de la pomme de terre [PVY], genre Potyvirus; virus A de la pomme de terre [PVA], genre Potyvirus; virus X de la pomme de terre [PVX], genre Potexvirus; virus S de la pomme de terre [PVS], genre Carlavirus)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le virus Y de la pomme de terre (PVY) est considéré comme le principal agent causal de la mosaïque, bien que d'autres virus latents contribuent à des infections mixtes. Ces virus peuvent causer d'importantes baisses de rendement et contaminer des lots de semence. Chaque virus possède différentes souches présentant divers degrés de virulence (gravité de la maladie causée). Les symptômes sont notamment un rabougrissement des plants, une chlorose des nervures, une défoliation, une striure des feuilles et la mort prématurée des plants. L'infection donne souvent des plants nains au feuillage crispé. En général, les tubercules infectés n'affichent aucun symptôme, mais de nouvelles souches de PVY identifiées peuvent causer des nécroses sur les tubercules.

Cycle biologique

Les virus peuvent passer l'hiver dans des tubercules laissés au champ. Ils se transmettent facilement lors du tranchage des plantons ou de travaux de manutention et d'entretien effectués avec négligence qui endommagent les tissus des pommes de terre. Les pucerons, notamment le puceron vert du pêcher, sont les principaux vecteurs du PVY et du virus A de la pomme de terre (PVA). En s'alimentant, les pucerons propagent les 2 virus selon un mode de transmission non persistant. On ne croit pas que les pucerons transmettent le virus X de la pomme de terre (PVX); ce virus serait transmis, du moins en partie, par des insectes broyeurs comme des sauterelles. Les plantes hôtes intermédiaires du virus PVY sont notamment le poivron, le tabac, les légumineuses, la tomate, l'amarante et d'autres plantes appartenant aux familles des Solanacées, des Chénopodiacées et des Fabacées.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

On peut cultiver des espèces non hôtes (comme le soja) en bordure des champs afin de réduire la propagation des virus. Grâce à cette pratique, les pucerons nettoient leurs pièces buccales en se nourrissant sur des plantes non hôtes avant de pénétrer dans le champ de pommes de terre, et ils se débarrassent ainsi des virus non persistants qu'ils portent. Les premiers rangs de pommes de terre du champ contribuent également à réduire la propagation du PVY vers le centre du champ. Pour atténuer les impacts de la maladie, on peut faire une inspection hebdomadaire des champs tôt en saison afin de repérer et d'enlever tous les plants qui présentent des symptômes de virose et de contrôler les déplacements des pucerons. Des essais postrécolte peuvent aider à prédire le degré d'infection futur. L'utilisation d'insecticides contre les pucerons vecteurs de virus peut réduire dans une certaine mesure la propagation des viroses dans le champ. Étant donné que les insecticides ne tuent pas assez rapidement les pucerons migrateurs non colonisateurs pour les empêcher de transmettre le PVY, leur utilisation n'est généralement pas recommandée pour freiner la propagation de virus non persistants. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les virus sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : On considère que les variétés Eva, Kennebec et Ranger Russet présentent une bonne résistance au PVX et au PVY. Les variétés Kennebec, Norland et Yukon Gold sont résistantes au PVA. Parmi les variétés présentant une résistance modérée au PVY, mentionnons Innovator, Prospect, Sangre et Umatilla Russet.

Enjeux relatifs au virus de la mosaïque et aux virus latents

  • Comme certaines souches de PVY peuvent causer le développement de nécroses dans les tubercules, il faut continuer de mettre l'accent sur la lutte contre les viroses dans les cultures commerciales et les cultures de pommes de terre de semence, par l'utilisation de pratiques culturales combinées à des méthodes de lutte classiques.
  • Il faut mener des études sur la transmission mécanique du PVY lors des travaux au champ.
  • Il faut homologuer des produits additionnels à base d'huile minérale pour lutter contre le PVY, car un seul produit est actuellement homologué au Canada.

Gale poudreuse (Spongospora subterranea)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La gale poudreuse cause d'importants défauts esthétiques sur la peau des pommes de terre. Les tubercules développent des pustules surélevées d'un diamètre pouvant aller jusqu'à 5 mm. Les tubercules infectés peuvent se ratatiner et se dessécher pendant l'entreposage. Les sites d'infection de la gale constituent des portes d'entrée pour de nombreux autres agents pathogènes pouvant causer des maladies au champ et en entrepôt. L'agent pathogène est un vecteur persistant du virus du sommet touffu de la pomme de terre (PMTV).

Cycle biologique

L'agent pathogène est un protozoaire qui survit de nombreuses années dans le sol sous forme de spores dormantes et peut aussi être introduit dans le champ par de la semence infectée. Des zoospores mobiles, relâchées par les spores dormantes en présence de racines de pommes de terre, infectent les racines, les stolons et les tubercules. Les zoospores se déplacent dans les films d'eau et ont besoin d'eau libre pour propager l'infection. La maladie peut être transmise d'un champ à l'autre par de l'équipement agricole souillé de sol contaminé ou par l'utilisation de semence infectée. L'organisme survit aux enzymes digestifs des animaux et peut être propagé par le fumier d'animaux nourris avec des pommes de terre infectées. Par temps frais et humide, les spores sont transportées par l'eau du sol vers de nouveaux hôtes.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Afin de réduire au minimum le développement de la maladie, il est important de planter uniquement de la semence certifiée exempte de maladies dans des sols qui ne sont pas contaminés ou mal égouttés. Il faut éviter de fertiliser les champs avec du fumier d'animaux qui ont été nourris avec des déchets de pommes de terre pour réduire les risques d'introduction de la gale poudreuse dans de nouveaux champs. Le nettoyage de l'équipement agricole entre les champs réduira aussi la propagation du pathogène. En cas de champs infectés, il est recommandé de pratiquer une rotation culturale d'au moins 4 ans et de n'utiliser que des variétés tolérantes. D'autres espèces de plantes cultivées et de mauvaises herbes à tubercules de la famille des Solanacées peuvent également héberger le Spongospora subterranea.

Variétés résistantes : La variété Eva est considérée comme modérément résistante, et les variétés de pommes de terre dont la peau des tubercules est rugueuse sont tolérantes.

Enjeux relatifs à la gale poudreuse

  • La gale poudreuse devient de plus en plus préoccupante, en particulier pour les producteurs de pommes de terre de semence. Des stratégies de lutte efficaces, comprenant des moyens de lutte chimique, sont nécessaires.
  • Des études doivent être menées sur la sensibilité des variétés à la gale poudreuse.
  • La gale poudreuse est une maladie qui prend de l'importance, car c'est un vecteur du virus du sommet touffu de la pomme de terre (PMTV). De plus, cette maladie gagne du terrain dans certaines régions productrices.
  • Il faut accentuer la surveillance de la gale poudreuse.

Pourriture aqueuse (Pythium spp.)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Cette maladie se manifeste sous forme de putréfaction aqueuse du tubercule. La pourriture aqueuse peut être très grave en entrepôt, ses symptômes pouvant passer de l'absence de symptômes visibles à la putréfaction complète du tubercule en l'espace d'une semaine. Des infections bactériennes secondaires peuvent compliquer son diagnostic.

Cycle biologique

L'agent pathogène est naturellement présent dans le sol et dans la plupart des champs agricoles, et il a un large éventail d'hôtes. Les sols humides et les températures de 25 à 30°C favorisent le développement de la maladie. Les lésions des tubercules servent de point d'entrée à l'agent pathogène. Même si l'infection peut se produire à n'importe quel moment du cycle de production, les tubercules sont plus susceptibles d'être infectés lors de la plantation et de la récolte. La maladie peut se propager en entrepôt.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation dans des champs bien drainés aidera à réduire le développement de la pourriture aqueuse. Une rotation culturale de 3 à 4 ans peut réduire les quantités d'inoculum dans le sol. Le fait de laisser le temps à la peau des tubercules de s'endurcir, pour limiter les risques de blessures qui sont occasionnées au cours de la récolte, de la manipulation et de l'entreposage, réduira les sites d'infection potentiels. On peut réduire les problèmes causés par cette maladie en évitant de récolter les pommes de terre lorsque la température dépasse 21°C.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la pourriture aqueuse

La fréquence de la pourriture aqueuse a augmenté, tant au champ qu'en entrepôt. Il faut établir de nouvelles pratiques pour lutter contre les Pythium spp., et notamment trouver de nouveaux fongicides.

