Les premiers seize pour cent - EP 009

Les premiers seize pour cent est la nouvelle série de balados d'Agriculture et Agroalimentaire Canada qui explore les idées les plus fraîches en alimentation et en agriculture. À chaque épisode, découvrez en profondeur un nouveau sujet : les nouvelles pratiques, les idées innovantes et leurs impacts sur l'industrie. Apprenez-en davantage sur le secteur agricole canadien auprès des gens qui font les percées et abattent les barrières! Producteurs et gourmets, scientifiques et hauts dirigeants, toute personne ayant un œil sur l'avenir du secteur, ce balados est pour vous! Nouveaux épisodes toutes les deux semaines.

Épisode 009 - Laboratoires vivants Québec

Découvrez l'Initiative des laboratoires vivants et sa nouvelle approche révolutionnaire de l'innovation. Elle réunit des agriculteurs, des scientifiques et d'autres collaborateurs pour traiter des questions agroenvironnementales dans une réserve de la biosphère de l'UNESCO.

Transcription

Martin Caron : Mais je pense qu'on a l'impression des fois que les chercheurs cherchent sur le côté et que les producteurs font des choses mais ce maillage-là qu'on est en train de mettre en place avec la formule de laboratoire vivant, moi, je pense au-delà des recherches qu'on ou des connaissances qu'on va aller chercher, juste ce principe-là va faire des gains.

Sara : Bienvenue aux Premiers seize pour cent. Je suis votre co-animatrice, Sara Boivin-Chabot.

Kirk : Et je suis votre autre co-animateur, Kirk Finken.

Sara : Vous savez comment nous terminons toujours nos épisodes ? Et je vous dis d'explorer? Essayer quelque chose de nouveau?

Kirk : Oui. Je sais où tu t'en va…

Sara : Eh bien, aujourd'hui, nous commençons par cette idée d'explorer un nouveau modele scientifique vraiment nouveau. Nous parlons avec deux personnes du nom de Martin qui incarnent cet esprit. Ils sont deux des principaux participants à une toute nouvelle approche de la science agricole, appelée Laboratoires vivants.

Kirk : Un certain Martin - Martin Chantigny - est chercheur principal à Agriculture et Agroalimentaire Canada. L'autre Martin - Martin Caron - est un producteur laitier et céréalier près du lac Saint-Pierre, au Québec. Il est également le vice-président de l'Union de producteurs agricoles.

Sara : Ils travaillent sur certains des problèmes les plus urgents de notre époque liés à l'agriculture durable. Et ils y travaillent selon une approche transdisciplinaire qui rassemble des producteurs et des scientifiques, ainsi que toute une communauté d'acteurs et d'experts.

Kirk : Leur projet se déroule près du lac Saint-Pierre, qui est en fait l'endroit où le fleuve Saint-Laurent s'élargit en un lac. Il est situé entre Montréal et Québec.

Sara : C'est une région riche en agriculture. Et c'est un écosystème très riche qui fait partie du réseau mondial des réserves de biosphère de l'UNESCO.

Kirk : Ainsi, les solutions qu'ils recherchent pour une agriculture durable sont en réalité des solutions pour la durabilité de l'écologie de la région. Il s'agit d'une approche complexe de la science - avec un grand potentiel de changement réel.

Sara : J'ai d'abord entretenue avec Martin Chantigny, notre scientifique, pour obtenir la définition de « Laboratoires vivants. »

Sara : Qu'est ce qu'un laboratoire vivant?

Martin Chantingy : Un laboratoire vivant à la base, c'est une approche qui permet de développer dans les communautés et par les communautés des solutions aux problèmes vécus. Ça se fait par une expérimentation intuitive qui tient compte des réalités sociales du milieu.

Agriculture et Agroalimentaire Canada reprend le principe et y ajoute une implication directe des chercheurs dans le processus d'expérimentation afin d'accélérer le développement et l'adoption des solutions dans les communautés agricoles.

Sara : Ta réponse est assez théorique. Concrètement, qu'est ce que ça veut dire? Un laboratoire vivant en agriculture? De quoi ça a l'air?

Martin Chantigny : Concrètement, un laboratoire vivant, c'est un endroit où on va retrouver des chercheurs, mais aussi les usagers de la recherche, comme les producteurs agricoles, mais aussi d'autres intervenants, par exemple des organismes de bassins versants tout ça, qui vont discuter ensemble sur les besoins de recherche, sur la façon de faire la recherche pour développer des solutions à des problèmes souvent complexes comme les changements climatiques, la pollution de l'eau, et qui vont vraiment travailler ensemble à développer des pratiques innovantes, des solutions qui tiennent compte de la réalité de la communauté où ces solutions vont être adoptées.

