Stratégie pour une agriculture durable : Document de discussion

Communiquez vos commentaires

Communiquez vos expériences et vos idées sur un stratégie pour une agriculture durable. S'il vous plaît, communiquez vos commentaires en ligne jusqu’au 31 mars 2023 :

1. Introduction

L'alimentation a une incidence sur la vie quotidienne de chacun. Elle fournit l'énergie et les nutriments nécessaires à une vie saine, réunit les communautés et crée la croissance économique et des emplois tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Comme on s'attend à ce que la population mondiale atteigne 9,7 milliards de personnes d'ici 2050, il est essentiel que le Canada puisse continuer à assurer la sécurité alimentaire.

Toutefois, les changements climatiques ont une incidence sur la façon dont le Canada et le monde peuvent produire des aliments. Les événements météorologiques de plus en plus fréquents et extrêmes associés aux changements climatiques ont déjà des répercussions importantes sur la production agricole, notamment des dommages aux cultures, au bétail et aux infrastructures, ainsi que des impacts potentiels sur plusieurs années sur la fertilité des sols ou la gestion des troupeaux. Au Canada, les impacts ont été ressentis plus récemment étant donné les ouragans dans le Canada atlantique, une sécheresse record dans l'Ouest canadien et des inondations et des incendies en Colombie-Britannique. Les changements climatiques créeront de nouvelles vulnérabilités dues à de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies, et nécessiteront de nouvelles approches pour améliorer la résilience du secteur agricole aux changements climatiques, tout en renforçant sa capacité à les combattre. En parallèle, les approches visant à résoudre les problèmes environnementaux doivent tenir compte de l'impact sur les moyens de subsistance des agriculteurs et la production alimentaire, sur lesquels on comptera de plus en plus pour nourrir une population mondiale croissante et renforcer les systèmes alimentaires nationaux.

C'est pourquoi le gouvernement du Canada propose d'élaborer une stratégie pour une agriculture durable, en collaboration avec divers partenaires, afin de fournir une approche intégrée et coordonnée pour améliorer la performance environnementale du secteur agricole et soutenir sa vitalité à long terme. Cette stratégie s'appuierait sur les succès obtenus à ce jour dans le secteur en matière d'environnement et d'innovation, tirerait parti des possibilités liées à l'intérêt accru du marché pour les produits alimentaires durables et ciblerait les ressources pour soutenir un secteur durable sur les plans environnemental, social et économique.

Un secteur agricole durable au Canada signifie que le système alimentaire canadien est résilient et novateur, qu'il préserve notre environnement et soutient notre économie, et que tous les Canadiens ont accès à une quantité suffisante d'aliments sains, nutritifs et culturellement diversifiés, comme l'indique la vision de la Politique alimentaire pour le Canada. Cela signifie qu'il faut veiller à ce que les agriculteurs et les travailleurs de la chaîne de valeur agroalimentaire puissent bien vivre de leur travail. Il s'agit de maintenir la compétitivité et la productivité pour répondre à la demande croissante d'aliments, qui dépend à son tour d'un environnement sain pour fournir d'importants services écosystémiques comme la fertilité des sols, la filtration de l'eau, la pollinisation et la gestion des ravageurs. Cela signifie qu'il faut soutenir les objectifs environnementaux et climatiques en piégeant le carbone, en soutenant l'habitat des espèces sauvages et en produisant de l'énergie renouvelable.

L'élaboration d'une stratégie pour une agriculture durable sera axée sur le pilier environnemental de la durabilité du système alimentaire canadien, dans le contexte élargi des défis et des possibilités sociales et économiques du secteur. Grâce à une stratégie intégrée qui établit clairement la voie à suivre pour une action concertée, le Canada sera bien placé pour être un chef de file mondial en matière d'agriculture durable tout en maintenant son rôle de fournisseur mondial d'aliments et en contribuant à la sécurité alimentaire mondiale. Une telle stratégie vise à orienter la prise de décision à long terme sur les politiques, les programmes et les initiatives qui font progresser l'engagement du Canada vers un avenir carboneutre en 2050. Le moment est venu de s'appuyer sur les réussites passées et actuelles et de collaborer pour relever les défis climatiques et environnementaux actuels du secteur tout en veillant à ce que la productivité continue de répondre à la demande croissante de nourriture.

2. Élaboration d'une Stratégie pour une agriculture durable

Une stratégie pour une agriculture durable devra être élaborée dans le contexte de la demande croissante d'aliments nutritifs, du soutien des moyens de subsistance des agriculteurs et de communautés rurales fortes, du maintien de la compétitivité et de l'amélioration des questions sociales liées au système alimentaire, notamment la justice, l'équité et la santé. Il s'agit de considérations importantes dans l'identification des actions en matière d'environnement et de climat, afin de s'assurer qu'une stratégie pour une agriculture durable maximise les résultats positifs et que la résolution d'un problème environnemental n'entraîne pas d'autres défis environnementaux, sociaux ou économiques. En général, une stratégie pour une agriculture durable viserait à contribuer aux objectifs et aux cibles de la Stratégie fédérale de développement durable et aux objectifs de développement durable 2030 des Nations Unies.