Rhizoctonie (Rhizoctonia solani)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le Rhizoctonia solani infecte les tubercules, les tiges et les stolons, causant des lésions brunâtres ou noires qui cernent souvent la partie infectée et entraînent des pertes de rendement. Les sclérotes noirs qui se forment sur la peau des tubercules peuvent également réduire la qualité de la récolte. L'infection peut se manifester par différents symptômes : formation de rosettes de feuilles, rabougrissement des plants, chlorose, enroulement de l'extrémité des feuilles, formation de tubercules aériens et pigmentation pourpre des feuilles. La rhizoctonie peut aussi déformer les tubercules et les faire se fissurer et picoter leur surface. L'utilisation de semence infectée peut se traduire par un faible taux d'émergence.

Cycle biologique

L'agent pathogène est naturellement présent dans de nombreux sols canadiens et peut y survivre de nombreuses années. Il passe l'hiver dans le sol ou des résidus de culture. Il est introduit principalement par de la semence infectée; toutefois, l'inoculum présent dans le sol peut infecter des plants issus de semence saine. La fréquence de la maladie augmente lorsque le sol est humide et frais (température inférieure à 12°C). La rhizoctonie ne se propage pas en entrepôt.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Il a été démontré que l'intégration de la culture de l'avoine dans la rotation réduit les infections de rhizoctonie, de même que la plantation peu profonde dans un sol bien drainé. L'utilisation exclusive de semence certifiée exempte de maladies, ou de semence résistante à la maladie, aidera à réduire les risques d'infection. Il est important de récolter les pommes de terre le plus tôt possible après l'endurcissement de la peau afin de limiter le développement de la maladie. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre la rhizoctonie sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : Les variétés Norland et Shepody sont modérément résistantes.

Enjeux relatifs à la rhizoctonie

Aucun enjeu n'a été relevé.

Nématode des lésions de racines (Pratylenchus penetrans) et autres espèces de nématodes

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les nématodes des lésions de racines se nourrissent de racines de nombreux légumes, dont la pomme de terre, créant de petites lésions qui nuisent à l'absorption des éléments nutritifs. Les racines touchées brunissent et noircissent. En cas de fortes infestations, les plants touchés ne poussent pas bien, jaunissent et deviennent rabougris. La présence de ces nématodes accroît la vulnérabilité des pommes de terre à la verticilliose.

Cycle biologique

Les nématodes présents dans le sol sont attirés par les poils absorbants des racines. Ils s'alimentent dans le tissu cortical des racines. Les femelles pondent dans les tissus racinaires et dans le sol. À l'éclosion, les larves de deuxième stade commencent à se nourrir de tissus racinaires. Après l'éclosion, les nématodes passent par 4 stades juvéniles avant de devenir adultes. Quand les conditions du sol sont défavorables, les nématodes entrent en dormance et peuvent survivre pendant plusieurs mois. Les nématodes peuvent être déplacés vers d'autres sites par le vent soufflant des particules de sol, par des semences infestées et par de l'équipement agricole contaminé. Il peut y avoir plusieurs générations par année.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Pour identifier les espèces de nématodes et les compter, il faut envoyer des échantillons de sol au laboratoire. La pratique d'une rotation de 3 à 4 ans avec des cultures non hôtes aide à réduire les populations de nématodes. La culture de ray-grass annuel, de millet perlé fourrager ou de l'hybride sorgho-Soudan comme engrais verts qui sont ensuite enfouis dans le sol réduira les populations de nématodes, car ces plantes libèrent des composés toxiques en se décomposant. La culture de tagètes (œillets d'Inde) l'année précédant la culture de pommes de terre ou au cours de la même saison contribue avantageusement à réduire les populations de nématodes et à augmenter le rendement par rapport à d'autres cultures de rotation.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs au nématode des lésions de racines et aux autres espèces de nématodes

  • Il faut trouver d'autres solutions que la fumigation pour lutter contre les nématodes qui s'attaquent aux plantes. Des études doivent être menées pour déterminer les impacts des engrais verts, des rotations culturales et des nématicides autres que les fumigants sur les populations de nématodes.
  • On a besoin de services de diagnostic normalisés permettant d'identifier les nématodes à l'espèce.

Pourriture du planton (Rhizoctonia solani, Fusarium spp., Pythium spp., et Erwinia carotovora)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les agents pathogènes qui infectent les plantons peuvent causer leur pourriture, ce qui entraîne une faible émergence des plantules et un ralentissement de leur croissance. Les plantons infectés noircissent et deviennent aqueux à mesure qu'ils sont colonisés par des bactéries, et finissent par se décomposer complètement.

Cycle biologique

Les blessures causées aux pommes de terre de semence et les surfaces coupées des plantons constituent une porte d'entrée pour les pathogènes. Les pathogènes peuvent être propagés de tubercules infectés à des tubercules sains au cours du tranchage des pommes de terre de semence. Ils peuvent aussi être présents dans le sol. La plantation dans un sol froid et humide favorise l'apparition de la pourriture du planton.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de pommes de terre de semence de qualité, certifiées exemptes de maladies, réduira le développement de la pourriture du planton. Il faut nettoyer et désinfecter régulièrement la trancheuse à plantons, notamment entre les lots de semence, afin de limiter la propagation de l'inoculum présent dans les tubercules. Si les plantons tranchés ne sont pas plantés immédiatement, les conserver à une température adéquate dans un lieu suffisamment aéré pour favoriser la cicatrisation des tissus coupés. Ne pas planter de pommes de terre dans un sol froid, humide et mal drainé. Le traitement fongicide des plantons réduira la pourriture causée par les pathogènes du sol et ceux qui sont entrés en contact avec la surface coupée des plantons, mais il n'éliminera pas les germes présents à l'intérieur de la semence.

Variétés résistantes : La variété Kennebec est modérément résistante à la pourriture du planton.

Enjeux relatifs à la pourriture du planton

  • On a besoin d'autres fongicides à large spectre pour compléter la gamme de produits disponibles contre la pourriture du planton, afin de réduire le risque de développement d'une résistance aux produits.
  • Il faut recueillir de plus amples renseignements sur les vecteurs de la maladie et l'efficacité des produits de lutte.

Tache argentée (gale argentée) (Helminthosporium solani)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La tache argentée, ou gale argentée, affecte la peau des tubercules et cause l'apparition de taches superficielles argentées, circulaires ou irrégulières, qui peuvent se fusionner et couvrir toute la surface du tubercule. Les infections graves réduisent la qualité marchande de la culture. En entrepôt, la maladie peut s'aggraver : la peau se soulève alors et les tubercules rétrécissent.

Cycle biologique

Le champignon passe l'hiver dans la matière organique du sol et peut aussi être transporté par la semence. La pomme de terre est le seul hôte connu de l'agent pathogène. Les spores se développent sur les tissus infectés et les lésions des pommes de terre de semence et sont transmises à d'autres tubercules par l'eau (par exemple, la pluie ou l'irrigation). Les infections se produisent par pénétration à travers la peau ou les lenticelles des tubercules. La tache argentée apparaît tard en saison et continue de se propager en entrepôt avec humidité élevée.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

L'utilisation de semence exempte de maladies réduira la probabilité de développement de la maladie dans le champ. On peut examiner les tubercules tard en saison ou après la récolte afin d'y déceler la présence de lésions de couleur jaune-brun à grise. La fréquence de la maladie augmente avec la durée du séjour des tubercules dans le sol après leur maturité. En récoltant rapidement les tubercules peu après l'atteinte de leur maturité, on limite donc le développement de la maladie. Le nettoyage à fond et l'assainissement des installations d'entreposage avant leur utilisation permettent de prévenir la transmission des pathogènes.

Variétés résistantes : La variété Ranger Russet présente une bonne résistance contre la tache argentée, tandis que les variétés Chieftain et Goldrush présentent une résistance modérée.

Enjeux relatifs à la tache argentée

Il faut élaborer une approche efficace et intégrée, qui fait appel notamment à l'utilisation de fongicides et de biofongicides, pour lutter contre la tache argentée dans le champ et en entrepôt. Cette maladie est particulièrement problématique en production biologique.

Flétrissure verticillienne (verticilliose) (Verticillium albo-atrum et V. dahliae)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les premiers symptômes de la flétrissure verticillienne, ou verticilliose, sont notamment un jaunissement et un dépérissement des feuilles inférieures, et dans certains cas, il peut y avoir apparition d'une coloration brune dans les tissus vasculaires des tiges. Les symptômes peuvent se développer sur un seul côté de la plante. La mort prématurée des plants se traduit par une baisse de rendement. La maladie est souvent associée à d'autres agents pathogènes, dont les nématodes des lésions de racines, qui entraînent la sénescence précoce des plants.

