Lutter contre la faim au Canada à la manière de l’Armée du Salut

La pandémie de COVID-19 est une période difficile pour de nombreux Canadiens. Elle est encore plus difficile pour les Canadiens qui étaient déjà vulnérables, notamment ceux qui avaient déjà du mal à payer leur facture d’épicerie. Les banques alimentaires disent que les besoins n’ont jamais été aussi grands, et bon nombre de familles ont été forcées de demander de l’aide pour la première fois.

Les banques alimentaires et d’autres organismes de bienfaisance ont dû trouver des solutions créatives pour s’assurer que tout le monde avait accès à des aliments sains, tout en veillant à la sécurité des bénévoles et des clients par la distanciation physique. Agriculture et Agroalimentaire Canada accentue ces efforts grâce au Fonds d'urgence pour la sécurité alimentaire, Fonds des infrastructures alimentaires locales, et le Programme de récupération d’aliments excédentaires, lesquels sont offerts aux organismes communautaires, comme l’Armée du Salut, qui y ont recours pour améliorer l’accès à des aliments salubres, sains et culturellement diversifiés pendant cette période sans précédent.

Nous avons présenté quelques-uns des grands projets de bénévolat qui se déroulent dans les banques alimentaires du pays, notamment la banque alimentaire de Peachland en Colombie-Britannique, les banques alimentaires Greener Village et West Side au Nouveau-Brunswick et la Glace Bay Food Bank Society en Nouvelle-Écosse.

Aujourd’hui, nous saluons les bénévoles de l’Armée du Salut en racontant certaines de leurs histoires.

L’Armée du Salut : une histoire d’espoir

Photo historique de deux travailleurs de l'Armée du Salut
Le travail de l’Armée du Salut au Canada a commencé en 1882.

L’Armée du Salut a toujours compris et défendu l’importance d’un repas sain pour la dignité d’une personne. Depuis ses débuts au Canada en 1882, un repas nutritif, servi avec attention dans le respect de la personne, est le fondement du travail de l’Armée du Salut. Son système novateur de soupes populaires, une idée controversée à l’époque, a contribué à en faire l’organisation de confiance qu’elle est aujourd’hui. Au fil des ans, l’Armée du Salut a su évoluer en même temps que les besoins des Canadiens, mais sa philosophie directrice reste la même : l’espoir n’est possible que si l’estomac est plein.

Cette mission est d’autant plus importante dans le contexte de la pandémie de COVID-19, qui impose une pression supplémentaire sur les finances des Canadiens. L’Armée du Salut a vu les besoins se multiplier par cinq dans certaines collectivités. En fait, c’est la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale que l’Armée du Salut au Canada voit une augmentation aussi marquée du nombre de personnes qui demandent de l’aide.

Calgary : un nouveau programme de distribution de denrées alimentaires

À Calgary, des bénévoles ont apporté des denrées alimentaires dans le coffre des gens pour les aider tout en respectant les mesures de distanciation physique.

Jane Ellen Forbes, gestionnaire des portefeuilles ministériels communautaires à l’Armée du Salut à Calgary, travaille au sein de l’organisation depuis 2013. Elle a commencé comme employée saisonnière et faisait le tour de la ville la nuit pour recueillir les dons pendant la fameuse « campagne des marmites de Noël » de l’organisme. On lui a par la suite demandé de coordonner la campagne des marmites, ce qui a marqué le début d’une carrière à l’Armée du Salut qu’elle qualifie d’« emploi de rêve ». « Le fait de veiller à ce que les gens aient de quoi manger a toujours été une grande passion pour moi », dit-elle.

Jane Ellen et les Services communautaires de l’Armée du Salut ont organisé des activités éphémères de distribution de denrées alimentaires aux quatre coins de la ville. Les personnes ayant besoin d’aide pouvaient ouvrir leur coffre et demeurer dans leur véhicule pendant que des bénévoles leur remettaient les produits alimentaires de leur choix. L’initiative a vu le jour pour permettre de continuer à offrir un service quand les programmes de repas chauds pour les enfants ont été interrompus en raison de la fermeture des écoles. En juillet, plus de 3 000 personnes, dont la moitié étaient des enfants, avaient déjà profité de cette initiative. L’activité a été couronnée de succès et a permis à l’Armée du Salut de répondre à l’augmentation des besoins pendant la pandémie, tout en assurant la sécurité des bénévoles et des clients par la distanciation physique.

