Désherbage à haute tension : le Weed Zapper suscite l’enthousiasme des chercheurs et des producteurs

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À l’Île-du-Prince-Édouard, un nouvel équipement détruit les mauvaises herbes en un éclair! Il s’agit du Weed Zapper, qui permet aux producteurs de désherber leurs champs en harnachant la puissance de l’électricité en toute sécurité.

Même si la biologiste d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), Nicolle MacDonald, s’est familiarisée avec cette technologie il y a à peine 5 ans, le concept d’utilisation de l’électricité pour le désherbage remonte à la fin des années 1800. Le premier équipement de désherbage électrique a été mis au point dans les années 1970 pour empêcher la montée en graine des betteraves sucrières.

Même si Nicolle est postée au Centre de recherche et de développement de Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard) d’AAC, elle travaille avec d’autres biologistes de partout au pays pour le Centre de la lutte antiparasitaire (CLA) d’AAC, dont le siège social est situé à Ottawa. Nicolle travaille pour le Programme de réduction des risques liés aux pesticides du CLA, dont le rôle est d’élaborer et de mettre en œuvre des solutions à risque réduit afin de maîtriser des organismes nuisibles problématiques, y compris d’autres pratiques et moyens de lutte.

« Plus communément adoptés en Amérique du Sud et aux États-Unis, les outils de désherbage électrique comme le Weed Zapper suscitent l’intérêt des producteurs canadiens depuis 5 à 10 ans en raison de la résistance croissante aux herbicides et du besoin accru d’autres solutions de désherbage. »

- Nicolle MacDonald, biologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Puissance de désherbage

Les désherbeurs électriques, comme le Weed Zapper, sont de véritables petites centrales électriques sur roues. Une génératrice puissante est attelée à un tracteur ordinaire et un câble relie la génératrice à un gros tuyau en cuivre monté à l’avant du tracteur qui est ajustable en hauteur et peut s’étendre sur une largeur de 11 à 15 pieds. Tout est contrôlé depuis l’intérieur du tracteur, ce qui rend son utilisation sûre et facile pour les producteurs.

Lorsque le tracteur circule dans le champ et que le sommet des mauvaises herbes effleure le tuyau de cuivre — ou même s’en approche — l’électricité les traverse et les électrocute. En quelques minutes, les mauvaises herbes électrocutées commenceront à se flétrir. Puis, en l’espace de quelques heures, les mauvaises herbes noircissent en continuant de mourir. Le désherbage électrique fonctionne mieux sur des plantes qui contiennent encore un peu d’humidité — ce qui signifie qu’elles ne doivent pas être complètement matures ou desséchées. L’humidité et le fait d’utiliser le Weed Zapper plus tôt dans la journée contribuent à réduire le risque d’incendie et facilitent la conduction de l’électricité qui endommage les tissus des mauvaises herbes de l’intérieur vers l’extérieur. De multiples capteurs sont installés sur la rampe et la génératrice du Weed Zapper pour assurer la sécurité de l’opérateur et de l’équipement. Bien qu’ils soient munis de ces capteurs et d’un extincteur, les désherbeurs électriques ne devraient pas être utilisés dans des champs extrêmement secs, et les interdictions de feu locales doivent être vérifiées préalablement. Les consignes de sécurité incluses dans le manuel doivent être consultées, et les mesures de précaution doivent être strictement mises en œuvre chaque fois que l’équipement est utilisé ou entretenu.

Une solution électrifiante de remplacement des herbicides pour les horticulteurs

En novembre 2024, le Centre de la lutte antiparasitaire a acheté un Weed Zapper pour l’essayer à la Ferme expérimentale de Harrington (Île-du-Prince-Édouard) d’AAC. Aujourd’hui, Nicolle a commencé un projet de recherche de 2 ans avec le malherbologiste local d’AAC, Andrew McKenzie-Gopsill, Ph. D., afin de cibler les mauvaises herbes qui poussent au-dessus du couvert végétal dans des cultures horticoles, comme les bleuets nains, les pommes de terre, les carottes, les betteraves, les navets et les haricots.