Cycle biologique

Les champignons du genre Verticillium ont un large éventail d'hôtes. Le V. dahliae persiste dans le sol sous forme d'organes dormants nommés microsclérotes. Quant au V. albo-atrum, il persiste sous forme d'hyphes à parois épaisses. Les Verticillium spp. peuvent être propagés par le vent ou la machinerie qui transportent du sol contaminé. La maladie peut aussi être introduite dans de nouveaux champs par de la semence infectée. La flétrissure verticillienne infecte de jeunes plants en s'attaquant aux racines en croissance. Le champignon s'établit dans les tissus vasculaires, puis remonte vers le haut du plant, infectant les tiges, les pétioles et les feuilles. À la mort des tissus végétaux, les microsclérotes et les hyphes à parois épaisses retournent dans le sol. La fréquence et la gravité de la maladie augmentent lorsqu'il y a présence simultanée de Verticillium et de nématodes des lésions de racines dans le sol. Même si la flétrissure verticillienne peut infecter les tubercules, elle ne se propage pas facilement et ne cause pas de dommages importants en entrepôt.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Inclure des cultures non hôtes dans les rotations aide à prévenir l'accumulation de Verticillium spp. dans le sol. De bonnes pratiques de fertilisation et d'irrigation réduiront les stress occasionnés aux plantes et les aideront à tolérer la flétrissure verticillienne. L'élimination des mauvaises herbes qui hébergent des Verticillium spp., dans le champ et autour de celui-ci, contribuera à réduire la maladie. Des analyses de sol en laboratoire permettent de quantifier la présence d'agents pathogènes dans le sol et facilitent la prise de décision concernant la plantation. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre la flétrissure verticillienne sont énumérées au tableau 5.

Variétés résistantes : La variété Ranger Russet est considérée comme résistante. Parmi les variétés modérément résistantes figurent Atlantic, Chieftain, Goldrush et Umatilla Russet.

Enjeux relatifs à la flétrissure verticillienne

  • Il faut continuer de faire de la recherche pour élaborer de nouvelles stratégies de lutte intégrée et effectuer un transfert de connaissances, lesquelles pourraient inclure l'utilisation de fongicides, de biofongicides et de fumigants, l'intégration d'autres cultures dans la rotation, des amendements du sol, l'utilisation de variétés plus tolérantes et d'autres approches visant à réduire la fréquence et les répercussions de la flétrissure verticillienne.
  • Des méthodes diagnostiques améliorées permettant d'établir la quantité de Verticillium dans le sol ont été mises au point. La prochaine étape consistera à normaliser les procédures d'analyse à l'échelle du pays et à établir des seuils de nuisibilité économique à l'aide des données recueillies grâce à ces méthodes.

Pourriture à sclérotes (moisissure blanche) (Sclerotinia sclerotiorum)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les premiers signes de la présence de la pourriture à sclérotes, ou moisissure blanche, sont l'apparition de lésions aqueuses sur les tiges. À mesure que les lésions s'étendent, les tiges deviennent encerclées de lésions, donnant lieu à un flétrissement du feuillage. Dans des conditions humides, un mycélium blanc et duveteux est produit dans les lésions. Les lésions s'assèchent et deviennent beige ou brun pâle par temps sec.

Cycle biologique

Le Sclerotinia sclerotiorum a un large éventail d'hôtes, dont la plupart des cultures maraîchères. Le champignon est terricole et peut survivre dans le sol pendant de nombreuses années sous forme de sclérotes. Lorsqu'ils sont exposés à des conditions favorables d'humidité et à des températures modérées dans le sol, les sclérotes germent et produisent des apothécies, structures porteuses d'asques qui relâchent des ascospores dans l'air. Les ascospores sont transportées par le vent sur des plantes hôtes où elles vont causer de nouvelles infections. Des sclérotes sont produits dans les tissus infectés et finissent par tomber au sol.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation dans des sols bien drainés, lesquels n'ont pas d'historique de pourriture à sclérotes, réduit les risques d'apparition de la maladie. De longues rotations culturales avec des céréales et d'autres cultures non hôtes peuvent réduire l'inoculum dans le sol. La maladie est favorisée par un couvert végétal dense, une humidité élevée et un feuillage mouillé. On peut limiter le développement de la maladie en évitant les apports excessifs d'azote qui favorisent la croissance foliaire et en adoptant des pratiques d'irrigation qui réduisent la durée et la fréquence du mouillage des feuilles. Par ailleurs, on peut contribuer à réduire la propagation de la maladie en désherbant les champs afin d'éliminer les autres plantes hôtes et en enlevant et en détruisant le matériel végétal infecté.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à la pourriture à sclérotes (moisissure blanche)

La pourriture à sclérotes devient problématique chez certaines variétés de pommes de terre. Il faut mener des recherches sur les moyens de lutte contre cette maladie.

Organismes nuisibles réglementés de quarantaine

L'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) réglemente certains organismes nuisibles et certaines espèces envahissantes en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et son règlement. Chaque espèce réglementée aux termes de ces pouvoirs est associée à des restrictions et à des mesures qui lui sont propres, qui visent à freiner ou à prévenir son introduction et sa propagation au Canada.

Les organismes nuisibles suivants sont considérés comme des organismes réglementés par l'ACIA aux termes de la Loi sur la protection des végétaux et son règlement. La liste complète des organismes réglementés par le Canada est accessible à l'adresse suivante : inspection.canada.ca.

Tumeur verruqueuse de la pomme de terre (Synchytrium endobioticum)

Dommages

La tumeur verruqueuse, également nommée gale verruqueuse, est une maladie de la pomme de terre causée par le Synchytrium endobioticum, champignon terricole. Elle réduit les rendements et entraîne la déformation des tubercules, qui deviennent invendables, mais elle ne présente aucun risque pour la santé humaine ou animale. Actuellement, il n'existe aucun moyen de lutte pour contrer la tumeur verruqueuse.

Réglementation

L'agent de la tumeur verruqueuse est un organisme nuisible réglementé au Canada. Tout cas soupçonné de détection de la tumeur verruqueuse doit être signalé immédiatement à l'ACIA. L'ACIA met en œuvre sur-le-champ de strictes mesures phytosanitaires si la présence d'un organisme nuisible est confirmée. De plus amples renseignements sont présentés dans la section Ressources, ci-dessous.

Ressources

Nématodes à kyste de la pomme de terre : nématode blanc de la pomme de terre (Globodera pallida) et nématode doré (Globodera rostochiensis)

Dommages

Le nématode doré et le nématode blanc de la pomme de terre sont 2 espèces de nématodes à kyste qui parasitent le système racinaire des pommes de terre. Ils causent une diminution de la croissance des parties végétatives de la plante et de ses tubercules, et parfois un jaunissement, un flétrissement ou une nécrose du feuillage.

Réglementation

Le nématode doré et le nématode blanc de la pomme de terre sont des organismes nuisibles réglementés au Canada. Tout cas soupçonné de détection de ces nématodes à kyste de la pomme de terre doit être signalé immédiatement à l'ACIA. L'ACIA met en œuvre sur-le-champ de strictes mesures phytosanitaires si la présence de ces organismes nuisibles est confirmée à l'extérieur des zones réglementées à leur égard.

Ressources

Insectes et acariens

Dans cette section

Principaux enjeux

  • Il faut élaborer et diffuser de approches alternatives, dont la pratique de rotations culturales, la biofumigation et les engrais verts, les cultures pièges, le piégeage de masse et la perturbation génétique, seraient très utiles pour les producteurs dans la lutte contre les vers fil-de-fer.
  • Il est urgent de disposer de nouveaux pesticides ciblant le ver fil-de-fer et d'établir des limites maximales de résidus à cet égard. Il est pressant de mettre au point un guide exhaustif sur la lutte intégrée contre le ver fil-de-fer, à l'intention des producteurs canadiens de pommes de terre.
  • Pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre, il faudrait homologuer des pesticides classiques et non classiques, y compris des biopesticides et d'autres produits pouvant être utilisés en production classique et biologique.
  • Il faut mener un dépistage continu de la résistance aux pesticides dans les populations de doryphore de la pomme de terre au Canada.
  • Il faut réaliser une surveillance de la résistance aux pesticides chez de multiples espèces de pucerons, particulièrement le puceron vert du pêcher et le puceron de la pomme de terre, pour aider les producteurs à prévenir efficacement la propagation des virus de la pomme de terre.
  • Il faut homologuer des produits additionnels à base d'huile contre les pucerons, à l'intention des producteurs de pommes de terre de semence.
  • Pour les évaluations provinciales de la présence des principaux insectes et acariens nuisibles, voir le tableau 6.