Jane Ellen a encore du mal à trouver les mots pour expliquer cette expérience. « Ça a été les deux heures les plus folles de ma vie. Nous ne nous attendions pas à ce que tant de personnes aient besoin d’aide », dit-elle à propos de cette première journée. « Tout à coup, des personnes qui n’avaient jamais eu à demander de l’aide auparavant ne savaient plus quoi faire. » Ce qui n’était au départ qu’un modeste effort pour aider les personnes touchées par la pandémie s’est rapidement transformé en une expérience mémorable et enrichissante pour Jane et les autres personnes qui se sont mobilisées pour aider. « Nos deux petites journées de distribution de denrées ont permis de fournir une grande quantité de nourriture à la population », explique Jane Ellen. « Ce fut la meilleure expérience de ma vie. » Outre l’objectif immédiat de fournir de la nourriture à ceux qui en ont besoin, les activités éphémères ont aidé l’Armée du Salut à établir des contacts importants avec d’autres organismes caritatifs.

Hamilton : aide aux personnes ayant des troubles du développement

Les employés de la cuisine communautaire de Lawson Ministries préparent des repas frais pour les clients
Les employés de la cuisine communautaire de Lawson Ministries préparent des repas frais pour les clients.

À Hamilton, en Ontario, le Lawson Ministries de l’Armée du Salut est un réseau de personnes qui s’efforce de fournir un soutien à des personnes souffrant de troubles du développement et à leurs familles, et de favoriser leur inclusion sociale. Deanna Finch-Smith, directrice générale de Lawson, travaille pour l’organisation depuis 24 ans et défend avec passion la cause des personnes handicapées. Enfant, elle passait beaucoup de temps avec une personne de son voisinage qui avait un trouble du développement, et cette amitié a eu un impact considérable sur elle. Elle a décidé de s’inscrire au programme de travailleur de soutien aux personnes handicapées au collège Fanshawe. Elle a occupé un large éventail d’emplois dans ce domaine avant de devenir directrice générale de Lawson Ministries.

Pour assurer la sécurité de ses clients durant la pandémie, Lawson fournit des repas nutritifs préparés dans une cuisine industrielle et livrés à domicile. Certains clients auraient du mal à se déplacer dans les épiceries dont la configuration a été modifiée pour satisfaire aux exigences de distanciation physique, et la cuisine de Lawson était prête à relever le défi.

« La pandémie de COVID-19 nous a rapidement frappés », indique Deanna. « Nous voulions réduire les risques de contamination et de transmission de la maladie, alors nous avons commencé à livrer régulièrement des repas au domicile des gens que nous servons. Une généreuse subvention d’Agriculture et Agroalimentaire Canada nous a permis de soutenir cette initiative. »

Pour Deanna et son équipe, préparer des repas sains pour leurs clients ne se limite pas à satisfaire un des besoins essentiels de la vie. Le fait de planifier, de préparer et de partager un repas avec une autre personne est un acte extrêmement significatif qui nous aide à nous sentir liés aux personnes qui nous entourent. L’équipe s’efforce de faire en sorte que les clients aient leur mot à dire sur le menu et qu’ils participent à la préparation des repas dans la mesure du possible.

Lorsque les restrictions imposées en raison de la pandémie de COVID-19 seront levées, elle souhaite que les clients puissent apprendre auprès des chefs de la cuisine communautaire et suivre une formation pour travailler dans des restaurants ou des cuisines. Pour l’équipe dévouée de Lawson, il s’agit d’un élément essentiel de leur vision d’une société où chacun a sa place. Selon Deanna, il s’agit simplement de respecter les droits de la personne et de traiter chaque personne « comme un membre précieux de sa communauté en lui offrant toutes les possibilités dont bénéficient les autres ».

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