Rapport national sur les risques agroclimatiques

En date du 18 août 2026

Le présent rapport a pour but de fournir des renseignements en temps opportun sur les conditions agroclimatiques régionales, les risques et les répercussions connexes à l'échelle du Canada. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site Web d'AAC : www.agr.gc.ca/secheresse.

La prochaine mise à jour est prévue pour le 22 septembre 2026.

Aperçu national

  • Les risques agricoles liés au climat les plus importants au cours de la période visée par le rapport sont les conditions de sécheresse en Colombie-Britannique. Dans les régions du centre intérieur et de l'Okanagan, les feux de forêt et les faibles niveaux d'eau de surface ont causé un stress aux cultures et entraîné des problèmes d'accès aux champs et des restrictions sévères sur l'utilisation de l'eau. Les récentes inondations en Ontario et les problèmes persistants causés par les inondations en début de saison au Manitoba demeurent une source de préoccupation.
  • Les températures extrêmement élevées enregistrées dans certaines régions du pays ont accéléré le développement des cultures et contribué à des phénomènes météorologiques violents qui ont causé des dommages aux grandes cultures et aux infrastructures à certains endroits. On prévoit que des températures supérieures à la normale (par rapport aux moyennes de 1991 à 2020) se maintiendront dans l'ensemble du Canada au cours des quatre prochaines semaines.
  • Les précipitations devraient être supérieures à la normale dans le sud des Prairies et le nord-ouest de l'Ontario. Des températures élevées combinées à de faibles précipitations pourraient aggraver les conditions de sécheresse et les feux de forêt dans certaines parties de l'Ouest canadien.

Centile des précipitations sur 30 jours (au 17 août 2026)

Centile des précipitations sur 30 jours (au 17 août 2026), carte du Canada.

Centile des précipitations sur 30 jours (au 17 août 2026), carte du Canada. image haute résolution (5 MB JPG).

  • Au cours des 30 derniers jours, la quantité de précipitations reçues a été extrêmement élevée dans certaines régions de l'est du Canada, en particulier dans la région d'Ottawa. La région d'Edmonton, de même que certaines parties du centre de l'Alberta, le sud-est de la Saskatchewan et le sud-ouest du Manitoba ont reçu de grandes quantités de précipitations.
  • En revanche, le centre-intérieur de la Colombie-Britannique et le centre de la Saskatchewan ont reçu des quantités de précipitations extrêmement faibles. Le centre-est de la Saskatchewan, le centre et le sud du Manitoba, le sud-est du Québec et certaines parties du Nouveau-Brunswick ont reçu de faibles quantités de précipitations.

Surveillance des sécheresses au Canada (en date du 31 juillet 2026)

Surveillance des sécheresses au Canada, conditions en date du 31 juillet 2026, carte du Canada

Surveillance des sécheresses au Canada, conditions en date du 31 juillet 2026, image haute résolution (5 MB JPG)

  • En juillet, la sécheresse s'est intensifiée dans certaines régions agricoles. À la fin du mois, 23 % du paysage agricole du pays était classé dans la catégorie de temps anormalement sec (D0) ou de sécheresse, comparativement à 13 % en juin.
  • Le sud de la Colombie-Britannique demeure la principale source de préoccupation : les quantités de précipitations exceptionnellement faibles et les températures supérieures à la moyenne ont entraîné une baisse du débit des cours d'eau, des problèmes de pénurie d'eau, un risque extrême de feu de forêt et l'apparition de conditions de sécheresse exceptionnelle (D4) dans l'intérieur sud.

