Les premiers seize pour cent - EP 006

Les premiers seize pour cent est la nouvelle série de balados d’Agriculture et Agroalimentaire Canada qui explore les idées les plus fraîches en alimentation et en agriculture. À chaque épisode, découvrez en profondeur un nouveau sujet : les nouvelles pratiques, les idées innovantes et leurs impacts sur l'industrie. Apprenez-en davantage sur le secteur agricole canadien auprès des gens qui font les percées et abattent les barrières! Producteurs et gourmets, scientifiques et hauts dirigeants, toute personne ayant un œil sur l'avenir du secteur, ce balados est pour vous! Nouveaux épisodes toutes les deux semaines.

Épisode 006 - La nouvelle génération : qui va produire votre nourriture demain?

Rencontrez la prochaine génération de Canadiens qui travaillent dans le secteur agricole et agroalimentaire. Jerry Bos, jeune producteur laitier et coprésident du Conseil canadien de la jeunesse agricole, nous fait part de sa vision de l'avenir. La ministre Marie-Claude Bibeau nous explique pourquoi il est important d'avoir de jeunes agriculteurs comme Jerry et les autres membres du conseil à la table de décision.

Transcription

Jerry : Je pense que quand vous êtes plus jeune, votre cerveau fonctionne selon des règles, des prémisses et des principes différents. Je pense que nous sommes plus susceptibles de prendre des décisions fondées sur des idéaux que sur des réalités perçues. Ça peut paraître un peu naïf, mais c’est aussi un catalyseur de changement. L’innovation et le progrès sont définis par ces idéaux. La majeure partie des progrès de l’humanité repose sur notre imagination et notre volonté de transformer cette imagination en réalité.

Kirk : Re-bienvenue à nouveau au First Sixteen. Je suis votre coanimateur Kirk Finken.

Sara : Je suis votre autre coanimatrice, Sara Boivin-Chabot.

Kirk : Cette voix que vous venez d'entendre est l'avenir de l'agriculture au Canada.

Sara : L'avenir a l’air intelligent.

Jerry : Je m’appelle Jerry Bos. Je suis un producteur de troisième génération.

Kirk : Jerry a 31 ans. Lui et sa famille dirigent une exploitation laitière à Salisbury, au Nouveau-Brunswick.

Sara : Il n'est pas seulement la voix de l'avenir en agriculture, il fait partie du nouveau Conseil canadien des jeunes agriculteurs qui conseille notre ministère.

Kirk : Et il est co-président. Ce groupe est composé d'agriculteurs, de vétérinaires, d'entrepreneurs, d'innovateurs et plus encore. Ce sont des gens vraiment expérimentés. Ce sont tous des gens qui se soucient de notre alimentation et de notre planète. Nous parlons de gens avec des qualités de super héros. Et ils vont te nourrir dans ta vieillesse, tes enfants et tes petits-enfants.

Sara : D'accord, alors quelle est l'histoire de Jerry? Qu’est-ce que ça prend pour être un super héros.

Kirk : Je vais le laisse le dire dans ses propres mots.

Jerry : Je suis donc de la troisième génération de producteurs. Mon grand-père est parti des Pays-Bas. Il venait d’une ferme de subsistance et il a travaillé au Canada avec son frère pendant une dizaine d’années pour économiser suffisamment d’argent pour s’acheter une ferme. Nous avions des porcs et des bovins. C’est le système dans lequel j’ai grandi. Malheureusement, quand j’avais 12 ans, l’ESB, ou maladie de la vache folle (comme on dit), a frappé le Canada assez durement. Je crois que c’était en 2001, si je ne m’abuse. C’était la première fois que je faisais face à un effondrement du marché ou à un échec quelconque. On a vu la demande et le prix des bovins dégringoler. Il a donc fallu restructurer notre ferme. On s’est concentré davantage sur le porc. On a intensifié la production, rénové certaines de nos étables et installé les porcs dans ces étables. En 2005, à 16 ans, une autre crise a touché la ferme. Notre abattoir local a été vendu à une grande société. Cette entreprise exploitait l’usine avec la promesse ou dans l’idée qu’elle continuerait de fonctionner comme si de rien n’était. Cet arrangement n’a pas duré très longtemps. Je crois que c’était en 2006. On nous a demandé d’expédier nos porcs hors de la province à nos frais. Au départ, c’était en Nouvelle-Écosse, puis en Ontario. Nos coûts de transport ont plus que quadruplé. Essentiellement, sur une courte période, une activité qui nous faisait vivre convenablement a été complètement chamboulée.

Sara : Oui, je vois. C’est une histoire similaire qui s’est déroulée partout au Canada au cours des 30 dernières années.

