Sommaire
- Le paysage agricole du Canada constitue un habitat important pour la faune. La plupart des habitats sont des types de couvertures terrestres naturelles ou semi-naturelles, comme les terrains boisés, les milieux humides ou les prairies aménagées.
- Les habitats naturels et semi-naturels fournissent également des services tels que la pollinisation des cultures, la lutte antiparasitaire, l’amélioration de la qualité des sols et de l’eau et la réduction du taux de carbone dans l’atmosphère.
- L'indicateur de la disponibilité des habitats fauniques sur les terres agricoles mesure la quantité d'habitats disponibles pour les espèces sauvages des terres agricoles du Canada et l'évolution de cette disponibilité au fil du temps.
- Le paysage agricole du Canada compte une quantité modérée d’habitats fauniques qui sont demeurés stables ou qui n’ont subi que de légers changements au cours des vingt dernières années. Cependant, certaines régions du Canada sont préoccupantes, ce qui s’explique par une diminution des couvertures terrestres naturelles ou semi-naturelles et une augmentation des terres cultivées annuelles.
- La planification agricole et les pratiques de gestion bénéfiques peuvent aider les agriculteurs à améliorer l'habitat des espèces sauvages des terres agricoles tout en tenant compte des coûts.
Les habitats fauniques sur les terres agricoles : pourquoi sont-ils importants?
Des habitats naturels sains et une faune en santé peuvent fournir des services importants aux terres agricoles; on appelle ces services des biens et services écologiques. Ils incluent la pollinisation des cultures, la lutte antiparasitaire naturelle, l'amélioration du stockage et de la qualité de l'eau et la séquestration du carbone, ainsi que des services culturels tels que l'amélioration de la santé spirituelle, mentale et physique.
Le paysage agricole du Canada fournit un habitat à près de 550 espèces d’oiseaux, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens. Chaque espèce a ses propres besoins en matière d’habitat en fonction de son alimentation et de sa reproduction. Seulement 3 % de ces espèces peuvent satisfaire tous leurs besoins sur les seules terres cultivées annuelles. La plupart des espèces ont besoin d’habitats naturels tels que des forêts, des milieux humides et des prairies. Elles ne peuvent prospérer que si ces habitats sont disponibles.
La moitié des espèces animales terrestres en péril du Canada habitent des terres agricoles à un moment ou à un autre de leur cycle de vie. Les espèces en péril sont des espèces sauvages qui risquent de disparaître du Canada. Pour contribuer à la protection de ces espèces, il est important de comprendre les effets de l'agriculture sur leur habitat. Dans certains cas, des réglementations provinciales ou fédérales (telles que la Loi sur les espèces en péril ou la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs) peuvent également exiger la protection de ces espèces ou de leurs habitats.
Le gouvernement du Canada doit également rendre compte de l'état de la faune sur les terres agricoles et de leurs habitats. Ces rapports permettent au public et aux autres pays de savoir si les terres agricoles du Canada sont saines et quels aspects des pratiques agricoles devraient être améliorés.
Quelle est l'incidence des activités agricoles sur les habitats fauniques?
Les activités agricoles peuvent avoir des répercussions importantes sur la faune. Certaines activités agricoles peuvent dégrader les habitats fauniques des terres agricoles : la conversion d'habitats naturels en terres cultivées ou en pâturages, l'assèchement des milieux humides, l'élimination des brise-vent, l'utilisation de produits chimiques et la mise en pâturage d'une trop grande densité de bétail. Ces changements peuvent réduire la quantité et la qualité des habitats.
Toutefois, les activités agricoles peuvent améliorer les habitats fauniques en conservant ou en restaurant les zones naturelles et semi naturelles. Par exemple, les terres cultivées peuvent offrir un meilleur habitat à la faune si d'autres types de couvertures terrestres sont également présents à proximité. Cela inclut des types de couverture tels que les prairies indigènes (dans l'Ouest canadien) et les pâturages non améliorés (dans l'Est du Canada).
Disponibilité des habitats fauniques sur les terres agricoles : l'indicateur
L’indicateur de la capacité de l’habitat faunique mesure la quantité d’habitats disponibles pour la faune dans le paysage agricole canadien. Il mesure également l’évolution de ce risque dans le temps.