Kirk : D'accord, mais quel est exactement l'objectif du projet Laboratoires Vivants Québec?

Sara : Ils examinent les éléments de base d'une agriculture durable, à savoir la qualité des sols et de l'eau. Et ils l'envisagent sous l'angle du changement climatique.

Kirk : Je ne suis pas un scientifique, mais on dirait que cela peut être très vaste. Où ou comment ont-ils commencé?

Sara : Ce n'est pas du tout le point de départ normal pour la science traditionnelle. Ils ont commencé par construire... les relations.

Kirk : hmm

Living Labs, c'est le co-développement de solutions. Et pour cela, vous devez établir des relations entre les différents acteurs - producteurs, scientifiques, communauté, entreprises non agricoles, etc.

Kirk : D'accord. Mais, en établissant les relations, n'examinent-ils pas aussi les questions scientifiques réelles?

Sara : Oui, ils le sont. Il y a des fruits qui pendent, si vous voulez. Et il y a une question beaucoup plus complexe. Ils ont commencé avec les meilleures pratiques pour les cultures de couverture du sol et l'élargissement des zones riveraines. Ce sont des choses faciles pour aider le sol et la qualité de l'eau. Et la question plus complexe est de se pencher sur la présence de métaux lourds et d'agents pathogènes dans l'écosystème.

Kirk  : Il me semble que la question plus complexe peut aussi être liée aux fruits qui pendent. Non?

Sara : Totalement. Et c'est, je pense, la raison pour laquelle le co-développement des solutions est important.

Kirk : Martin, le scientifique, a-t-il également expliqué ce concept de co-développement? C'est un terme que je n'arrête pas d'entendre quand je parle de Laboratoires vivants.

Sara : C'est vraiment un principe de base des Laboratoires vivants. Et c'est exactement comme ça que ça sonne. Les solutions sont élaborées ensemble, jamais isolément, jamais en silos. C'est transdisciplinaire. Cela signifie une solution holistique qui transcende les disciplines. Et cela signifie que l'utilisateur final est impliqué dans le processus.

Kirk : Ce qui nous amène à l'autre Martin. Sara et moi voulions vraiment savoir comment les producteurs agricoles voient Laboratoires vivants et cette approche.

Martin Caron : Bien bonjour je me presente Martin Caron, je suis premier vice président de l'UPA provincial et avant toute chose, je suis producteur laitier et céréalier à Louiseville en Mauricie, tout près du lac Saint-Pierre. qui se situe tout près de Montréal, entre Montréal et Québec, et avec le lien, au niveau du fleuve Saint-Laurent.

Kirk : Votre région est très diversifiée en termes de production agricole. Et je comprends que cette diversité est représentée à la table dans cette initiative, oui?

Martin Caron : On a des producteurs, des producteurs laitiers, des producteurs maraîchers et des producteurs de grande culture aussi et qui sont là, et j'vous dirais il faut rajouter aussi le volet des producteurs au niveau de la forêt, les producteurs agroforestiers qui sont là parce que dans toutes dans tous ces zones-là, ben il y a des milieux humides, des milieux hydriques aussi. C'est donc eux aussi. Eux aussi s'en sont touchés par ça. Et aussi, ils sont mobilisés¨parrapport à que'est-ce qu'on peut faire, qu'est-ce qu'on peut mettre en action.

Sara : Est ce qu'il y a d'autres acteurs.

Martintin Caron : Mais ya d'autres partenaires, il y a des organisations au niveau de la protection de l'environnement, je pense à la fondation de la faune entre autres, qui est là, et d'autres organisations qui nous soutiennent, qui amènent leur expertise. Il y a aussi des communautés autochtones sont là aussi dans le projet. Ça c'est bien intéressant parce que eux nous ont emmené par rapport à l'évaluation de plantes médicinales entre autres et ça c'était pas quelque chose qu'on pensait quand ils nous ont amené ça, on a dit il y a quelque chose, quelque chose à aller voir là dessus au niveau de l'innovation.

