Les premiers seize pour cent - EP 014

Les premiers seize pour cent est la nouvelle série de balados d’Agriculture et Agroalimentaire Canada qui explore les idées les plus fraîches en alimentation et en agriculture. À chaque épisode, découvrez en profondeur un nouveau sujet : les nouvelles pratiques, les idées innovantes et leurs impacts sur l'industrie. Apprenez-en davantage sur le secteur agricole canadien auprès des gens qui font les percées et abattent les barrières! Producteurs et gourmets, scientifiques et hauts dirigeants, toute personne ayant un œil sur l'avenir du secteur, ce balados est pour vous! Nouveaux épisodes toutes les deux semaines.

Épisode 014 - Santé mentale : le travail de l'UPA pour briser la stigmatisation

Dans notre troisième épisode consacré à la santé mentale, nous examinons la question du point de vue d'une association professionnelle. Nous avons interviewé Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles du Québec. M. Groleau nous parle de ce que fait l'UPA pour aider les producteurs à surmonter les problèmes de santé mentale, de briser la stigmatisation et des programmes uniques qui ont été développés au Québec.

Transcription

Marcel Groleau : Donc quand je dis je fais confiance aux jeunes, presque tous les jeunes vont passer par une école d'agriculture, l'Institut de technologies, l'ITA, ou les universités, donc les jeunes arrivent sur la ferme, mais ils ont un réseau déjà parce qu'à l'école, c'est des gens qui vont partager le même métier et la même profession qu'eux. L'autre élément, c'est qu'il y a de plus en plus de femmes qui prennent la relève des entreprises agricoles. Donc, c'est de moins en moins un milieu d'hommes. C'est une bonne chose. Ça amène une nouvelle dynamique dans le milieu agricole. C'est toutes des conditions, selon moi, qui vont favoriser le succès des entreprises agricoles, mais faire en sorte que les gens vont moins s'isoler lorsqu'ils vont rencontrer des problèmes d'ordre psychologique.

Sara : Bienvenue à nouveau au balado Les premiers 16 pour cent. Je suis Sara Boivin-Chabot.

Kirk : Et je suis Kirk Finken.

Sara : Nous avons maintenant consacré trois épisodes à la santé mentale. Nous l'avons fait parce que le dialogue et les actions en matière de santé mentale sont essentiels à la santé globale et à la résilience de notre secteur.

Kirk : Dans nos deux autres épisodes, nous avons parlé avec un professionnel de la santé mentale qui se spécialise dans les soins aux agriculteurs. Nous avons parlé avec un agriculteur qui a fait face à la dépression et qui est maintenant un travailleur en soins de santé mentale.

Sara : Aujourd'hui, nous examinons la question du point de vue des associations professionnelles. Cet entretien avec Marcel Groleau, président de l'Union des producteurs agricoles du Québec, nous aide vraiment à compléter une vue à 360 degrés de la question.

Kirk : M. Groleau partage également avec nous quelques aperçus de la programmation unique qui a été développée au Québec. 

Sara : Merci de vous joindre à nous. On sait qu’il y a des facteurs de stress dans notre secteur qui ont un impact sur les producteurs agricoles et leur santé mentale. Quels sont ces facteurs de stress d’abord?

Marcel Groleau : On a tous des périodes stressantes en agriculture, parce qu'on travaille beaucoup avec l'imprévisible, ce qui est imprévisible, crée de l'anxiété. La météo, est-ce que je vais faucher ou je fauche pas, parce que y annoncent 24 heures de beau temps, peut-être 36, mais c'est pas sûr. Qu'est-ce que je fais? Donc... Sur des animaux. L'animal est malade, c'est-tu contagieux. Pour les éleveurs de porcs, par exemple, où on voit arriver dans un champ, les producteurs maraîchers, soit une intempérie ou une invasion d'insectes, on vit beaucoup avec de l'imprévisibilité. Et c'est sans parler de l'imprévisibilité des marchés avec les prix qui fluctuent. Alors on en est dans un milieu très stressant.

Sara : Et il y en a d’autres qui s’ajoutent à ça. Est-ce que la perception des citoyens envers l'agriculture ajoute au stress que les producteurs vivent?

Marcel Groleau : Ben je vous dirais oui, oui, tout ce qu'on entend sur la pollution, l'impact de l'agriculture sur la pollution, la gestion des pesticides, le poids administratif exigés par l'État pour opérer des petites entreprises agricoles - tout ça s'ajoute au stress que vivent les producteurs. C'est rare. On voit rarement des articles positifs dans les médias sur un producteur. On va voir des articles positifs sur un produit agricole. Par exemple, un poivron, c'est beau. Des, mais, lorsqu’il sort. On ne voit pas d'articles sur le travail qui est fait avant d'arriver à ce produit, la. Et ça, ça, je pense qu'il y a un déficit de reconnaissance, un peu de la société envers les producteurs agricoles par rapport à valeurs, par rapport à leur travail.

