Rapport national sur les risques agroclimatiques

En date du 16 juin 2026

Le présent rapport a pour but de fournir des renseignements en temps opportun sur les conditions agroclimatiques régionales, les risques et les répercussions connexes à l’échelle du Canada. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site Web d’AAC : www.agr.gc.ca/secheresse.

La prochaine mise à jour aura lieu le 21 juillet 2026.

Aperçu national

Les risques liés au climat les plus importants pour le secteur agricole pour la période visée sont l’humidité excessive et les inondations au Manitoba et en Saskatchewan, et les conditions de sécheresse en Colombie-Britannique.

Les températures fraîches et le temps instable ont retardé les semis à peu près partout au Canada ce printemps. Dans l’Ouest du Canada, d’intenses systèmes de tempête ont produit des tempêtes de poussière, des vents forts, des tornades, de fortes pluies et de la grêle, causant une humidité excessive et des dommages généralisés. Dans l’Est du Canada, le printemps humide et froid a amélioré les conditions de sécheresse, mais a également retardé les semis.

Des températures supérieures à la normale (par rapport aux moyennes de 1991 à 2020) sont prévues dans l’ensemble du Canada au cours des quatre prochaines semaines. Les précipitations devraient être inférieures à la normale dans une grande partie du pays, particulièrement dans le nord-ouest de l’Ontario et au Manitoba. Des températures élevées combinées à de faibles précipitations pourraient aggraver les conditions de sécheresse dans certaines parties de l’Ouest du Canada.

Centile des précipitations (du 1er avril 2026 au 14 juin 2026)

Centile des précipitations sur 30 jours (1er avril 2026 au 14 juin 2026), carte du Canada
 

Précipitations centile sur saison de croissance (du 1er avril 2026 au 14 juin 2026), carte du Canada, image haute résolution (5 MB JPG)

Durant la saison de croissance, les précipitations ont été extrêmement élevées dans le nord-est de l’Alberta, le nord-ouest et le nord-est de la Saskatchewan, le nord-ouest du Manitoba, le centre de l’Ontario et certaines parties du Canada atlantique.

La région de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique et en Alberta et la côte ouest, quant à elles, ont reçu très peu de précipitations.

Surveillance des sécheresses au Canada (en date du 31 mai 2026)

Surveillance des sécheresses au Canada, conditions en date du 31 mai 2026, carte du Canada
 

Surveillance des sécheresses au Canada, conditions en date du 31 mai 2026, image haute résolution (5 MB JPG)

En mai, les conditions de sécheresse se sont améliorées dans la plupart des régions agricoles. À la fin du mois, 21 % des terres agricoles du pays étaient classées dans les catégories de temps anormalement sec (D0) ou de sécheresse.

C’est dans le sud de la Colombie-Britannique que la situation demeure la plus préoccupante. Les faibles précipitations et les températures supérieures à la moyenne ont entraîné une fonte des neiges précoce, un faible approvisionnement en eau et l’apparition de conditions de sécheresse.