Tableau 6. Niveau de préoccupation phytosanitaire fondé sur les données d’occurrence des insectes et acariens nuisibles dans la production de pomme de terre au Canadanote 1

Insecte / Acarien

Alberta

Manitoba

Ontario

Québec

Nouveau-Brunswick

Île-du-Prince-Édouard

Puceron du nerprun

Non présent

Présent

Présent

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Puceron de la digitale

Non présent

Données non disponibles

Présent

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Puceron vert du pêcher

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation majeure

Puceron de la pomme de terre

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Présent

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Doryphore de la pomme de terre

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Préoccupation majeure

Préoccupation majeure

Préoccupation majeure

Préoccupation majeure

Vers gris (noctuelles)

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Données non disponibles

Préoccupation mineure 

Pyrale du maïs

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Cicadelle de l'aster

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Présent

Préoccupation mineure 

Données non disponibles

Présent

Cicadelle de la pomme de terre

Non présent

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Altise de la pomme de terre

Non présent

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation mineure 

Préoccupation majeure

Psylle de la pomme de terre

Aucune préoccupation

Non présent

Non présent

Non présent

Non présent

Non présent

Altise à tête rouge

Non présent

Non présent

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Données non disponibles

Punaise terne

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation mineure 

Préoccupation modérée

Vers fil-de-fer

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Présent

Préoccupation majeure

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Prophylaxie
Tableau 7a. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada — prophylaxie

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Sélection de variétés ou utilisation de variétés résistantes ou tolérantes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Ajustement de la date de semis ou de récolte

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Rotation avec des cultures non hôtes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection de l'emplacement de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Optimisation de la fertilisation pour favoriser une croissance équilibrée de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Limitation des dommages mécaniques pour rendre les cultures moins attrayantes pour les ravageurs

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Réduction des populations de ravageurs dans le périmètre de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de barrières physiques (par exemple, paillis, filets, couvertures flottantes)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

Utilisation de matériel de multiplication exempt de ravageurs (Graines, boutures, plantes à transplanter)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur dans la province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Prévention
Tableau 7b. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada — prévention

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Désinfection de l'équipement

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestation du couvert végétal (éclaircissement, taille, espacement des rangs ou des plants, etc.)

Utilisée

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ajustement de la profondeur de semis ou de plantation

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Gestion de l'irrigation (moment et durée de l'irrigation, quantité d'eau) pour gérer la croissance des plantes

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Gestion de l'humidité du sol (amélioration du drainage, culture sur plates-bandes, surélevées, enchaussage, semis sur buttes ou billons, etc.)

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Enlèvement ou gestion des résidus de culture en fin de saison ou avant le semis

Utilisée

N'est pas utilisée

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Utilisée

Taille / élimination du matériel infesté tout au long de la saison de croissance

Utilisée

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Travail du sol / sarclage pour exposer les insectes nuisibles du sol

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Ne s'applique pas

Utilisée

Élimination d'autres hôtes (mauvaises herbes, plantes spontanés, plantes sauvages) dans le champ et à proximité

Utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.
Cette pratique ne s'applique pas ou n'est pas pertinente à ce ravageur dans cette province.

Surveillance
Tableau 7c. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada — surveillance

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Dépistage / piégeage

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Tenue de dossiers des suivis de ravageurs

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Dépistage de ravageurs par analyse du sol

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Lectures météorologiques aux fins de la modélisation fondée sur les degrés-jours

Utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Utilisation de technologies agricoles de précision (GPS, SIG) pour la collecte de données et la cartographie des ravageurs

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Aides à la décision
Tableau 7d. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada  — aides à la décision

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Seuil d'intervention économique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de modèle de prédiction comme aide à la prise de décision de traiter

Utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Recommandation d'un conseiller agricole ou bulletin d'information technique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Décision de traiter fondée sur l'observation de la présence de ravageurs à un stade de développement critique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation d'instruments électroniques portatifs dans les champs pour l'identification des ravageurs ou la gestion de données

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Intervention
Tableau 7e. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada — intervention

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Utilisation de pesticides à divers modes d'action pour la gestion du développement de résistance

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Incorporation au sol d'amendements et d'engrais verts qui ont des propriétés biofumigantes afin de réduire les populations de ravageurs

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Utilisation de biopesticides (pesticides microbiens et non conventionnels)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Dissémination d'agents de lutte biologique (arthropodes)

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Préservation ou aménagement d'habitats pour la conservation ou le renforcement des moyens de lutte naturels (par exemple, préservation des aires naturelles et des haies et brise-vent, ajustement de la hauteur de la faucheuse-andaineuse, etc.)

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisation de phéromones induisant une confusion sexuelle chez les insectes

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Perturbation de la reproduction par dissémination d'insectes stériles

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Piégeage

Utilisée

Utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Applications ciblées de pesticides (en bandes, traitements localisées, pulvérisateurs à débit variable, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection de pesticides épargnant les insectes auxiliaires, les pollinisateurs et les autres organismes non ciblés

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Pratiques spécifiques
Tableau 7f. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les insectes et acariens de pomme de terre au Canada — pratiques spécifiques

Pratiques

Pucerons

Doryphore de la pomme de terre

Cicadelle de la pomme de terre

Altise de la pomme de terre

Punaise terne

Vers fil-de-fer (taupins)

Utilisation d'un concasseur de tiges

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisation de l'aspirateur à insectes

N'est pas utilisée

Utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Cultures biofumigantes (par exemple, moutarde brune)

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Pucerons : puceron du nerpun (Aphis nasturtii), puceron de la digitale (Aulacorthum solani), puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et puceron de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae) et autres espèces

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les pucerons sont des insectes piqueurs-suceurs qui utilisent leurs pièces buccales pour se nourrir de la sève des plantes. La présence de grandes populations de pucerons peut provoquer le jaunissement et le flétrissement du feuillage. Mais ce qui est plus important encore, c'est que de nombreuses espèces de pucerons sont des vecteurs de virus comme le virus Y de la pomme de terre (PVY), le virus A de la pomme de terre (PVA) et le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV), et peuvent les transmettre d'une plante à l'autre à l'intérieur d'un cham ou dans de nouveaux champs. La transmission de virus par les pucerons peut se faire selon un mode persistant, semi-persistant ou non persistant. La transmission persistante se produit lorsqu'un puceron doit s'alimenter pendant une longue période pour contracter le virus. Le virus demeure latent dans le puceron pendant des heures ou des jours, après quoi l'insecte peut transmettre le virus pendant une longue période de temps. Dans les cas de transmission semi-persistante ou non persistante, le virus s'associe aux pièces buccales ou à l'intestin antérieur du puceron. Le virus peut ainsi être transmis uniquement à la prochaine plante sur laquelle le puceron s'alimentera. Dans ces types de transmission, le puceron ne demeure pas infectieux longtemps.

Cycle biologique

En général, les pucerons hivernent sous forme d'œuf sur diverses plantes ligneuses ou herbacées; les femelles adultes de certaines espèces passent l'hiver dans des sites protégés ou dans des serres. Au printemps, à l'éclosion, des femelles ailées émergent et se déplacent sur de jeunes plants de pomme de terre ou d'autres espèces hôtes, selon l'éventail d'hôtes de l'espèce de puceron en présence. Durant tout l'été, les pucerons femelles produisent des générations de femelles. Plus tard en saison, une génération de mâles et de femelles ailés peut être produite; après accouplement, les femelles retournent pondre sur un hôte intermédiaire où les œufs passeront l'hiver.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La surveillance hebdomadaire des champs par des comptages visuels ou par piégeage est importante pour la détection précoce des pucerons. Il est utile d'identifier les espèces de pucerons, car celles-ci transmettent différentes maladies virales. On peut cultiver, en bordure des champs, des espèces de plantes qui ne sont pas des hôtes pour les virus (par exemple, le soja, le blé) et qui peuvent attirer les pucerons. Ces derniers nettoieront leurs pièces buccales en se nourrissant sur ces plantes non hôtes et y laisseront des virus non persistants avant de pénétrer dans le champ de pommes de terre. L'élimination des mauvaises herbes pouvant servir d'hôtes intermédiaires aux pucerons, dans le champ et à proximité, permet également de limiter l'accroissement des populations de pucerons. De nombreux parasites et prédateurs naturels contribuent à maintenir les populations de pucerons à des niveaux tolérables. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les pucerons sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs aux pucerons

  • Les pucerons non colonisateurs qui sont de passage et les pucerons colonisateurs peuvent être de grands vecteurs de virus. Il faut déployer des efforts supplémentaires pour faire le suivi des populations de pucerons et fournir de l'information aux producteurs sur les moyens de lutte efficaces pouvant prévenir la propagation des virus dans les champs de pommes de terre.
  • On ne comprend pas bien les effets des huiles minérales sur la transmission des virus par les pucerons. Il faut faire d'autres études pour mieux comprendre les effets physiologiques de ces huiles et d'autres produits à base d'huile chez les pucerons et pour déterminer dans quelle mesure ils peuvent réduire la transmission de virus par les pucerons.

Doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les adultes et les larves de doryphore de la pomme de terre se nourrissent de feuilles et de tiges de pomme de terre. Les grandes populations peuvent défolier complètement les plants et réduire considérablement les rendements.

Cycle biologique

Les doryphores de la pomme de terre s'attaquent uniquement aux plantes de la famille des Solanacées (par exemple, pomme de terre, tomate, aubergine, morelle douce-amère, morelle de Caroline). Les adultes passent l'hiver dans le sol des champs de pommes de terre. Au printemps, les adultes émergent du sol et se nourrissent pendant une courte période avant de s'accoupler et de pondre. Chaque femelle peut pondre de 300 à 500 œufs sur des plants de pomme de terre. Après l'éclosion, les larves se nourrissent pendant 2 à 3 semaines avant de se pupifier. Les adultes qui émergent hiverneront. On observe une seule génération de cet insecte par année dans la plupart des régions productrices de pommes de terre du Canada.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Le dépistage du doryphore de la pomme de terre commence tôt en saison dès l'émergence de la culture. On peut piéger les adultes en plantant plusieurs rangs de pommes de terre autour du champ une semaine ou deux avant la plantation du reste du champ, puis on traite les rangs-pièges contre les doryphores. Afin d'éviter l'hivernage du doryphore de la pomme de terre, on peut planter les nouveaux champs de pommes de terre loin des autres cultures de Solanacées et des champs qui étaient plantés en pommes de terre l'année précédente. On peut aussi éviter d'utiliser d'autres cultures hôtes dans la rotation culturale afin d'éviter la multiplication des doryphores de la pomme de terre dans le champ. On peut laisser quelques rangs intacts au moment du défanage afin d'inciter les doryphores à s'y déplacer, puis les traiter au moyen d'insecticide ou d'un brûleur au propane ou encore les ramasser avec un aspirateur pour réduire le nombre d'adultes de la génération qui hivernera. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs au doryphore de la pomme de terre

  • Pour lutter contre le doryphore de la pomme de terre, il faudrait homologuer des pesticides classiques et non classiques, y compris des biopesticides et d'autres produits pouvant être utilisés en production biologique et possédant différents modes d'action.
  • Les populations de doryphores de la pomme de terre ont développé une résistance à de nombreux insecticides. Il faut mettre en place un programme national de surveillance à long terme de la résistance du doryphore de la pomme de terre aux insecticides.
  • La résistance aux insecticides et le risque de perte de matières actives à la suite de processus de réévaluation restreignent la disponibilité d'insecticides efficaces. Il faut donc élaborer des stratégies de lutte intégrée efficaces qui intègrent des moyens de lutte culturale, biologique et fondés sur l'ARNi afin de réduire l'utilisation des insecticides.

Vers-gris : ver-gris panaché (Peridroma saucia) et ver-gris noir (Agrotis ipsilon)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les vers-gris s'attaquent à une grande variété de plantes. Le ver-gris panaché se nourrit de feuillage, de bourgeons et de fleurs de pomme de terre; le ver-gris noir se nourrit de feuillage et de tiges, coupant souvent les tiges au ras du sol au début de la saison. Les vers-gris noirs se nourrissent aussi dans les tubercules, y laissant des trous. Les dommages peuvent survenir au printemps et plus tard dans la saison.

Cycle biologique

Les vers-gris passent par les stades œuf, larve, pupe et adulte, et selon l'espèce, ils peuvent avoir une ou plusieurs générations par année. Les ver-gris panachés passent l'hiver à l'état de pupe dans les régions chaudes du Canada, mais peuvent aussi être transportés des États-Unis vers le Canada par les vents. Le ver-gris noir provient des États-Unis et est transporté par les vents qui soufflent vers le nord. Les papillons adultes pondent sur des plantes et des débris végétaux à proximité des champs de pommes de terre. Après l'éclosion, les larves se nourrissent du feuillage des pommes de terre, passant par plusieurs stades larvaires avant de se nymphoser dans le sol et d'émerger sous forme d'adulte.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Surveiller la présence des vers-gris dans les champs tôt en saison par un examen visuel des dommages faits aux plants. Des pièges à phéromones peuvent être utilisés pour dépister les adultes mâles en vol et déterminer la période de ponte. L'élimination des mauvaises herbes dans le champ et son périmètre rendra la zone cultivée moins attrayante pour les papillons de vers-gris en quête de sites de ponte.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs aux vers-gris

  • Il faudrait établir un seuil de nuisance économique et une stratégie de lutte contre le ver-gris panaché.
  • Le seuil de nuisance économique du ver-gris noir reste à valider au Canada.

Pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

La larve de la pyrale du maïs se nourrit à l'intérieur des tiges de pomme de terre, faisant flétrir la plante. De fortes infestations affaiblissent les tiges et rendent les plants vulnérables aux dégâts causés par le vent, le stress hydrique et l'invasion par des agents pathogènes. Les pommes de terre sont plus susceptibles d'être attaquées par la pyrale du maïs lorsque des conditions fraîches retardent la croissance du maïs, qui est son principal hôte intermédiaire.

Cycle biologique

La pyrale du maïs s'alimente sur plus de 200 espèces végétales, dont le maïs, la pomme de terre, les haricots, la betterave, le céleri et les poivrons. Les papillons émergent à la fin du printemps et en début d'été, et pondent sur les tiges. Après l'éclosion, les jeunes larves se nourrissent pendant une brève période sur le feuillage avant de creuser des galeries dans les tiges. Les fanes laissées au champ sont des sites d'hivernation pour les larves pleinement développées qui se pupifient, puis en émergent sous forme d'adultes au printemps. Selon les régions, l'insecte peut avoir plus d'une génération par année.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Pour réduire la probabilité d'une infestation de pyrales, on peut planter les pommes de terre loin des champs de maïs et supprimer les mauvaises herbes et les plantes spontanées de pomme de terre qui peuvent servir d'hôte à l'organisme nuisible. Le broyage des plants de pomme de terre et le labour d'automne peuvent réduire les quantités d'insectes hivernants. Le dépistage des papillons au moyen de pièges à phéromones aidera à déterminer le risque d'une infestation de pyrales. Des modèles fondés sur l'accumulation des degrés-jours ont été mis au point pour prédire les périodes de vol des papillons. Il existe aussi des seuils de nuisibilité économique. Si on juge qu'il est nécessaire d'appliquer un insecticide, il est impératif d'intervenir au bon moment pour cibler les larves du ravageur avant qu'elles ne s'enfouissent à l'intérieur des tiges des plants pommes de terre, où elles seront à l'abri des insecticides.

Variétés résistantes : La pyrale ne réduit pas le rendement des variétés hâtives.

Enjeux relatifs à la pyrale du maïs

  • Compte tenu de l'étroite fenêtre de temps où il est possible de faire une application foliaire d'insecticide, il faut homologuer des ovicides ou des pesticides systémiques contre la pyrale du maïs.
  • Il est nécessaire de déterminer l'efficacité des produits non classiques (par exemple, Bt and RNAi) dans la lutte contre la pyrale du maïs dans la production de pommes de terre.
  • Il faut étudier les effets des rotations culturales (par exemple, céréales, maïs) et de l'irrigation sur la pyrale du maïs dans la production de pommes de terre.