Pour ce faire, l’indicateur détermine d’abord les types de couvertures terrestres dont chaque espèce a besoin pour se nourrir et se reproduire. Deuxièmement, l’indicateur mesure la quantité de chaque type de couverture terrestre dans le paysage agricole canadien. Pour ce faire, il emploie l’imagerie satellitaire et le Recensement de l’agriculture du Canada. L’indicateur mesure les types de couverture terrestre suivants : peuplements, peuplements végétalisés, terres cultivées, prairies aménagées, terrains boisés, forêts en régénération (après une récolte), forêts en régénération (après un incendie), milieux humides boisés, milieux humides, eau et autres terres.
Le gouvernement du Canada calcule l'indicateur de capacité d'habitat tous les cinq ans. Cet indicateur permet au gouvernement de connaître l'évolution de la quantité d'habitats fauniques des terres agricoles au fil du temps. Ces données permettent d'établir où il est nécessaire de modifier les pratiques agricoles.
Les habitats fauniques au Canada : quantité et évolution au fil du temps
Utilisation d'habitats fauniques
Les terres naturelles et semi-naturelles sont très importantes pour la faune (terrains boisés, milieux humides boisés, milieux humides, eau, prairies aménagées et pâturages non améliorés). En 2020, ces types de couvertures représentaient 57 % du paysage agricole. Ils fournissent un habitat de reproduction et d’alimentation pour la plupart des espèces du paysage agricole. Les terres cultivées (33 % du paysage agricole), quant à elles, ne fournissent des habitats de reproduction qu’à 3 % des espèces.
Capacité d'habitat faunique
En moyenne, le paysage agricole du Canada a été classé dans la catégorie « modérée » en termes de capacité d’habitat de reproduction en 2020 : 40 % des terres agricoles ont été classées « élevée » ou « très élevée », tandis que 39 % ont été classées « très faible ». La capacité d’habitat d’alimentation a été classée « modérée » pour la même période : 52 % ont été classées « élevée » ou « très élevée » et 33 %, « modérée ». En général, la capacité d’habitat faunique était la plus faible sur les terres comportant une grande superficie de terres cultivées.
Capacité d'habitat faunique pour la reproduction sur les terres agricoles 2020
Capacité de l'habitat faunique pour l’alimentation sur les terres agricoles 2020
Entre 2000 et 2020, la capacité d’habitat de reproduction et d’alimentation au Canada a été jugée comme « stable/changement léger » en moyenne. Malgré cela, des différences ont été observées d’un bout à l’autre du pays : la capacité d’habitat de reproduction a diminué pour 22 % des terres et la capacité d’habitat d’alimentation a diminué pour 6 % des terres.
Changement de la capacité d'habitat faunique pour la reproduction sur les terres agricoles, 2000 à 2020
Changement de la capacité d’habitat faunique pour l'alimentation sur les terres agricoles, 2000 à 2020
Zones préoccupantes
La diminution de la capacité d'habitat au fil du temps est principalement due à trois facteurs : la perte de couvertures naturelles et semi-naturelles (principalement les prairies aménagées, les terrains boisés et les milieux humides), la perte de terres cultivées vivaces et de pâturages non améliorés, et l'augmentation des terres cultivées annuelles et des peuplements.
Zones côtières (Colombie-Britannique et Maritimes)
Les zones préoccupantes comprennent les basses terres continentales de la Colombie-Britannique, les vallées fluviales centrales du plateau Thompson-Okanagan, le centre de l'Île-du-Prince-Édouard et les basses terres d'Annapolis-Minas en Nouvelle-Écosse. Le déclin de la capacité d'habitat a été causé par trois facteurs principaux. La perte de terrains boisés a été causée principalement par l'exploitation forestière régionale (dont la majeure partie n'a pas eu lieu directement sur des terres agricoles). La perte de terres cultivées vivaces et l'augmentation des peuplements (principalement l'expansion urbaine dans les basses terres continentales de la Colombie-Britannique) ont également joué un rôle.
Prairies
Une grande partie des Prairies a une capacité d'habitat « Faible » ou « Très faible », de sorte que de nombreuses zones y sont préoccupantes. Le déclin de la capacité d'habitat a été causé par la perte de prairies aménagées, de pâturages non améliorés, de milieux humides et de terres cultivées vivaces, ainsi que par l'augmentation des terres cultivées annuelles.
Centre du Canada
Les zones préoccupantes comprennent les basses terres de Manitoulin-Lac Simcoe et du lac Érié en Ontario, ainsi que les basses terres du Saint-Laurent au Québec. La diminution de la capacité d'habitat a été causée par la perte de terres cultivées vivaces, de pâturages non améliorés et de terrains boisés, ainsi que par l'augmentation de terres cultivées annuelles et de peuplements.