Martin Caron : Ya plein de partenaires comme ça, que ça soit au niveau de l'industrie, ça soit au niveau des OBV qui sont là et c'est ça laboratoire vivant, en co-création qui est géré un petite peu par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Nous on mobilise les acteurs à venir à ces rencontres-là, ça permet d'avoir toutes ces connaissances-là à la même endroit et au profit au profit de l'écosystème et au profit de toutes nos communautés qui sont là aussi.

Sara : Il y a un certain nombre de ces organisations là qui sont pas comme les partenaires traditionnels pour les producteurs.

Martin Caron : Il y a quelques organisations que je vous dirais, habituellement dans les projets, on fait, on est en lien avec ces organisations là, mais des avoir tous à la même table, c'est vraiment quelque chose d'unique. Et le projet, quand on a mis en place va permettre ça. Et moi, moi, je m'en réjouis, bien sûr, parce que je pense, c'était important connaître toute cette expertise là, tout le monde ensemble.

Sara : Vous avez l'air vraiment enthousiaste, qu'est-ce qui vous plaît dans les laboratoires vivants? Sur quoi vous avez envie de travailler?

Martin Caron : Qu'est ce qu'on a envie de faire? C'est vraiment de prendre les enjeux qu'on a présentement dans ces zones là et on se dit OK, ces enjeux-là, ben on va réaliser le défi et qu'est ce que j'aime? C'est qu'on met pas le blâme sur quelqu'un ou un ou un organisme ou sur un producteur. On est en mode solution, OK. On veut chercher les solutions quand on met tout vraiment cette connaissances sur les enjeux et qu'on dit aussi que ça peut arriver qu'on fasse des erreurs, on n'a pas les solutions. On est en innovation, on est en recherche, donc c'est pour ça tantôt je mentionnais on est en recherche continue, en formation continue. Ça peut arriver qu'on fasse des choses pis qu'on dise aye on s'est trompé, mais pour se tromper, il faut être capable de l'essayer aussi. Je pense en même temps c'est ces aspects-là. C'est ça et c'est ça qui me réjouit vraiment à une rencontre que nous avons eus, les producteurs nous ont dit écoutez, nous, on veut faire partie de la solution, mais on veut se faire reconnaitre aussi, qu'on a de l'expertise parce qu'on habite le territoire, c'est un des éléments clés. Les gens, les producteurs qui sont là, c'est eux qui habitent le territoire. Tandis que les partenaires des fois ils n'habitent pas le territoire. Ils sont là, ils font un projet et ensuite de ça s'en vont et quand tu veux pérenniser tout cet écosystème là, il n'y a rien de mieux de travailler avec les gens qui y habitent et qui vont être capables, être en mesure de pérenniser tout ce territoire.

Kirk : Est ce que vous vous voyez ça, les laboratoires vivants, comme un nouvel modèle de la recherche pour l'avenir du milieu agricole?

Martin Caron : Moi, je pense que oui et j'ai parlé des enjeux des producteurs, je pense que les chercheurs aussi ont des enjeux. Le chercheur qui est habitué dans un cadre, un modèle. C'est pas évident aussi s'adapter à ça. Ça se passe dans les deux parties. Il va avoir une adaptation qui doit être fait. Mais nos gens quand ils rentrent sur le terrain, les chercheurs. On est à 5 ou 6 parties prenantes de ces enjeux là. C'est intéressant à voir. Je crois que c'est ça que ça va amener, que vraiment on va changer la façon de faire au niveau de la recherche et s'assurer qu'on répond à des besoins, amis qu'il y a une évolution, qu'il y a une évolution dans le temps. Pis là je suis pas en train de dire que la recherche qui était fait avant était pas correcte, mais je pense qu'on est rendu là. Si on a une recherche pis on veut avoir une transition, qu'elle soit adoptée et adaptée avec nos gens, faut qu'il y aille ce lien de communication-là. On a beau chercher des choses pis qu'on dit ah regarde c'est comme ça qu'on devrait le faire, mais si ça descend pas à la base, on aura rien gagné dans son ensemble. Et c'est là vraiment, ce lien-là qui est fait entre les chercheurs et on a des conseillers techniques aussi qui sont avec nous et avec les producteurs pour s'assurer que le développement de cette recherche-là a une courroie de transmission, s'assure que sur le terrain c'est appliqué directement. Et d'avoir le retour d'information sur le terrain pour dire ben regarde? Fait ça, mais voici les autres contraintes qu'on a. Cet échange circulaire au niveau de la communication faut qu'elle soit là.

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Épisode 009 - Laboratoires vivants Québec

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