Kirk : Les familles agricoles sont intelligentes et coriaces. Et depuis 30 ans, elles ont dû devenir plus intelligentes et plus résistantes. C’est pour ça que je parle en termes de super héros.

Jerry : Mon père a fait preuve de beaucoup de résilience et de détermination. Il s’est tourné à nouveau vers les bovins. Il a constitué un troupeau de naissage vache-veau et a commencé à élever des veaux ainsi que des veaux provenant de fermes laitières. Mais finalement, une occasion s’est présentée. Et il a acheté la quincaillerie avec ses deux frères et un autre partenaire.

Kirk : Alors, Sara, c'est le point de l'histoire où l'on pourrait penser qu'ils jettent l'éponge - cette famille déménage en ville. N’est-ce pas? Mais non.

Sara : Ah non? C’est quoi la suite?

Kirk : Jerry étudiait l’histoire à l’université. Il a retrouvé ce vieux sentiment agraire. Il a laissé tomber l’histoire pour un diplôme en gestion agricole. Et il a reçu un appel de son père. Son père veut redémarrer la ferme. Et qu’à dit Jerry?

Jerry : Évidemment, j’ai sauté sur l’occasion; on regardé ça et on s’est dit, d’accord, comment on peut nous assurer que ce soit durable et qu’on pourra réussir à long terme? En fait, c’est mon père qui a suggéré qu’on examine l’industrie laitière en particulier, pour son modèle de gestion de l’offre. J’étais vraiment très intéressé, simplement parce que cela garantissait un prix équitable aux producteurs. Ça nous a donné quelque chose qu’on avait jamais eu auparavant, que j’aurais plus de chances de réussir si je pouvais m’assurer qu’on exerçait un certain contrôle sur le marché. Dans cette optique, on a établi un plan d’affaires. On s’est adressé à plusieurs banques. C’est seulement au quatrième essai qu’on a pu convaincre quelqu’un de nous donner une chance. On a commencé à traire 44 vaches, il y a 7 ans et demi et on a grandi. Maintenant on triait 97 vaches. Je suis maintenant au point où j’envisage de diversifier ou d’intégrer verticalement ou horizontalement d’une façon ou d’une autre. Je suis très fier de l’histoire de notre famille et de ce qu’on a accompli depuis la réouverture de la ferme.

Sara : Cela demande du cran. Et la passion.

Kirk : Cent pour cent! Et c’est ce que j’ai dit. J'ai dit quelque chose sur sa passion. Et il l'a recadrée…de façon magnifique.

Jerry : Je pense que le mot passion est probablement le mot qui convient le mieux pour décrire l’agriculture dans son ensemble. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai vraiment choisi de revenir en arrière, pas nécessairement par passion personnelle ou passion familiale, mais pour la communauté dans laquelle nous vivons. Et cela ne s’applique pas seulement aux producteurs primaires, mais aussi à l’ensemble de la chaîne. Ma femme, qui travaille à l’extérieur, dans le magasin de la coopérative locale qui vend des semences et des engrais, mon vétérinaire, des gens comme vous, au gouvernement, qui aident à établir des liens entre les consommateurs et les producteurs. Tous les membres de cette communauté sont passionnés. On vit pour l’agriculture. Et c’est la base de toute notre existence moderne. C’est difficile de ne pas tomber amoureux de l’agriculture.

Sara : Ça fait presque 15 ans que je travaille avec les agriculteurs et j’ai toujours eu énormément de respect pour eux. Je comprends pourquoi tu les appelles des super-héros. C’est clair qu’il faut trouver des moyens pour que des producteurs passionnés, et les autres du conseil, se retrouvent à la grande table. C’est là que les décisions sur leur avenir sont prises. Le conseil est un des moyens possibles. Je voulais parler à la ministre Marie-Claude Bibeau à ce sujet là. C'est elle qui a demandé la formation du Conseil canadien de la jeunesse agricole.

Sara : Bonjour Madame Bibeau.

Ministre : Bonjour

Sara : Quelle a été votre motivation pour créer le conseil des jeunes?

Ministre : On voulait parler de l'avenir du secteur de l'agriculture et toutes les réunions auxquelles j'assistais se faisaient en majorité avec des hommes d'expérience. Alors je me suis dit rapidement non, il faut avoir plus de femmes autour de la table. Il faut aussi avoir plus de jeunes. On parle d'avenir et peut être qui voient l'avenir d'une façon différente. J’ai jamais aucun doute sur les bonnes intentions de tous les membres des différents comités, mais en même temps, de faire le mieux pour nos enfants, ce n'est pas comme de les écouter et de vraiment leur laisser une place à la table des décisions.

Sara : Pourquoi est-il important que les jeunes influencent d’avantage le secteur agricole?