Conditions régionales

  • Colombie-Britannique
    • Les conditions chaudes et sèches ont persisté en Colombie-Britannique jusqu'à la mi-août. En juillet, plusieurs endroits de l'intérieur sud ont enregistré des températures supérieures à la normale. Kelowna et Vernon ont connu l'un de leurs mois de juillet les plus chauds et les plus secs jamais enregistrés. À la fin de juillet, 84 % du paysage agricole de la Colombie-Britannique était classé dans la catégorie de temps anormalement sec (D0) ou de sécheresse (D1 à D4). La sécheresse extrême a progressé considérablement, et 12 % du territoire de la Colombie-Britannique était classé dans la catégorie de sécheresse extrême (D3) ou exceptionnelle (D4).
    • Une grande partie de la région de l'Okanagan a reçu moins de 5 mm de précipitations en juillet, et les conditions y sont demeurées essentiellement sèches jusqu'à la mi-août. Par conséquent, le débit des cours d'eau et les réserves d'eau ont diminué considérablement, et plusieurs rivières ont atteint des minimums record. Le niveau du lac Okanagan est à son plus bas depuis le début de la consignation des données, il y a de cela 80 ans.
    • Les restrictions imposées sur l'utilisation de l'eau demeurent en vigueur dans une grande partie de l'intérieur sud, plusieurs instances ayant renforcé les mesures déjà en place, par exemple en limitant l'irrigation pour les cultures fourragères et certaines utilisations industrielles.
    • Le 8 août, la Colombie-Britannique a déclaré l'état d'urgence provincial en raison des feux de forêt. Quatre feux de forêt importants demeurent actifs dans l'intérieur sud. Plus de 21 000 personnes font l'objet d'un ordre d'évacuation et 11 000 autres sont visées par une alerte d'évacuation. Onze feux de forêt touchent actuellement le secteur agricole, entraînant des répercussions sur environ 50 000 animaux.
    • On s'attend à des baisses de rendement dans plusieurs régions en raison des conditions sèches, notamment dans les régions de l'Okanagan, de Peace et de Vanderhoof. On a signalé que les restrictions sur l'utilisation de l'eau ont forcé certains producteurs de l'Okanagan à abandonner les cultures saisonnières afin de préserver la production à long terme des fruits de verger.
    • Les cultures fourragères sont particulièrement touchées par la sécheresse et les feux de forêt, tandis que l'état des pâturages continue de se détériorer. Il est difficile pour les grands éleveurs de maintenir la taille de leurs troupeaux en raison de la baisse de qualité du fourrage. Le stress causé par la sécheresse accroît aussi la vulnérabilité des cultures et du bétail aux ravageurs, aux maladies et à la chaleur extrême.
  • Alberta
    • La plupart des principales cultures sont en bon ou en excellent état, et on prévoit des rendements moyens ou supérieurs à la moyenne, en particulier dans le sud et le centre de l'Alberta. L'état des cultures dans le nord-ouest s'est nettement amélioré, mais demeure légèrement inférieur à la moyenne quinquennale.
    • Au cours des quatre dernières semaines, l'Alberta a connu des régimes de précipitations contrastés. Les régions au nord d'Edmonton ont reçu des précipitations moyennes à nettement supérieures à la moyenne, tandis que les régions au sud d'Edmonton ont reçu moins de 40 % des précipitations normales. Edmonton a enregistré son deuxième mois consécutif de précipitations exceptionnellement élevées, recevant des précipitations de 324 % supérieures à la normale en juillet.
    • Plusieurs comtés du centre de l'Alberta ont déclaré une catastrophe agricole en raison des fortes précipitations, des inondations et des dommages causés aux cultures à certains endroits. Bien que l'on ne connaisse pas encore les répercussions financières totales, les producteurs s'attendent à des pertes importantes au cours de cette saison de croissance.
    • Le risque de feu de forêt augmente, en particulier dans le sud où des conditions de temps anormalement sec sont apparues en juillet et où un certain nombre de municipalités font l’objet d’interdictions de feu.
  • Saskatchewan
    • Au cours de la période visée par le rapport, les précipitations ont été bien inférieures à la moyenne dans la majeure partie de la province, sauf dans le nord-ouest. Malgré les précipitations peu abondantes, l'humidité était suffisante dans environ la moitié des terres cultivées, des champs de foin et des pâturages en date du 10 août. Cependant, les conditions d'humidité ont continué de se détériorer dans le sud-ouest : elles sont jugées faibles ou très faibles dans 80 % des terres cultivées.
    • Au cours des quatre dernières semaines, les températures ont été bien supérieures à la normale, en particulier dans le sud où de vastes régions ont connu des températures jusqu'à 3 °C supérieures à la moyenne. Les longues vagues de chaleur ont accentué le stress des cultures, et le canola est particulièrement vulnérable à cette période de l'année.
    • Le temps chaud récent a accéléré le développement des cultures, et la plupart d'entre elles ont désormais atteint un stade de croissance normal pour la saison. Par ailleurs, les conditions sèches ont permis aux producteurs de commencer à récolter des cultures semées tôt et des céréales d'hiver. En date du 10 août, la progression des récoltes provinciales était de 2 %, la plupart des activités ayant lieu dans le sud-ouest.
    • L’activité des feux de forêt reste élevée dans le nord, tandis que le risque de feu de forêt continue d’augmenter dans le sud-ouest, où plusieurs municipalités ont instauré des interdictions de feu.
  • Manitoba