Sara : De quelle façon l'Union des producteurs agricoles s'implique en santé mentale chez les producteurs?

Marcel Groleau : On s'implique d'abord avec l'ACFA - Au cœur des familles agricoles - pour l'embauche de travailleurs de rang dans chacune de nos régions. Nos fédérations régionales tiennent des activités de financement, sollicitent des fonds auprès des intervenants municipaux, locaux, pour soutenir le financement de ces ressources qui, elles, sont à la disponibilité des producteurs, des productrices, des familles agricoles sur le territoire. Par exemple au Bas-Saint-Laurent, on a deux ressources maintenant ; dans la région de la Capitale-Nationale. On a réussi à étendre un réseau d'intervenants, d'abord sur le territoire, pour aider les familles qui ont des difficultés. Après ça, on fait beaucoup de sensibilisation parce que d'abord, il fallait briser le tabou des enjeux de santé mentale ou de problèmes de stress. Les producteurs agricoles étaient pas, ce n'était pas dans leurs habitudes de se plaindre d'avoir des enjeux de santé mentale ou de détresse psychologique ou quoi que ce soit. Alors il fallait briser ce tabou-là. Puis, si je peux... Des actions concrètes, on a aussi formé plusieurs centaines de sentinelles avec l'aide de l'Ordre des psychologues. On a monté une formation et les producteurs, par exemple les transporteurs de lait, les vétérinaires, les gens qui interviennent sur des fermes ont, s'ils le souhaitaient, reçu cette formation-là pour être en mesure d'intervenir auprès des producteurs ou des producteurs, mais de détecter peut-être des signes et de conseiller aux producteurs ou à la productrice d'aller chercher de l'aide ou as-tu pensé, il y a de l'aide qui existe, si ça ne va pas bien. C'est donc les trois principales actions menées depuis plusieurs années - briser le tabou, former des sentinelles, pourvoir le territoire de travailleurs pour pouvoir intervenir directement auprès des familles agricoles.

Sara : C'est quoi le rôle d'un travailleur de rang?

Marcel Groleau : Le rôle de travailleur de rang c'est... Ben si un sentinelle, par exemple, détecte quelqu'un qui a des problèmes, le travailleur de rang va prendre contact avec la famille ou va répondre à un appel à une demande, va se rendre sur place, va analyser la situation, va essayer de détecter qu'est-ce qui est la cause du stress vécu ou des difficultés vécues par le producteur la productrice, ça peut être des enjeux familiaux aussi. Faire parler d'abord, écouter et ensuite diriger vers les ressources appropriées, les personnes qui... pour qui ce serait justifié d'avoir des services supplémentaires, un accompagnement supplémentaire. Donc, le travailleur de rang c'est un pont entre les services offerts par les réseaux, des réseaux de la santé et le milieu agricole qui est un milieu pour qui c'est celle de laisser la ferme. C'est un milieu, il n'y a pas toujours de voisins.

Sara : C'est des travailleurs sociaux?

Marcel Groleau : Oui. Ils ont une formation de travailleurs sociaux. Ils doivent avoir une formation professionnelle pour pouvoir exercer ce rôle parce qu'ils doivent être capables de faire parler la personne à être en écoute active.

Sara : Puis vous dites qu'il en a dans chaque territoire du Québec, dans chaque région administrative.

Marcel Groleau : C'est ça. Le gouvernement du Québec a mis à la disposition de Au cœur des familles agricoles quatre cent mille dollars et Au cœur des familles agricoles a d'autres financements, d'autres sources de financement aussi. C'est ce financement-là, en conjonction avec les levées de fonds, que les fédérations régionales de l'UPA dans chacune des régions, ce réseau-là embauche ces travailleurs de rang-là. Étant dans un réseau, les travailleurs de rang peuvent aussi s'appuyer les uns sur les autres, former une équipe également, se relever si il y a des enjeux plus sérieux pour un producteur ou une famille. C'est important aussi pour ces travailleurs-là de ne pas être isolé, d'être dans un réseau. À l'UPA on a préféré travailler avec Au cœur des familles agricoles qui avaient déjà l'expertise et pour administrer un réseau comme celui-là, plutôt que de démarrer parallèlement à ce que eux font, un service en ressources professionnelles en santé mentale dans chacune des régions, c'est... Jusqu'à maintenant, ça fonctionne très bien et les producteurs qui font appel à leur réseau sont très satisfaits.