L'avenir leur appartient, donc je pense que c'est tout à fait légitime qu’ils participent à la discussion et aux décisions qui vont avoir un impact sur eux. Ils ont une vision différente. Ils ont des priorités différentes. Ne serait-ce que de parler d'agriculture durable. Ils parleront pas seulement d'économie. Ils vont parler d'environnement et des aspects sociaux, entre autres la santé mentale, qui est un élément qui leur tient à cœur et dont ils veulent parler et pour lesquels ils veulent trouver des solutions.

Sara : Que pouvons-nous nous attendre à voir dans les mois à venir pour le conseil des jeunes?

Ministre : Je veux vraiment que ce soit eux qui orientent nos discussions. Alors je peux vous dire qu'à la première rencontre, ils ont démontré beaucoup d'intérêt pour toute la question de la diffusion de l'information, entre autres la confiance du public envers notre agriculture canadienne, mais aussi le partage des bonnes pratiques durables en agriculture. Tout de suite, ça nous a amenés à préparer une deuxième rencontre où est-ce qu’on va les mettre à contribution dans l'élaboration d'un des volets de la politique, la politique alimentaire, qui vise directement la sensibilisation du public face au secteur agricole.

Kirk : On était à cette rencontre et il y avait beaucoup d’énergie dans la salle.

Sara : Jerry et les membres du conseil vont discuter de leur propre avenir. D’après Jerry, qu’est-ce qu’on doit faire pour assurer un avenir sain à l’agriculture?

Kirk : C’est certain, lui, il voit à long terme.

Jerry : L’agriculture est une entreprise de longue haleine. Vous n’investissez pas pour cinq ans. Vous investissez pour 15 ans ou plus. Il faut élaborer une politique en conséquence pour l’avenir. On ne peut pas prendre de décisions sans voir les choses sous cet angle et s’attendre à une continuité ou à un succès à long terme. La majeure partie des progrès de l’humanité repose sur notre imagination et notre volonté de transformer cette imagination en réalité. Des gens comme le Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela et beaucoup d’autres de ces gens qui changent le monde simplement en rêvant de quelque chose de mieux et en poursuivant ce rêve jusqu’à sa conclusion ou même en exigeant que ce changement soit fait. Les jeunes, plus que tout autre groupe, sont capables de concrétiser ces rêves.

Sara : Alors, il faut être un rêveur?

Kirk : Un rêveur qui se réveille et passe à l'action.

Jerry : Si je regarde dans ma boule de cristal, à quoi ressemblera l’agriculture dans 10, 20 ou 30 ans, surtout à la lumière d’une catastrophe comme la COVID-19 et des changements de priorités qu’elle a entraînés? De façon générale, je pense qu’au pays, du moins, les gens d’aujourd’hui et probablement de demain voudront que leurs aliments soient produits plus près de chez eux, et de façon plus durable sur le plan environnemental et éthique. Et enfin, économiquement viable. Le dernier élément de la viabilité économique concerne les consommateurs, pas seulement les producteurs.

Kirk : Ouais, mais comment y parvenir?

Jerry : Je m’attends à ce que les exploitations agricoles diversifient leurs activités ou cherchent à établir des partenariats dans des secteurs agricoles complémentaires ou dans des secteurs comme le secteur de l’énergie ou la gestion des déchets, par exemple. À mon avis, il est tout à fait logique qu’un producteur laitier comme moi veuille travailler avec le céréaliers ou le maraîcher pour que les uns et les autres soient plus rentables. Sur le plan technologique, nous sommes l’une des plus grandes sources potentielles d’énergie renouvelable, comme l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Mais en plus, les exploitations d’élevage peuvent capter le méthane avec des biodigesteurs. Ce sont trois sources d’énergie durable qui vont aider les exploitations agricoles à devenir plus durables, mais aussi plus viables sur le plan économique.

Sara : D'où vient ce type? Ce n’est pas votre producteur laitier moyen. En plus d’être un homme d’affaire, c’est tout un philosophe!

Kirk : Et c’est pour ça qu’on a besoin de gens comme Jerry à la table des décisions.

Jerry : J’aime à penser ainsi...Elon Musk prévoit aller vivre sur Mars quand cela sera possible. L’une des premières choses qu’il devra faire, c’est de créer un approvisionnement alimentaire constant et durable. Il devra mesurer la demande, créer l’offre appropriée pour y répondre. La surproduction serait un gaspillage inefficace et l’offre insuffisante serait catastrophique pour la réussite. La façon évidente d’aborder le système passe par la planification stratégique et la gestion de l’approvisionnement alimentaire. Si on applique la même mentalité à notre planète, on devrait pouvoir coexister pacifiquement avec notre environnement.

Sara : Je comprends pourquoi ils le voulais au conseil jeunesse.