    • Les précipitations reçues au cours des quatre dernières semaines ont été bien inférieures à la moyenne dans la majeure partie de la province, sauf dans le sud-ouest. Les conditions relatives à l'humidité du sol se sont dégradées rapidement en raison des précipitations peu abondantes; en date du 9 août, elles variaient d'« optimales » à « sèches » dans la plupart des régions, et il ne restait que peu de zones encore humides.
    • Les conditions de sécheresse ont permis de réduire considérablement les zones inondées au cours du dernier mois. Cependant, en raison des taux d'humidité élevés plus tôt dans l'année, il reste encore certaines réparations à faire sur le terrain et les infrastructures, en particulier dans le nord-ouest. L'accès aux champs demeure difficile dans les zones touchées par un emportement par les eaux, bien que de nombreuses routes soient désormais praticables.
    • Dans l'ensemble, on signale que le rendement fourrager est moyen ou supérieur à la moyenne. Cependant, le stress des cultures et la formation d'une croûte à la surface du sol persistent dans les zones touchées par l'humidité excessive, ce qui soulève des inquiétudes quant aux réserves de fourrage pour l'hiver.
    • Au cours des quatre dernières semaines, les températures ont été bien supérieures à la moyenne, particulièrement dans le sud, où de vastes zones ont connu des températures jusqu'à 3 °C supérieures à la normale. La longue vague de chaleur a accéléré le développement des cultures, certaines d'entre elles mûrissant plus rapidement que prévu.
    • À la fin du mois de juillet, de forts orages ont balayé le sud de la province, entraînant de fortes pluies, des rafales destructrices et de fréquents éclairs.
  • Ontario
    • Au cours des quatre dernières semaines, les précipitations reçues ont été près ou au-dessus de la normale dans une grande partie de l'Ontario, sauf dans le nord-ouest, où les conditions de sécheresse ont persisté, plus particulièrement le long de la frontière du Manitoba.
    • Il est tombé sur la région du Niagara des quantités exceptionnellement élevées de précipitations qui ont entraîné des inondations à la suite d'importantes tempêtes à la fin juillet et à la mi-août. Ces tempêtes ont aussi entraîné des vents forts, de la grêle et des inondations par endroits, de même que des signalements de tornade.
    • En juillet, les températures se situaient près ou légèrement au-dessus de la normale dans la majeure partie de l'Ontario, bien que certaines régions du sud de la province aient connu des températures un peu plus fraîches que la moyenne.
    • La récolte du blé d'hiver est bien entamée, et la récolte est terminée dans une grande partie du sud de l'Ontario.
    • On s'attend à un rendement près de la moyenne ou inférieur à la moyenne pour la plupart des grandes cultures, tandis que le rendement devrait être supérieur à la moyenne pour le soja.
  • Québec
    • Les températures près de la normale et les précipitations supérieures à la moyenne enregistrées au cours des quatre dernières semaines ont profité aux producteurs québécois. Les cultures progressent bien et devraient se situer dans la moyenne sur cinq ans.
    • Les conditions du sol demeurent adéquates dans une grande partie de la province, bien qu'une grande partie du sud-est ait reçu des précipitations bien inférieures à la moyenne au cours des quatre dernières semaines.
    • Le développement des cultures est généralement bon, et les pluies récentes ont atténué une grande partie du stress subi par les cultures au cours des mois précédents.
    • Certaines tempêtes majeures ont causé des inondations par endroits, et la ville de L'Ascension a déclaré l'état d'urgence au début du mois d'août après que plus de 100 mm de pluie ont emporté des routes dans la région.
    • La récolte du blé d'hiver est presque terminée, et celle du blé de printemps ne devrait plus tarder, puisque l'on estime que plus de la moitié de la superficie est arrivée à maturité, bien en avance par rapport aux années précédentes.
  • Région de l'Atlantique
    • Au cours des quatre dernières semaines, les quantités de précipitations reçues ont été moyennes à supérieures à la moyenne dans la majeure partie du Canada atlantique, sauf au Nouveau-Brunswick et dans certaines régions du nord-ouest de la Nouvelle-Écosse, où les conditions ont été plus sèches que la normale. Les précipitations estivales se situaient généralement près ou au-dessus de la moyenne, bien qu'elles demeurent légèrement en dessous de la moyenne pour le Nouveau-Brunswick.
    • Une longue vague de chaleur a touché la région au cours de la période visée par le présent rapport, entraînant des orages et de fortes pluies par endroits. Les températures étaient chaudes et humides au début de juillet avant de baisser pour revenir à la normale à la fin du mois. Les conditions plus fraîches se sont poursuivies en août, ce qui a donné lieu à des températures inférieures à la moyenne au cours des quatre dernières semaines, en particulier le long de la côte est de Terre-Neuve.
    • Dans l'ensemble, l'état des grandes cultures et des fourrages est bon. Le maïs reste plus court que la normale dans certaines régions en raison du printemps frais et humide, bien que la chaleur récente ait favorisé sa croissance. Le développement du soja a aussi bénéficié de conditions plus chaudes. La récolte du blé et de l'orge d'hiver a commencé.
    • L'état des cultures de bleuets s'est considérablement amélioré grâce aux précipitations reçues en temps opportun au mois de juillet et aux températures favorables. Bien que certains champs continuent de montrer les effets persistants de la sécheresse de l'année dernière, le développement et la taille des fruits ont dépassé les premières attentes. La récolte commerciale devrait augmenter au début du mois d'août.