« Nous voulons voir comment le désherbage électrique affecte la biomasse des mauvaises herbes une fois qu’elles sont touchées et voir s’il détruit les graines de mauvaises herbes, car cela pourrait réduire la propagation des mauvaises herbes au cours des prochaines saisons de croissance. Nous prévoyons également de calculer le rapport coût-avantages de l’utilisation du désherbage électrique par rapport à l’utilisation d’herbicides conventionnels. »

- Nicolle MacDonald, biologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Les dommages potentiels aux cultures seront également évalués, et on déterminera les réglages et le calendrier idéaux pour que cela soit rentable pour les producteurs.

La technique du désherbage électrique est polyvalente et Nicolle explique qu’elle peut être utilisée d’autres manières, par exemple pour la destruction des mauvaises herbes printanières qui apparaissent avant le semis ou la plantation des cultures principales, ou pour le défanage des pommes de terre sans la nécessité d’utiliser des défanants chimiques, lesquels sont couramment employés pour faciliter la récolte des tubercules.

La Ferme expérimentale de Harrington d’AAC n’est pas le seul lieu d’essais et de recherche sur le Weed Zapper. Nicolle travaille avec des producteurs locaux pour en faire l’essai dans des champs où poussent des cultures de couverture, de pommes de terre et de bleuets nains. Elle reçoit déjà des appels d’autres producteurs qui l’ont vue à l’autre bout de l’île et qui veulent l’essayer.

« Nous nous intéressons à la recherche et au développement scientifiques, mais nous voulons aussi nous doter d’équipements innovants, comme le Weed Zapper, afin que les producteurs puissent voir leur fonctionnement et les avantages à les intégrer dans un système de lutte intégrée. C’est ainsi que nous constaterons une adoption accrue de pareils équipements. »

- Nicolle MacDonald, biologiste, Agriculture et Agroalimentaire Canada

Principaux avantages et découvertes

  • Nicolle MacDonald, biologiste basée à l’Île-du-Prince-Édouard, effectue une recherche sur un équipement de désherbage électrique qui pourrait remplacer d’autres moyens de lutte contre les mauvaises herbes dans le cadre du Programme de réduction des risques liés aux pesticides du Centre de la lutte antiparasitaire. Le Programme vise à élaborer et à mettre en œuvre des solutions à risque réduit pour lutter contre les organismes nuisibles problématiques, comme d’autres pratiques et moyens de lutte.
  • L’unité de désherbage électrique, le Weed Zapper, est une puissante génératrice qui est attelée à un tracteur conventionnel et un fil relie la génératrice à un gros tuyau en cuivre à l’avant du tracteur.
  • Lorsque le tracteur circule dans le champ et que le sommet des mauvaises herbes effleure le tuyau de cuivre — ou même s’en approche — l’électricité les traverse et les électrocute. En quelques minutes, les mauvaises herbes électrocutées commenceront à se flétrir. Puis, en l’espace de quelques heures, les mauvaises herbes noircissent en continuant de mourir.
  • Nicolle a lancé un projet de recherche de 2 ans avec le Weed Zapper et des producteurs de l’Île-du-Prince-Édouard afin de cibler les mauvaises herbes qui poussent au-dessus du couvert végétal dans les cultures horticoles, dont les bleuets nains, les pommes de terre, les carottes, les betteraves, les navets et les haricots.
  • L’objectif est de voir comment le Weed Zapper affecte la biomasse des mauvaises herbes une fois qu’elles sont touchées et s’il détruit les graines de mauvaises herbes, ce qui pourrait réduire la propagation des mauvaises herbes au cours des prochaines saisons de croissance. Une analyse coût-avantages sera calculée pour comparer le désherbage électrique à l’utilisation d’herbicides conventionnels.

Galerie de photos

Une femme dans un champ tient dans ses mains des mauvaises herbes endommagées

Nicolle MacDonald, biologiste à AAC, effectue des essais pour voir comment le désherbage électrique pourrait être utilisé pour réduire l’utilisation d’herbicides dans des cultures horticoles à l’Île-du-Prince-Édouard.

Un tracteur remorquant une grosse génératrice avance dans un champ en culture

Le Weed Zapper d’AAC est équipé d’une puissante génératrice qui est attelée à un tracteur. Un câble relie la génératrice à un gros tuyau en cuivre situé à l’avant du tracteur afin de détruire les mauvaises herbes qu’il rencontre.

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