Sara : Et puis le réseau, le programme sentinelle, plus en détail, c'est quoi?

Marcel Groleau : Le programme Sentinelle, c'est que lorsqu'on a d'abord... on a fait beaucoup, on en a tenu des colloques, fait des parutions écrites, ou à la télé ou à la radio pour parler de santé mentale et briser le tabou de la santé mentale. Mais quand on s'est aperçu que comme il y avait un enjeu de santé dans le milieu agricole qui était méconnu... On a... et que les gens avaient de la difficulté à le reconnaître pour eux, mais aussi à faire appel à des services extérieurs. L'Ordre des psychologues avec qui on était en relation nous a proposé cette approche-là. Donc comme on a beaucoup de gens qui circulent sur nos fermes, des vendeurs d'intrants les vétérinaires, les inséminateurs, les ramasseurs de lait. Bon, c'est des gens qui sont occasionnellement chez nous, qui nous connaissent bien, finalement. Et si ces gens-là avaient une formation pour détecter lorsqu'un problème arrive? Parce que d'abord, on voulait s'assurer, parce qu'il y avait un enjeu de suicide. Le taux de suicide était plus élevé chez les producteurs agricoles - selon les statistiques - que dans la population générale. Alors on voulait intervenir d'abord empêcher que les gens posent des gestes irréparables. Donc, on a formé des sentinelles avec l'aide de l'Ordre des psychologues pour détecter plus facilement des problèmes, s'il survient et suggérer au producteur ou à la productrice de faire appel à des services. Peut-être que de cette façon-là, on ne saura jamais. Mais ces sentinelles-là ont une sensibilité plus grave puisqu'ils ont une formation sur les signes qu'on peut détecter chez quelqu'un qui souffre de stress psychologique ou de détresse psychologique ou de problèmes de santé mentale. Alors c'est comme ça qu'on a... Pis ç’a été reconnu comme un geste important qu'on a posé. Parce que en même temps, quand on forme ces gens-là, on sensibilise tout le milieu.

Sara : C'est une formation qui est toujours en cours et toujours offerte?

Marcel Groleau : Oui. C'est un psychologue qui donne la formation à ces 7-8 personnes. Ç’a duré, c'est un 8 heures de formation si je ne me trompe pas.

Sara : Puis est ce que la formation est adaptée pour un milieu agricole?

Marcel Groleau : Oui, c'est ça, parce que dans le milieu agricole, comme vous le savez souvent, on peut pas quitter nos entreprises, puis la formation ben si on est à la saison des récoltes, des semences là où le stress est plus élevé, c'est normal que le producteur va peut-être être plus impatient. Mais ce n'est pas parce qu'il y a nécessairement un problème de santé mentale, c'est parce qu'il vit une période stressante. Faut pas alarmer ou alerter inutilement non plus et le producteur et les services. Alors, il faut être capable de faire la part des choses entre quelqu'un qui vit réellement un problème et quelqu'un qui vit une situation normale de stress dans le cadre des opérations d'une entreprise agricole. La formation est vraiment adaptée à la production agricole et au milieu rural.

Kirk : Vous avez dit à une couple de reprises le mot tabou. Qu'est-ce que ça peut représenter pour un producteur? Productrice? C'est quoi ce tabou, selon vous?

Marcel Groleau : C'est d'abord je dirais, les hommes plutôt que les femmes ont de la difficulté à admettre qu'ils ont un problème. Qu'on voit comme des gens un résistant résilient, combatif. Donc l'image qu'on a des producteurs agricoles, ce n'est pas quelqu'un qui va admettre qu'il y a des problèmes de détresse psychologique ou de santé mentale. Alors, j'allais amener les producteurs agricoles à réaliser qu'ils ne sont pas à l'abri de problèmes semblables et que ce n'est pas anormal que ça leur arrive parce que ça peut arriver à tout le monde. Et encore plus chez quelqu'un qui vit beaucoup de stress à cause de sa profession, à cause de son métier. Donc, c'est ce tabou-là qu'on devait briser. Puis aujourd'hui, on a des témoignages de producteurs agricoles qui nous révèlent que, même s'ils le savaient, qu'ils avaient des problèmes, ils n'osaient pas en parler pour cette raison. Mais là, ça a beaucoup évolué parce qu'on a des témoignages de producteurs qui révèlent devant des salles, devant des audiences, « N’attendez pas. Allez chercher de l'aide. J'ai vécu ça. Soyez plus intelligent que moi, attendez pas d'être au bout du rouleau. Allez-y avant. » On a réussi en donnant la parole à des gens qui ont vécu ça, à un peu démystifier la situation, puis lever le tabou autour de ça.