Conditions régionales

  • Colombie-Britannique
    • La Colombie-Britannique a connu un printemps chaud et sec. De grandes parties de la région méridionale et de la région centrale intérieure ont reçu moins de 40 % des précipitations moyennes de mai. Au 1er juin, le manteau neigeux de la province était à 64 % de la normale et, dans de vastes parties de la côte sud et des parties occidentales de l’intérieur, il était inférieur à 40 % de la normale. Le faible manteau neigeux, la fonte des neiges précoce et les prévisions saisonnières de températures chaudes ont accru le risque de sécheresse pour la saison à venir.
    • Des restrictions en matière d’eau ont été imposées dans plusieurs collectivités, y compris dans le nord de l’Okanagan. La BC Fruit Growers' Association s’est dite préoccupée par ces restrictions, soulignant des répercussions disproportionnées sur les cultures pérennes, avec des pertes agricoles estimées pouvant atteindre 250 millions de dollars.
    • Les cultures fruitières et les cucurbitacées commencent à montrer des signes de stress de sécheresse. Les conditions froides du printemps et le stress résiduel des années précédentes continuent d’avoir des effets sur certaines cultures horticoles.
    • Le sud de la région de la rivière de la Paix a reçu des précipitations limitées ce printemps. Au nord de cette région, l’humidité est excessive, ce qui a retardé les semis et entraîné une certaine réduction de la couverture d’assurance pour les cultures semées tardivement.
    • La BC Cattlemen’s Association a exprimé des préoccupations concernant la réduction des zones de pâturage, l’approvisionnement en aliments pour animaux et la réduction des troupeaux dans les régions touchées par la sécheresse, incluant les régions de l’Okanagan et de Kamloops.
  • Alberta
    • Bien que les températures aient été inférieures à la normale en mai, la région a enregistré de longues périodes de chaleur et de froid, y compris des températures élevées records au cours de la dernière semaine de mai.
    • Le mois de mai a commencé par des conditions sèches dans toute la province, mais s’est terminé par des précipitations supérieures à la moyenne causées par des systèmes de tempête actifs. Une forte tempête à la fin du mois a entraîné, dans les régions du centre-est, des précipitations atteignant jusqu’à 300 % de la normale mensuelle en une seule journée.
    • Des pluies intenses peuvent nécessiter de réensemencer certains champs ou de laisser certains champs non ensemencés.
    • La région de la rivière de la Paix a connu des conditions sèches, enregistrant moins de 25 % des précipitations normales.
    • Même si l’ensemencement est presque terminé, la levée accuse un retard par rapport à la moyenne quinquennale.
  • Saskatchewan
    • Les précipitations dans l’ensemble de la province ont été très variables ce printemps; les régions de l’est ont reçu des précipitations supérieures à la normale, tandis que les régions du centre-sud ont reçu des précipitations inférieures à la normale. Les températures fraîches du printemps ont retardé l’ensemencement et la croissance des cultures, malgré quelques courtes vagues de chaleur au début du mois.
    • L’humidité actuelle de la couche arable est considérée comme allant d’adéquate à excédentaire dans la majeure partie de la province; seules de petites enclaves dans la région du centre-sud connaissent un déficit d’humidité. Des vents intenses et soutenus ont entraîné une érosion importante du sol dans le sud-est.
    • De récents orages ont apporté de fortes quantités de pluie dans une grande partie de la province, ainsi que de la grêle et des tornades dans le sud-est. Des inondations ont causé d’importants dommages durant la première semaine de juin, principalement le long de la frontière avec le Manitoba.
    • On a constaté un retard dans la levée des cultures dans les régions du sud et du centre, en particulier le long de la frontière avec le Manitoba et dans la région de Prince Albert.
    • En date du 8 juin, le centre-est de la Saskatchewan accuse un retard en matière d’ensemencement, qui s’établit à seulement 84 %, comparativement à la moyenne provinciale de 93 %.
  • Manitoba
    • Le Manitoba a eu un début de printemps plutôt frais, avant qu’une vague de chaleur à la fin de mai ne batte des records de température dans toute la province. Cette chaleur a été accompagnée de vents forts qui ont causé de violentes tempêtes de poussière au sud de la province, entraînant une érosion du sol qui a endommagé les champs récemment ensemencés et ceux où la levée était commencée, rempli les fossés et bloqué les ponceaux.
    • Les zones agricoles du centre et du nord ont reçu d’abondantes précipitations qui ont entraîné des inondations généralisées et la déclaration de l’état d’urgence par de nombreuses municipalités rurales. Les régions de Swan River et de Moosehorn ont reçu plus de 200 % des précipitations normales pour la première semaine de juin, tandis que Minitonas en a reçu plus de 300 %. Un certain nombre de routes ont été emportées par les eaux et des infrastructures ont été endommagées à la suite de phénomènes météorologiques violents dans ces régions.
    • L’ensemencement est presque terminé, avec un léger retard par rapport à la moyenne quinquennale. La plupart des cultures ont levé et croissent rapidement. On prévoit que certains champs devront être réensemencés ou ne seront pas ensemencés en raison de l’humidité excessive.
    • Dans certaines parties du nord-ouest et de l’est ainsi que dans la région d’Entre-les-Lacs, l’humidité excessive demeure une préoccupation majeure. On s’attend à ce que les sols saturés et l’eau stagnante causent des pertes de récoltes.
  • Ontario
    • Le printemps a fourni une humidité généralement adéquate dans toute la province, malgré un mois de mai plus sec que la normale. Au début de juin, des pluies constantes dans la majeure partie de la province ont atténué les problèmes de croissance des cultures liés à l’humidité.
    • Les températures printanières ont été légèrement plus fraîches que la normale, mais les conditions quotidiennes ont été très variables et de longues vagues de chaleur ont traversé la région. Au milieu du mois, des températures élevées records ont été enregistrées.
    • Les cultures ont considérablement progressé au cours des deux dernières semaines et l’ensemencement est terminé dans la plupart des régions.
  • Québec
    • La plupart des régions agricoles ont reçu des précipitations moyennes en mai, mais, dans certaines parties du centre du Québec, les précipitations ont été supérieures à la moyenne. Les températures printanières ont été fraîches dans l’ensemble, avec une alternance de périodes de temps chaud et froid.
    • La survie à l’hiver des cultures fourragères et des céréales d’hiver a été faible dans certaines parties des étendues agricoles du sud-est et du nord.
    • La levée progresse bien et les conditions de culture sont jugées bonnes, malgré le printemps frais.
  • Région de l'Atlantique
    • Les chutes de neige importantes de l’hiver et les précipitations supérieures à la normale du printemps ont amélioré l’alimentation en eau dans une grande partie de la région. Certaines régions, dont l’est de l’Île-du-Prince-Édouard, le nord du Nouveau-Brunswick et le centre de Terre-Neuve, ont reçu de 120 à 200 % des précipitations normales de mai. L’humidité excessive a limité l’accès aux champs dans certaines régions.
    • Au cours des 30 derniers jours, des précipitations inférieures à la moyenne ont été enregistrées dans le sud de la Nouvelle-Écosse et le sud du Nouveau-Brunswick.
    • L’ensemencement est terminé, sauf pour les pommes de terre, le maïs et le soja. Le stade des cultures accuse un léger retard par rapport au calendrier habituel. L’ensilage de première coupe est en cours et les rendements semblent bons.
    • Malgré le rétablissement de l’humidité, certaines parties de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ressentent toujours les effets de la sécheresse de l’année dernière. Certains cours d’eau demeurent à des niveaux inférieurs à ceux souhaités. Le piètre établissement des fourrages et des cultures, le déclin des arbres, la réduction des rendements des petits fruits et des préoccupations constantes concernant les aliments sont des enjeux permanents.