Cicadelles : cicadelle de la pomme de terre (Empoasca fabae) et cicadelle de l'aster (Macrolestes quadrilineatus)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les cicadelles sont des insectes piqueurs-suceurs. En s'alimentant, elles injectent des toxines qui bloquent la circulation des fluides dans le système vasculaire. Les symptômes causés sont notamment un jaunissement, un brunissement et un enroulement de l'extrémité et de la marge des feuilles. Les fortes infestations peuvent causer la mort prématurée de plants et des baisses de rendement. Les cicadelles de l'aster peuvent transmettre le phytoplasme qui cause la jaunisse de l'aster. La gravité de la jaunisse de l'aster dans la culture varie selon le nombre de cicadelles et le pourcentage de cicadelles contaminées par le phytoplasme.

Cycle biologique

Les cicadelles ont un large éventail d'hôtes. La cicadelle de la pomme de terre ne résiste pas à l'hiver canadien, mais chaque année, les vents en provenance des États-Unis apportent de nouveaux individus de l'espèce. Au Canada, la cicadelle de l'aster passe l'hiver sous forme d'œuf dans des tissus végétaux, mais elle peut aussi être transportée par les vents en provenance des États-Unis qui soufflent vers le nord. Les cicadelles passent par différents stades larvaires avant de devenir adultes. Il peut y avoir de 2 à 5 générations par année, selon l'espèce et la température.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La plantation de pommes de terre loin des champs de luzerne ou de trèfle réduit les risques d'infestation de cicadelles. Après la récolte de plantes fourragères dans les champs voisins, des cicadelles peuvent migrer dans les champs de pommes de terre. Il est important de surveiller fréquemment l'apparition de dommages à cette période-là. On peut dépister les cicadelles dans les champs de pommes de terre au moyen de pièges collants ou d'un filet fauchoir. Il faut des analyses de laboratoire pour déterminer si les cicadelles de l'aster portent le phytoplasme de la jaunisse de l'aster. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre la cicadelle de la pomme de terre sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs aux cicadelles

Il faut mener des activités de vulgarisation pour aider les producteurs à distinguer les 2 espèces de cicadelles et à comprendre les répercussions possibles de ces ravageurs sur la production de pommes de terre ainsi que les stratégies de lutte possibles, notamment les seuils d'intervention.

Altise de la pomme de terre (Epitrix cucumeris)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

En se nourrissant, les altises adultes percent de petits trous sur les feuilles de pomme de terre, leur donnant un aspect criblé. Elles peuvent causer une importante défoliation lorsque les plants sont jeunes ou ne sont pas en croissance active. En cas de graves infestations, les rendements peuvent être réduits, mais il est rare que les larves endommagent directement les tubercules.

Cycle biologique

Le ravageur s'attaque aussi aux poivrons, aux tomates et aux mauvaises herbes de la famille des Solanacées. Les altises adultes passent l'hiver dans les détritus et des sites protégés. Elles se déplacent dans les champs de pommes de terre au printemps pour se nourrir sur les jeunes plants ou les mauvaises herbes. Elles pondent des œufs autour des racines de pomme de terre. Après l'éclosion, les larves se nourrissent des poils absorbants des racines pendant 4 à 5 semaines, puis se pupifient et se transforment en adultes qui se nourriront de feuilles. L'espèce a 2 générations par année.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

On peut éliminer les résidus de végétaux dans lesquels l'altise de la pomme de terre passe l'hiver pour empêcher le développement de grandes populations. Il faut faire des rotations culturales d'au moins 3 ans pour réduire les populations d'altises de la pomme de terre. Le dépistage des altises débute à l'émergence de la culture et se poursuit tout au long de la saison de croissance. Comme il est difficile de compter ou de capturer les altises de la pomme de terre, la surveillance se fait par l'évaluation des dommages. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre l'altise de la pomme de terre sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à l'altise de la pomme de terre

Il faut faire d'autres études pour établir un seuil de nuisibilité économique plus précis pour l'altise de la pomme de terre.

Psylle de la pomme de terre (Bactericera cockerelli)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Le psylle de la pomme de terre peut causer la jaunisse du psylle dans les cultures de pomme de terre. Les symptômes de cette maladie sont un retard de croissance, la chlorose et la production de tubercules petits et difformes. Le ravageur peut transmettre un agent pathogène bactérien appelé Candidatus Liberbacter solonacearum (Lso), qui est responsable de la maladie de la chip zébrée dans les cultures de pomme de terre. Cette maladie peut affecter de manière importante la croissance des plants et le rendement en pommes de terre, et entraîner de graves problèmes de qualité (apparition de rayures foncées et d'un goût atypique) lorsque les pommes de terre sont tranchées et frites. Les pommes de terre infectées sont souvent rejetées par les transformateurs.

Cycle biologique

Le cycle biologique du psylle de la pomme de terre comporte 3 stades : œuf, nymphe et adulte. Une génération peut être produite en moins d'un mois, et il peut y avoir 2 ou 3 générations par année. Les adultes peuvent être dispersés par le vent depuis les États-Unis et sont particulièrement actifs par temps chaud (température supérieure à 33°C).

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Pour déterminer si des psylles adultes sont présents, on peut effectuer un dépistage et une surveillance à l'aide de cartes collantes jaunes et d'un filet fauchoir. Aucun seuil de nuisibilité économique n'a été établi pour ce ravageur.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs au psylle de la pomme de terre

Aucun n'a été relevé.

Altise à tête rouge (Systena frontalis)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les altises à tête rouge adultes se nourrissent de feuilles de plants de pomme de terre et d'une grande variété d'autres espèces végétales. Leur abondance dans les champs de pommes de terre peut dépendre de la proximité de champs de maïs.

Cycle biologique

Les adultes émergent en mai et juin et se nourrissent de feuilles, et les œufs éclosent à la fin de juin. Les larves se nourrissent des racines d'une grande variété de mauvaises herbes et de plantes cultivées, dont le maïs, jusqu'à la mi-juillet. Elles se pupifient ensuite et passent l'hiver au stade adulte dans le sol ou dans des endroits protégés à la surface du sol. On compte généralement une génération de l'espèce par année au Canada.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Éliminer les résidus de végétaux dans lesquels l'altise à tête rouge passe l'hiver permet d'empêcher le développement de grandes populations. Il faut faire des rotations culturales d'au moins 3 ans pour réduire les effectifs de ce ravageur. Le dépistage des altises débute à l'émergence de la culture et se poursuit tout au long de la saison de croissance. La surveillance se fait en évaluant les dommages, car il est difficile de compter ou de capturer les altises à tête rouge.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs à l'altise à tête rouge

Aucun n'a été relevé.

Punaise terne (Lygus lineolaris)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les adultes et les larves de punaises ternes se nourrissent de jeunes feuilles de plants de pomme de terre en y suçant la sève. En s'alimentant, les punaises ternes injectent dans la plante une toxine qui fait flétrir les nouvelles pousses et tomber prématurément les fleurs.

Cycle biologique

La punaise terne s'attaque à de nombreuses cultures, dont la luzerne, le trèfle, le chou, la prune ainsi qu'à de nombreuses mauvaises herbes. Les adultes passent l'hiver dans des sites abrités et pondent sur des mauvaises herbes au printemps. Après l'éclosion, les larves se nourrissent sur diverses plantes, dont la pomme de terre. Un cycle biologique se déroule sur environ 4 semaines. Il peut y avoir de 2 à 3 générations par année.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Il faut maintenir les champs et les bords de rangs exempts de mauvaises herbes et éviter de planter des pommes de terre près d'autres cultures sensibles pour maintenir les populations de punaises ternes à un bas niveau. On doit surveiller attentivement les populations de punaises ternes du milieu à la fin de l'été. En général, des traitements sont nécessaires seulement pour les variétés tardives de pommes de terre; les insecticides utilisés contre d'autres insectes sont habituellement efficaces contre la punaise terne. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les punaises ternes sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : En général, le ravageur ne cause pas de pertes de rendement chez les variétés hâtives, même si ces dernières n'y sont pas résistantes.

Enjeux relatifs à la punaise terne

La punaise terne est présente dans certaines régions du pays, et il faut mener des recherches pour déterminer les seuils d'intervention.