Prévision

  • Selon les prévisions de températures pour le reste du mois d'août jusqu'en septembre, les températures devraient être supérieures à la normale dans une grande partie du Canada, et plus probablement dans les régions du Centre et de l'Atlantique. Dans le sud des Prairies, on prévoit des précipitations supérieures à la moyenne, tandis que le nord du Manitoba et la région des Maritimes devraient recevoir des précipitations inférieures à la moyenne.
  • Les prévisions saisonnières pour la période de septembre à novembre indiquent des températures supérieures à la normale pour l'ensemble du Canada. Les précipitations saisonnières indiquent des conditions plus sèches que la normale dans une grande partie de la Colombie-Britannique, le nord de l'Alberta et certaines régions des Maritimes. Le sud des Prairies et le nord-ouest de l'Ontario devraient recevoir des précipitations supérieures à la moyenne.
  • La persistance de températures plus chaudes que la normale devrait offrir de bonnes périodes de récolte; toutefois, les prévisions concernant l’humidité pourraient limiter ces périodes. Les régions touchées par la sécheresse nécessitent davantage d’humidité pour que les cultures puissent atteindre le meilleur rendement possible.

Ce rapport a été créé avec l'aide de notre réseau de bénévoles des Rapports sur les impacts agroclimatiques. Chaque mois, ils nous aident à faire rapport sur les conditions actuelles et les risques liés aux conditions météorologiques pour le secteur agricole du Canada. Si vous souhaitez devenir un bénévole des Rapports sur les impacts agroclimatiques, consultez le site Joignez-vous au réseau.