Comment améliorer les habitats fauniques des terres agricoles?
La plupart des terres agricoles du Canada sont de propriété privée. Par conséquent, les activités des agriculteurs peuvent avoir des répercussions majeures sur les habitats fauniques du Canada. Il peut être difficile de maintenir les habitats fauniques des terres agricoles. Certains types d'agriculture très rentables nécessitent l'élimination des couvertures terrestres naturelles et semi naturelles. Cependant, ces types de couvertures terrestres sont ceux dont la faune a le plus besoin.
De nombreux programmes existent au Canada pour encourager les agriculteurs à conserver ou à restaurer les habitats fauniques. Grâce à la planification environnementale à la ferme, les agriculteurs apprennent comment leurs décisions touchent la faune des terres agricoles. Les pratiques de gestion bénéfiques peuvent aider les producteurs à conserver ou à améliorer les habitats fauniques des terres agricoles tout en tenant compte des coûts. Voici des exemples de pratiques de gestion bénéfiques :
- la gestion des zones riveraines et des boisés;
- la conversion des terres cultivées marginales en couvertures permanentes;
- la plantation ou l'entretien des brise-vent et des haies;
- le retardement de la fenaison;
- la conservation des milieux humides et des zones tampons des milieux humides;
- la conservation des terres naturelles et semi naturelles.
Glossaire
Peuplement
couverture des terres urbaines et bâties
Peuplement végétalisé
zone végétalisée à proximité d’un peuplement
Terres cultivées
terres utilisées pour des cultures annuelles (cultures qui doivent être semées chaque année, comme le maïs) ou des cultures vivaces (cultures qui n’ont pas besoin d’être semées chaque année, comme les arbres fruitiers)
Prairies aménagées
prairies naturelles et zones arbustives utilisées pour le pâturage du bétail
Terrains boisés
zones couvertes d’arbres
Forêts en régénération après une récolte
zones où la forêt repousse après avoir été coupée il y a moins de 20 ans
Forêts en régénération après un incendie
zones où la forêt repousse après un incendie survenu il y a moins de 20 ans
Milieux humides
zones où le sol est saturé d’eau pendant au moins une partie de l’année et où la végétation émergente est présente
Milieux humides boisés
zones où le sol est saturé d’eau pendant au moins une partie de l’année et où l’on trouve des arbres ou des arbustes émergents
Eau
zones couvertes d’eau sans végétation émergente
Autres terres
terres non végétalisées telles que du roc, des plages, de la glace ou des landes
Pâturages non améliorés
zones naturelles utilisées comme pâturages
Couvertures terrestres naturelles
zones non modifiées par les actions humaines, y compris les terrains boisés et les milieux humides
Couvertures terrestres semi-naturelles
zones sans végétation plantée par les humains, mais influencées par des actions humaines, telles que les prairies aménagées
Description de l'image ci-dessus
Une infographie montrant un paysage agricole avec des cultures, un tracteur, de la terre et du bétail en pâturage adjacent à un paysage naturel avec un cours d'eau, une forêt et des animaux sauvages. Des encadrés d'information sont placés pour montrer à quel élément du paysage se rapporte chaque indicateur de durabilité agricole. Des flèches relient certaines zones d'informations pour montrer les interrelations. Un encadré d'information est présent pour chacun des indicateurs suivants : couverture du sol, matières particulaires, matière organique du sol, érosion des sols, salinisation des sols, azote, pesticides, phosphore, ammoniac, gaz à effet de serre, coliformes et habitat faunique.
Les indicateurs agroenvironnementaux (IAE) d’Agriculture et Agroalimentaire Canada sont comme un instantané à fondement scientifique de l’état actuel des performances agroenvironnementales du Canada et de leurs tendances en ce qui concerne la qualité des sols (matière organique du sol, érosion du sol, salinisation des sols), la qualité de l’eau (azote, pesticides, phosphore, coliformes), la qualité de l’air (particules, ammoniac, émissions de gaz à effet de serre) et la gestion des terres agricoles (utilisation des terres agricoles, couverture du sol, habitat faunique). Même si les résultats des indicateurs sont présentés séparément, les agroécosystèmes sont complexes, et de nombreux indicateurs sont donc interreliés. Cela signifie que les changements notés concernant un indicateur peuvent être associés à des changements touchant d’autres indicateurs également.
Autres sources et documents à télécharger
Visualiser et télécharger des données géospatiales en lien avec ces indicateurs et d’autres indicateurs agroenvironnementaux..