Prévision

  • D’après les prévisions, les températures seront supérieures à la normale dans la majeure partie du pays du 22 juin au 13 juillet, la probabilité la plus forte de températures supérieures à la normale étant pour le nord de la Saskatchewan et du Manitoba ainsi que le nord-ouest de l’Ontario. Du 22 juin au 13 juillet, on s’attend à des précipitations inférieures à la normale dans les régions agricoles de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Manitoba.
  • D’après les prévisions saisonnières pour la période de juillet à septembre, les températures seront supérieures à la normale dans tout le pays, et c’est en Colombie-Britannique que cette probabilité est la plus élevée. Les prévisions saisonnières concernant les précipitations indiquent des conditions plus sèches que la normale dans le nord-ouest de l’Ontario et des conditions plus humides que la normale dans la région de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique et en Alberta.
  • La persistance de températures supérieures à la normale pourrait accélérer le rétablissement à la suite des inondations ainsi que l’accès aux champs, mais les régions touchées par la sécheresse ont besoin de plus d’humidité pour favoriser la levée des cultures et la croissance des pâturages.

Ce rapport a été créé avec l'aide de notre réseau de bénévoles des Rapports sur les impacts agroclimatiques. Chaque mois, ils nous aident à faire rapport sur les conditions actuelles et les risques liés aux conditions météorologiques pour le secteur agricole du Canada. Si vous souhaitez devenir un bénévole des Rapports sur les impacts agroclimatiques, consultez le site Joignez-vous au réseau.