Kirk : Et c'était intéressant aussi. Notre producteur de balado, Joseph Pauls, lui a demandé ce qui l'avait motivé à proposer son nom pour le conseil, et plus particulièrement en tant que coprésident.

Jerry : J’ai proposé ma candidature à la coprésidence parce que je crois honnêtement que toutes les subtilités dont nous avons parlé, toutes les nécessités d’un système agricole efficace dépendent des agriculteurs. Je suis un producteur primaire, et si la politique ne fonctionne pas pour moi ou pour des gens comme moi qui produisent des aliments tous les jours, alors le système ne fonctionne pas du tout.

Sara : Nous avons besoin de plus de gens comme Jerry.

Kirk : En effet. Et ils sont parmi nous. Nous devons les attirer dans le secteur agricole. Et Jerry a également un argument convaincant pour cela.

Jerry : L’une des clés de l’avenir de l’agriculture sera d’attirer de nouveaux producteurs. Si vous regardez la démographie des producteurs agricoles d’aujourd’hui. Beaucoup d’entre eux sont dans la cinquantaine ou la soixantaine. Certains auront des successeurs. D’autres non. Nous en sommes déjà au point où environ 200 personnes sont nourries par un seul producteur. Par conséquent, en attirant de nouveaux producteurs pour avoir le plus grand nombre possible de producteurs, on crée de la résilience et on apporte de la sécurité dans le système. Mais ça stimulera aussi l’innovation, le changement et l’évolution de nos pratiques. Parce qu’il y a maintenant des gens de l’extérieur qui ont un point de vue complètement différent du mien. J’ai grandi dans le domaine de l’agriculture, alors certaines des méthodes et des pratiques que j’emploie sont enracinées dans la tradition, dans l’histoire. Par contre, une personne qui arrive en agriculture et qui vient d’un milieu complètement différent aura une compréhension différente de la question ou de la situation. Et son approche sera complètement différente. Et elle peut trouver une méthode, une approche encore meilleure que la mienne. Et ça, c’est inestimable.

Kirk : D'accord, Jerry, mais quand j'écoute votre histoire de famille, ce n'est pas pour les âmes sensibles. Pourquoi choisir l'agriculture comme carrière? Pourquoi vous avez fait ça?

Jerry : C’est probablement la question la plus difficile que vous m’avez posée, parce que je pense que c’est l’une des questions que le conseil sera chargé de régler. Je pense que c’est la grande difficulté de l’agriculture jusqu’à maintenant, comment attirer de nouveaux venus.

Plusieurs facteurs m’ont amené à conclure que le retour à la maison et à l’exploitation agricole étaient la bonne décision, la première étant que je devais rendre des comptes à moi-même plus qu’à n’importe qui d’autre. Je n’aimais pas l’idée de travailler pour un grand groupe de personnes, pour un système sur lequel je n’avais aucun contrôle. Je voulais pouvoir construire quelque chose dans lequel je pouvais instinctivement appliquer mes valeurs et prendre des décisions en fonction de ce que j’estimais être juste. C’est ce qui m’a motivé à créer ma propre ferme, ma propre entreprise. Une autre valeur qui a rendu cette décision relativement facile, c’est l’histoire de ma famille. J’en suis très fier. Poursuivre cette tradition me plaisait beaucoup.

Sara : J’avais une dernier question pour la ministre Marie-Claude Bibeau. Quand vous regardez les visages des membres du conseil, quand vous entendez parler. Comment voyez-vous l'avenir de notre secteur?

Ministre : Je pense que c’est très encourageant. Il sont particulièrement dynamique, ambitieux, dans le sens positif du terme, très sensibles aussi, comme je le disais un peu plus tôt, la question de l’agriculture durable c’est important pour eux et c’est important que ce soit bien équilibré au niveau économique, au niveau environnemental et au niveau social.

Kirk : Oui, c'est très prometteur. Savais-tu qu'il y avait 800 candidats pour siéger au conseil des jeunes? Alors, cette prochaine génération? Nous parlons d'une génération de personnes totalement engagées dans les questions de l'agriculture et de l'alimentation.

Sara : D’ailleurs on continuer à suivre le conseil jeunesse, on va inviter d’autres membres dans différents épisodes.

Kirk : Et tu sais ce est prometteur aussi? Nos prochains épisodes. Nous parlerons de la réduction du gaspillage alimentaire et des femmes leaders dans notre secteur.

Sara : On a reçu des suggestions et des commentaires intéressants, si vous avez de participer à la conversation, écrivez-nous ou utilisez le mot-clé #LesPremiers16 dans les médias sociaux. Et d'ici là, vous savez quoi faire…

Kirk : Oui, bien sûr. Explorer!

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