Stratégie de lutte intégrée contre le charançon de la prune à l’aide des arbres-pièges combinés à des entomopathogènes

Code de projet : PRR24-050

Responsables du projet

Justin Renkema – Agriculture et Agroalimentaire Canada
Tahera Sultana – Agriculture et Agroalimentaire Canada

Objectif

Évaluer l'utilisation d'entomopathogènes pour lutter contre les stades du charançon de la prune vivant dans le sol ainsi que des méthodes d'attraction et de neutralisation faisant appel à des arbres-pièges.

La pomme (Malus domestica) est une importante culture horticole au Canada, occupant près de 18 000 hectares et générant des retombées de plus de 284 millions de dollars par année. Toutefois, le charançon de la prune (Conotrachelus nenuphar), petit insecte indigène d'Amérique du Nord, constitue une importante menace pour les pommes et d'autres fruits de la famille des Rosacées, dont la pêche, la nectarine, la cerise, la poire, la prune et l'abricot, ainsi que le bleuet. Le charançon de la prune endommage directement les fruits en développement, puisque tant l'adulte que la larve s'en nourrissent. De plus, la ponte laisse une cicatrice en forme de « D » sur les fruits. Ces dommages peuvent entraîner la chute des fruits, et les fruits peuvent être contaminés par ses larves, ce qui réduit les rendements commercialisables. Le charançon de la prune a été désigné comme un ravageur important dans le cadre de l'atelier sur l'établissement des priorités canadiennes en matière de lutte antiparasitaire de 2023. Dans ce processus de priorisation dirigé par les intervenants, les producteurs de fruits de verger de l'Ontario ont souligné le besoin de mettre en place une solution de lutte intégrée contre ce ravageur, compte tenu des difficultés de contrôle et de l'élimination progressive du principal insecticide utilisé contre celui-ci (le phosmet, un produit organophosphoré) d'ici la fin de 2025. Le charançon de la prune représente également une menace dans d'autres régions fruitières, dont le Québec et la Nouvelle-Écosse.

Les chercheurs ont commencé en 2024 à développer une stratégie de lutte intégrée ciblant le charançon de la prune dans les vergers de pommes. Cette stratégie fait appel à des méthodes d'attraction et de neutralisation comprenant des arbres-pièges, des appâts et des agents de lutte biologique. Les arbres-pièges, c'est-à-dire des arbres en bordure des vergers qui sont appâtés avec des phéromones et des appâts alimentaires et/ou qui appartiennent à des variétés attirant particulièrement le ravageur seront utilisés pour surveiller l'arrivée du charançon de la prune et favoriser les traitements ciblés. Des agents de lutte biologique, comme des entomopathogènes, seront utilisés pour cibler les stades du charançon de la prune vivant dans le sol. Des arbres-pièges et des entomopathogènes seront utilisés pour évaluer des méthodes d'attraction et de neutralisation ciblant le charançon de la prune. Divers appâts, dont des arbres-pièges appâtés et un cultivar de pommier connu pour attirer le charançon de la prune, ainsi que des entomopathogènes disponible sur le marché, seront comparés aux pratiques traditionnel utilisant des insecticides. De plus, les chercheurs évalueront les nématodes entomopathogènes endémiques dans le sol des vergers de l'Ontario pour tenter de trouver des agents de lutte biologique indigènes contre le charançon de la prune.

Ce projet vise à améliorer les connaissances sur le charançon de la prune et ses effets dans les vergers. L'étude devrait faire progresser la lutte intégrée contre le charançon de la prune en permettant d'offrir des méthodes alternatives efficaces, ainsi des outils de lutte non chimiques. La caractérisation des entomopathogènes indigènes des vergers de l'Ontario pourrait mener à la découverte d'un éventuel agent de lutte biologique dans l'avenir. Des mises à jour sur le projet ainsi que ses résultats seront présentés aux producteurs et aux intervenants dans le cadre de démonstrations au champs, des publications, des réunions de producteurs et de conférences.