Kirk : Alors ça donne une force de briser ce tabou et de passer à travers.

Marcel Groleau : Oui, c'est ça. C'est un peu comme j'expliquais, parce que quand on est capable d'en parler publiquement, c'est que on s'est libéré de la pression que cela représentait parce qu'on est capable de la partager, cette pression-là. Puis, c'est aussi important dans le couple. C'est si on est capable d'en parler, c'est qu'on est capable de partager. Si on veut que couple nous aide dans une situation comme celle-là, on est capable de partager ce qu'on ressent à ce niveau-là. Alors ça aussi, c'est un message. Mais c'est vrai chez les femmes aussi, en agriculture on vit des stress. Des fois, c'est familial. Ce n'est pas toujours relié à la ferme elle-même. Ça peut être dans la famille qu'il y a un enjeu, avec les enfants. Les femmes s'occupent encore beaucoup des enfants et encore plus je pense en l'agriculture. Je pense parce que c'est très accaparant un travail sur la ferme, donc il y a un des deux qui doit presque toujours être au travail sur la ferme, donc souvent la femme avec aux prises avec les enfants et avec peu de ressources pour partager ce qu'elle vit. Mais ça devient un enjeu pour la famille et l'entreprise agricole. C'est le noyau familial qui éclate. Et là-dedans, c'est ça qui... Autant on dit aux hommes arrêtez de penser que vous êtes Superman autant dire aux femmes, allez chercher de l'aide. Cette éducation-là, finalement, qui est la clé du succès. Parce que maintenant, ces gens-là vont vers des ressources qui existent et vont chercher de l'aide, puis une aide appropriée au secteur agricole aussi. Parce que quelqu'un qui vit sur une ferme laitière peut passer quatre jours à l'hôpital pendant qu'il est en crise. Ce n'est pas possible s’il n’y a personne à la maison. Il faut trouver des solutions pour traiter les gens dans leur milieu de travail et pendant qu'ils travaillent. C'est ça aussi. Et ça on a sensibilisé les milieux de la santé à cette réalité, ce qui n'était pas toujours le cas-là parce que les gens du milieu de la santé connaissent pas nécessairement les réalités du milieu agricole.

Sara : Est-ce que les jeunes fermiers que vous rencontrez parlent plus ouvertement du sujet de santé mentale?

Marcel Groleau : Ouais, ben je dirais ils sont conscients que ça existe d'abord, puis ils ont une vie plus équilibrée. Il y a beaucoup de producteurs agricoles pour qui les vacances, c'était optionnel. Aujourd'hui, les producteurs ont compris que des vacances, c'est important. Prendre une pause, c'est important. Embaucher quelqu'un pour se faire remplacer, c'est possible. Et les jeunes... le savent. Parce que souvent, c'est le surmenage qui amène des problèmes de santé. Les gens sont trop ambitieux. Surmenage, des projets trop gros. La température qui collabore pas. D'autres problèmes qui s'ajoutent, la pression monte. Ça devient trop difficile à supporter. Je trouve que les jeunes sont mieux équipés pour faire face à ça. C'est une perception que j'ai, j'espère que je me trompe pas, mais moi, je les vois dans nos rencontres, quand je les vois dans les réunions. Puis je les trouve mieux équipés que nous.

Sara : Vous avez parlé des difficultés des transferts de ferme. Pourriez-vous élaborer comment c’est un enjeu de santé mentale?

Marcel Groleau : Donc, c'est dans la vie d'une famille agricole, le moment le plus difficile, s'il n'est pas préparé, c'est celui du transfert de l'entreprise à la génération suivante. Oui, il y a des parents qui vont tomber en dépression après le transfert parce qu'ils se sentent pas bienvenus sur la ferme où nécessairement, à cause de la façon dont ça s'est passé. Quelquefois, c'est entre les frères ou les sœurs aussi, c'est il y a en plus qu'un qui a le goût de prendre la relève, mais que la ferme ne le permet pas. C'est difficile. Si les parents se sont pas préparés un petit bas de laine pour la retraite que l'entreprise est pas capable de leur donner un prix suffisant ou une rente suffisante. On est dans les enjeux à la fois humains et financiers. C'est des moments très difficiles. Et là, c'est là où il faut aller souvent pas chercher de l'aide pour la détresse psychologique, aller chercher de l'aide pour se faire accompagner dans ce transfert. Et ça, ça existe cette aide-là aussi dans toutes les régions du Québec. Il y a des services offerts aux producteurs, aux productrices, aux jeunes pour les accompagner dans un transfert de ferme au niveau, au niveau humain, niveau social, au niveau financier, au niveau de la fiscalité. Mais ça aussi, il faut que les gens aillent chercher des services, mais je leur dis préparer ce moment-là. Vous avez un enfant qui travaille sur la ferme. Vous voyez qui est intéressé? Vous voyez que du potentiel, ben attendez pas qu'il ait 30 ans avant de parler de transfert. Préparer, ça se prépare, idéalement sur une dizaine d'années.