Vers fil-de-fer (Agriotes spp., Limonius spp. et Ctenicera spp.)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les vers fil-de-fer, qui sont des larves de taupins, s'attaquent à plusieurs plantes cultivées, dont la pomme de terre. Ils peuvent se nourrir de plantons et de tubercules de pomme de terre en développement. Les infestations graves réduisent l'émergence et la vigueur des plants. Quand les vers fil-de-fer se nourrissent de tubercules en développement, ils creusent des galeries qui font jusqu'à 3 mm de diamètre et 4 cm de profondeur. Les jeunes tubercules attaqués se déforment, et les tubercules matures sont perforés un peu partout, ce qui en réduit la qualité et augmente la fréquence des infections secondaires causées par des bactéries et des champignons.

Cycle biologique

On a identifié plusieurs espèces indigènes de vers fil-de-fer pouvant causer des dommages mineurs ou majeurs dans la production de pommes de terre. La répartition des espèces au pays varie selon les régions. Les vers fil-de-fer se développent dans le gazon, le trèfle rouge, le mélilot et les petites céréales, comme l'orge et le blé. Les taupins adultes pondent dans le sol, près des racines des plantes hôtes. Après l'éclosion, les larves (vers fil-de-fer) se nourrissent de racines et de tubercules, puis se pupifient avant d'émerger comme adultes. Le cycle biologique dure de 3 à 7 ans, selon l'espèce, et les larves se nourrissent activement durant 2 à 5 ans. Différents stades larvaires peuvent être présents en même temps dans un champ.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La surveillance des champs avant la plantation permet de déterminer si les vers fil-de-fer sont suffisamment nombreux pour endommager une culture ultérieure. On peut surveiller les vers fil-de-fer en échantillonnant le sol à l'automne ou au printemps ou en utilisant des appâts, comme des carottes, du blé, de l'avoine ou du maïs. Il faut éviter de planter des pommes de terre dans des champs très infestés afin de réduire les risques de dommages. On peut aussi réduire les populations de vers fil-de-fer au moyen de rotations avec des cultures non hôtes. Un bon désherbage des champs et des jachères est un autre moyen de réduire les populations de vers fil-de-fer. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les vers fil-de-fer sont énumérées au tableau 7.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible.

Enjeux relatifs aux vers fil-de-fer

  • Étant donné la variété des espèces de vers fil-de-fer présentes dans diverses régions productrices et leur sensibilité variable aux insecticides, il est difficile d'élaborer des stratégies de lutte efficaces contre ces ravageurs.
  • Les résultats des recherches sur les vers fil-de-fer doivent être diffusés afin que les producteurs puissent élaborer et mettre en œuvre de manière efficace des stratégies de lutte intégrée pouvant comprendre la biofumigation, l'utilisation d'engrais verts et le piégeage.
  • Il faut en apprendre davantage sur le cycle vital et la biologie de certaines espèces de taupins dans l'ensemble du Canada.
  • D'autres moyens de lutte antiparasitaire, offrant différents modes d'action, sont nécessaires. La disponibilité de multiples outils de lutte chimiques devrait être maintenue, pour la gestion de la résistance.

Mauvaises herbes

Dans cette section

Principaux enjeux

  • Le développement d'une résistance aux herbicides couramment utilisés (par exemple, la métribuzine, le rimsulfuron) chez les mauvaises herbes annuelles demeure préoccupant. De nouveaux herbicides, y compris des herbicides de postlevée et des herbicides possédant des modes d'action nouveaux, doivent être offerts sur le marché pour gérer le développement d'une résistance aux produits.
  • Il faut trouver d'autres traitements de défanage pour remplacer le diquat, notamment des doses réduites de diquat, des produits à mode d'action nouveau et des méthodes mécaniques de lutte contre les mauvaises herbes.
  • Pour les mauvaises herbes annuelles et vivaces, il faut élaborer des approches culturales ou nouvelles et homologuer de nouveaux herbicides afin de permettre aux producteurs de réduire leur dépendance à l'égard des herbicides de prélevée à action résiduelle.
  • Il faut mener d'autres recherches sur les solutions de remplacement classiques au chloropropham (CIPC), un régulateur de croissance des plantes.
  • Il est important de poursuivre les efforts visant à harmoniser les homologations de pesticides, particulièrement avec les États-Unis, afin que les producteurs canadiens puissent demeurer compétitifs.
  • Il faut chercher à mieux comprendre les mauvaises herbes émergentes et l'évolution des profils des mauvaises herbes dans les systèmes canadiens de production de pommes de terre.
  • Pour les évaluations provinciales de la présence des principaux mauvaises herbes, voir le tableau 8.
Tableau 8. Niveau de préoccupation phytosanitaire fondé sur les données d’occurrence des mauvaises herbes dans la production de pomme de terre au Canadanote 1

Mauvaises herbes

Alberta

Manitoba

Ontario

Québec

Nouveau-Brunswick

Île-du-Prince-Édouard

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Présent

Préoccupation majeure

Graminées annuelles

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Présent

Préoccupation majeure

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Présent

Préoccupation majeure

Graminées vivaces

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation majeure

Présent

Préoccupation majeure

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Préoccupation modérée

Préoccupation majeure

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Données non disponibles

Préoccupation modérée

Ressemais de pommes de terre

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Préoccupation modérée

Préoccupation mineure 

Préoccupation modérée

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Préoccupation modérée

Préoccupation modérée

Aucune préoccupation

Aucune préoccupation

Présent

Préoccupation majeure

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Prophylaxie
Tableau 9a. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — prophylaxie

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Sélection de variétés ou utilisation de variétés compétitives

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Ajustement de la date de semis ou de récolte

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Rotation des cultures

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection de l'emplacement de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Optimisation de la fertilisation pour favoriser une croissance équilibrée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de matériel de propagation exempt de mauvaises herbes (graines, boutures ou plantes à transplanter)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Semis direct ou travail réduit du sol pour réduire la germination des graines de mauvaises herbes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de barrières physiques (par exemple, paillis)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Prévention
Tableau 9b. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — prévention

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Désinfection de l'équipement

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestation du couvert végétal (éclaircissement, taille, espacement des rangs ou des plants, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Ajustement de la profondeur de semis ou de plantation

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestion de l'irrigation (moment et durée de l'irrigation, quantité d'eau) pour maximiser la croissance de la culture

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Gestion de l'humidité du sol (amélioration du drainage, culture sur plates-bandes, surélevées, enchaussage, semis sur buttes ou billons, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Lutte contre les mauvaises herbes dans les terrains non cultivés

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Surveillance
Tableau 9c. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — surveillance

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Surveillance et inspection des champs

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Tenue de dossiers sur l'incidence des mauvaises herbes, incluant des mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de technologies agricoles de précision (GPS, SIG) pour la collecte de données et la cartographie de mauvaises herbes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur dans la province.

Aides à la décision
Tableau 9d. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — aides à la décision

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Seuil d'intervention économique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Recommandation d'un conseiller agricole ou bulletin d'information technique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Décision de traiter fondée sur l'observation de la présence de mauvaises herbes à un stade de développement critique

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation d'instruments électroniques portatifs dans les champs pour l'identification des mauvaises herbes ou pour la gestion de données

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation d'instruments électroniques portatifs dans les champs pour l'identification de pathogènes ou de maladies ou pour la gestion de données

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Intervention
Tableau 9e. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — intervention

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Utilisation d'herbicides à divers modes d'action pour la gestion du développement de résistance

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Incorporation au sol d'amendements et d'engrais verts ayant des propriétés biofumigantes pour réduire les populations de mauvaises herbes

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de biopesticides (pesticides microbiens et non conventionnels)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Dissémination d'agents de lutte biologique (arthropodes)

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Désherbage mécanique (sarclage / travail du sol)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Désherbage manuel (arrachage, à la main, binage, flammage)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisation de la technique du faux semis sur planche d'ensemencement

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

N'est pas utilisée

Applications ciblées de pesticides (en bandes, applications localisées, utilisation de pulvérisateurs à débit variable, etc.)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Sélection d'herbicides épargnant les insectes auxiliaires, les pollinisateurs et les autres organismes non ciblés

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Notes :

Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.
Cette pratique n'est pas utilisée par les producteurs pour lutter contre ce ravageur dans cette province.

Pratiques spécifiques
Tableau 9f. Moyens du lutte intégrée adoptes contre les mauvaises herbes de pomme de terre au Canada — pratiques spécifiques

Pratiques

Mauvaises herbes à feuilles larges annuelles

Graminées annuelles

Mauvaises herbes à feuilles larges vivaces

Graminées vivaces

Mauvaises herbes (famille Solanaceae)

Mauvaises herbes résistantes aux herbicides

Utilisation des cultures de couverture dans les années quand la pomme de terre n'est pas cultivée (par exemple, radis daikon)

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Pyro-désherbeur

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Utilisée

Source : Les intervenants dans les provinces productrices de pomme de terre (Alberta, Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard); les données correspondent aux années de production 2021, 2022 et 2023.