Sara : Le travail en santé mentale, mais aussi de se faire aider, pas juste attendre des problèmes, mais en prévention.

Marcel Groleau : C'est ça. La prévention c'est de se faire aider, mais aussi de chercher de la main-d’œuvre. Je le sais déjà, des gens vont me le dire, « Mais, Groleau, il y a pas de monde pour travailler sur les fermes. » Ils ont raison. C'est un des gros problèmes qu'on a la. Puis on travaille à ce que les employés étrangers puissent être embauchés par des regroupements d'entreprises agricoles plutôt que par une entreprise agricole. Donc, si un employé étranger est embauché par trois entreprises ou si trois entreprises embauchent deux employés étrangers pour se partager le temps de ces gens-là, ils pourraient et pourraient avoir plus de facilités pour prendre quelques pauses occasionnellement. Donc, aller chercher de l'aide professionnelle parce qu'il en existe beaucoup de professionnels en fiscalité, en comptabilité. Les vétérinaires aussi. Allez faire appel aux professionnels, c'est se décharger, c'est de s'enlever du stress et ça il faut qu'on le fasse. Mais encore une fois, il y en a qui vont devoir. Mais le vétérinaire, il en a pas chez nous parce qu'en Abitibi, on n'avait qu'une période où il n'y avait plus de vétérinaires. Alors, vous imaginez le stress pour des producteurs dans cette région-là? Le service vétérinaire en Abitibi est fourni par une clinique du Centre-du-Québec et chaque deux semaines, il y a en rotation. Mais il y a un vétérinaire qui va pratiquer là-bas pour ça. Seuls les citoyens ne voient pas toujours, mais dans les régions et dans la ruralité, on n'a pas les services ou dans les régions plus éloignées. On n'a pas les services que les producteurs en au Centre-du-Québec. Et ça, ça ajoute au stress que vivent les producteurs de ces régions.

Kirk : J'aimerais juste poser une dernière question : s'il y a un message, un message succinct que vous voulez envoyer aux producteurs à ce sujet?

Marcel Groleau : C'est d'abord, d'avoir l'humilité d'accepter que ça peut nous arriver et d'avoir la force d'aller vers des ressources pour aider. C'est ce message. Être humble, suffisamment humble pour dire que ça peut m'arriver. Et être suffisamment fort pour aller chercher de l'aide.

Kirk : Et, s’il y a un producteur vraiment à tête dure? Alors qu'est-ce que vous dites à ce producteur?

Groleau : Regardez, je vais lui dire de penser à sa famille parce que les problèmes qu'il lui a même, si ça rend quand ça a un impact sur sa famille, ça l'a un impact pour ses enfants. Je lui dire de penser à ses enfants. Si penser à lui, c'est trop difficile, je vais lui dire de penser à ses enfants. Je vais lui dire dois penser à l'avenir aussi, parce que si il traverse pas la seule façon de participer à l'avenir, c'est d'y être. Alors si, si, il veut y participer de façon active, il faut qu'il soit en santé - donc, de penser à ses enfants, de penser à sa famille et de penser à l'avenir.

Kirk : C'est un excellent message pour terminer.

Sara : Notre série de balados les Premiers seize pour cent s'adresse aux innovateurs et aux agents du changement. Les personnes avec lesquelles nous avons parlé de la santé mentale sont des agents de changement. Ils s'attaquent à une question qui est pleine de stigmates et d'obstacles. Ils brisent le silence.

Kirk : Et, en poursuivant ce dialogue, en prenant des mesures, notre secteur peut émerger et évoluer plus fort que jamais.

Sara : Kirk et moi sommes reconnaissants du privilège qui nous est accordé de participer à ce dialogue. Et nous vous remercions de nous avoir écoutés.

Kirk : Donc, jusqu'à la prochaine fois, tu sais quoi faire, non?

Sara : Ben. Oui. Explorez.

Kirk : Oui.

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Épisode 014 - Santé mentale : le travail de l'UPA pour briser la stigmatisation

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