Note : Cette pratique est utilisée pour lutter contre ce ravageur par au moins certains producteurs dans cette province.

Mauvaises herbes annuelles (à feuilles larges et graminées)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les mauvaises herbes annuelles livrent concurrence à la culture pour combler leurs besoins de lumière, d'eau et d'éléments nutritifs, et peuvent héberger des insectes et des agents pathogènes. Lorsque les mauvaises herbes ne sont pas bien maîtrisées, elles réduisent la croissance et le rendement des cultures de pomme de terre. Une fois établies, les graminées adventices annuelles sont très tolérantes aux conditions extrêmes d'humidité et de température et peuvent être très difficiles à éliminer. Il faut donc s'en occuper avant la formation des graines, qu'elles produisent en grand nombre.

Cycle biologique

Les mauvaises herbes annuelles complètent leur cycle biologique en une seule année (germination, croissance végétative, floraison et production de graines). Les mauvaises herbes annuelles hivernales entament leur croissance à l'automne, produisent une rosette de feuilles pour passer l'hiver, puis fleurissent et produisent des graines au début de l'année suivante. Les mauvaises herbes annuelles sont très prolifiques en graines. Les sols arables contiennent, pour la plupart, un réservoir abondant de graines de mauvaises herbes en tout temps. Certaines graines de mauvaises herbes peuvent demeurer viables dans le sol pendant de nombreuses années et germer au retour de conditions favorables. Le début de la saison de croissance est le stade critique de désherbage des mauvaises herbes annuelles dans les cultures de pomme de terre.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

La première étape de la gestion des mauvaises herbes dans les cultures de pomme de terre consiste à choisir un champ où on ne trouve pas de grandes populations de mauvaises herbes ni de mauvaises herbes difficiles à maîtriser. Il est important de connaître l'historique des mauvaises herbes des champs à cultiver afin de prendre les moyens nécessaires pour bien les désherber durant les années de la rotation culturale où d'autres espèces que la pomme de terre sont cultivées. La pratique de rotations culturales peut perturber le cycle biologique des mauvaises herbes. Les graines de mauvaises herbes peuvent être transportées d'un champ à l'autre par la machinerie agricole, le vent, l'eau et les animaux. Afin de limiter la dissémination des graines de mauvaises herbes, il faut donc nettoyer l'équipement pour le débarrasser du sol et des débris qui y adhèrent avant de pénétrer dans le champ suivant. Certaines graines de mauvaises herbes présentes dans les fourrages ne sont pas détruites par le système digestif du bétail ou par le compostage. L'application de fumier et de compost de mauvaise qualité peut donc être une source de propagation de mauvaises herbes. Le travail répété du sol avant et après la plantation peut réduire les quantités de mauvaises herbes. Le buttage des plants de pomme de terre offre une certaine protection contre les mauvaises herbes. Le maintien de plants vigoureux et le choix d'un espacement qui permet une fermeture rapide des rangs de pomme de terre aident à combattre les mauvaises herbes. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les mauvaises herbes annuelles au tableau 9.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible. Toutefois, les variétés à émergence rapide et qui donnent des plants vigoureux peuvent concurrencer les mauvaises herbes en quête de lumière en leur faisant de l'ombre.

Enjeux relatifs aux mauvaises herbes annuelles (à feuilles larges et graminées)

  • Le développement d'une résistance aux herbicides couramment utilisés (par exemple, à la métribuzine, au rimsulfuron) chez les mauvaises herbes annuelles est une source de préoccupation constante. Il est urgent de disposer de nouveaux composés chimiques pour gérer le développement d'une résistance.
  • Il faut homologuer de nouveaux herbicides contre les morelles et le souchet, qui résistent aux produits homologués actuels.
  • On aurait aussi besoin d'herbicides pour détruire les plantes de pomme de terre spontanées dans les cultures subséquentes.
  • Des herbicides de postlevée contre les mauvaises herbes à feuilles larges permettraient de réduire la dépendance aux herbicides de prélevée à action résiduelle.

Mauvaises herbes vivaces (à feuilles larges et graminées)

Renseignements sur l'organisme nuisible

Dommages

Les mauvaises herbes vivaces livrent une concurrence efficace aux cultures de pomme de terre pour combler leurs besoins en eau, en éléments nutritifs et en lumière, surtout lorsqu'elles sont établies depuis plusieurs années. Les mauvaises herbes vivaces peuvent grandement limiter la croissance et le rendement des plants de pomme de terre.

Cycle biologique

Qu'il s'agisse de graminées ou de plantes à feuilles larges, les mauvaises herbes vivaces peuvent vivre de nombreuses années. Elles se propagent efficacement par l'expansion de leur système racinaire, par la dispersion de matériel racinaire végétatif et par la production de graines. Les graines et d'autres organes de propagation, comme les racines et les rhizomes, peuvent être transportés d'un champ à l'autre par la machinerie agricole, le vent, l'eau et les animaux.

Lutte antiparasitaire

Lutte culturale

Les stratégies de lutte qui ont été discutées à la section sur les mauvaises herbes annuelles s'appliquent aussi aux mauvaises herbes vivaces. Les mauvaises herbes vivaces peuvent être difficiles à maîtriser en raison de leur système racinaire étendu. De fait, le travail du sol peut sectionner les parties souterraines de la plante et la multiplier, aggravant ainsi le problème. Pour éviter de transporter des mauvaises herbes vivaces d'un champ à l'autre, on peut nettoyer l'équipement de toute trace de terre et de débris à la sortie du champ. Une fois établies dans les champs de pommes de terre, de nombreuses mauvaises herbes vivaces ne peuvent plus être bien maîtrisées au moyen d'herbicides, et l'utilisation d'herbicides dans les cultures de rotation peut constituer le seul moyen de lutte efficace. D'autres pratiques utilisées pour lutter contre les mauvaises herbes vivaces au tableau 9.

Variétés résistantes : Aucune n'est disponible. Toutefois, les variétés à émergence rapide et qui donnent des plants vigoureux peuvent concurrencer les mauvaises herbes en quête de lumière en leur faisant de l'ombre.

Enjeux relatifs aux mauvaises herbes vivaces (à feuilles larges et graminées)

  • Il faut continuer de faire de la recherche sur les différentes techniques de désherbage mécanique en production biologique.
  • À l'heure actuelle, les producteurs se servent surtout d'herbicides de prélevée à action résiduelle pour lutter contre les mauvaises herbes à feuilles larges. L'homologation d'un herbicide de postlevée ciblant ces mauvaises herbes renforcerait les efforts de lutte intégrée qui sont déployés.
  • Il faut élaborer de nouvelles approches de désherbage et homologuer des herbicides pour lutter contre un certain nombre de nouvelles mauvaises herbes vivaces qui sont problématiques, dont le laiteron et la sauge.

Ressources

Ressources sur la lutte intégrée et la gestion intégrée pour la production de pommes de terre au Canada

Spécialistes provinciaux des cultures et coordonnateurs provinciaux du Programme des pesticides a usage limité

Associations sectorielles nationales et provinciales

Annexe

Définition des codes pour les tableaux de présence des ravageurs

Le codage est basé sur 3 types de renseignements : la répartition, la fréquence et la pression du ravageur dans chaque province.

Présence, données disponibles

Fréquence

Répartition

Pression

Présent, données disponibles

Annuelle

Étendue

Élevée

Présent, données disponibles

Annuelle

Étendue

Modérée

Présent, données disponibles

Annuelle

Étendue

Faible

Présent, données disponibles

Annuelle

Localisée

Élevée

Présent, données disponibles

Annuelle

Localisée

Modérée

Présent, données disponibles

Annuelle

Localisée

Faible

Présent, données disponibles

Sporadique

Étendue

Élevée

Présent, données disponibles

Sporadique

Étendue

Modérée

Présent, données disponibles

Sporadique

Étendue

Faible

Présent, données disponibles

Sporadique

Localisée

Élevée

Présent, données disponibles

Sporadique

Localisée

Modérée

Présent, données disponibles

Sporadique

Localisée

Faible

Présent, données non disponibles

-

-

-

Présent, données non disponibles

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-

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Non présent

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Données non déclarées

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-

- Sans objet

Bibliographie