La présente section décrit certaines des principales considérations qui devront être prises en compte tout au long de l'élaboration d'une stratégie pour une agriculture durable visant à améliorer les résultats environnementaux dans le secteur.

Le Canada doit continuer à contribuer à la demande croissante de produits alimentaires et agricoles

Compte tenu des crises politiques actuelles, comme la guerre en Ukraine, et des répercussions à long terme des changements climatiques qui menacent l'approvisionnement mondial en aliments et en intrants agricoles, il est plus important que jamais de faire progresser la durabilité tout en maintenant ou en augmentant notre approvisionnement alimentaire. Le Canada devra contribuer à la croissance de la demande alimentaire nationale et mondiale, ce qui nécessitera une augmentation de la production et une augmentation connexe des intrants, de la main-d'œuvre et des terres. Cependant, cela pourrait causer des impacts environnementaux plus élevés si cette production n'est pas effectuée de manière durable. Par exemple, l'approvisionnement en matières premières pour les bioproduits renouvelables et les carburants à faible teneur en carbone pourrait contribuer à une augmentation de la demande de production agricole globale qui, à son tour, pourrait entraîner une expansion des terres cultivées, une conversion des pâturages ou des prairies et des répercussions sur la biodiversitéNote de bas de page 1.

Le soutien des moyens de subsistance des agriculteurs sera la clé de toutes les approches incluses dans la stratégie

L'agriculture est une activité intrinsèquement risquée. En tant que preneurs de prix, les agriculteurs ont généralement peu ou pas de contrôle sur le prix qu'ils reçoivent pour leur produit, ce qui laisse peu de place à l'augmentation des coûts de production. Cette dynamique incite à maximiser les rendements et à utiliser des pratiques qui présentent un faible risque pour la production, qui sont compatibles avec les systèmes de production existants et qui sont faciles à adopter. La réalité est que l'adoption de nouvelles pratiques ou technologies coûteuses qui améliorent les résultats environnementaux, mais qui peuvent prendre plusieurs années avant de montrer un retour direct, peut augmenter le risque et réduire les revenus des familles agricoles. Les stratégies incluses dans une stratégie d'agriculture durable devraient garantir qu'il n'y a pas d'impact négatif sur la production, les moyens de subsistance des agriculteurs ou la sécurité alimentaire, et devraient soutenir la résilience économique globale du secteur.

La durabilité est un facteur clé pour maintenir la compétitivité du secteur agricole canadien dans un contexte mondial

Pour que le secteur agricole et agroalimentaire canadien puisse maintenir et accroître sa part du marché mondial, le Canada doit tenir compte de la compétitivité du secteur. De plus en plus, l'avantage concurrentiel va aux pays qui peuvent produire plus, avec moins d'énergie, d'eau et d'impacts environnementaux. Les concurrents internationaux mettent davantage l'accent sur les priorités agroenvironnementales, ainsi que sur l'intérêt des consommateurs et des investisseurs pour la durabilité et la gérance de l'environnement. Les partenaires commerciaux du Canada adoptent des approches différentes, et parfois divergentes, pour aborder les questions environnementales dans leurs secteurs agricoles — par exemple, une plus grande adoption des programmes environnementaux incitatifs offerts par le département de l'Agriculture des États-Unis, comparativement à l'application des priorités de la stratégie « de la ferme à la table » au sein de l'Union européenne. Il est de plus en plus important pour le Canada de démontrer qu'il s'aligne sur cette dynamique de marché changeante qui reflète un intérêt mondial croissant pour l'environnement et les aliments durables. Une stratégie pour une agriculture durable devra soutenir les efforts visant à positionner le Canada comme un producteur clé de produits alimentaires et agricoles durables en demande.

La complexité des systèmes alimentaires signifie qu'une approche peut atteindre plus d'un résultat environnemental

Les questions de climat, de biodiversité, d'eau et de santé des sols sont étroitement liées et sont elles-mêmes influencées par des facteurs sociaux et économiques. Par exemple, pour traiter les questions relatives à l'eau dans le secteur agricole, il faut tenir compte d'une diversité de facteurs, notamment environnementaux (qualité de l'eau, quantité d'eau, habitat aquatique), sociaux (eau potable, risque d'inondation, utilisation des terres) et économiques (alimentation, hydroélectricité, tourisme). Cela complique la conception d'interventions efficaces et la compréhension de l'impact des investissements individuels, mais offre la possibilité de rechercher des solutions qui peuvent traiter plusieurs problèmes environnementaux en même temps. Par exemple, de nombreuses pratiques agricoles qui présentent des avantages pour l'environnement, comme la séquestration du carbone, contribuent également à améliorer la résilience des exploitations aux effets des changements climatiques. L'annexe A illustre comment certaines pratiques agricoles soutiennent plusieurs résultats environnementaux, tout en appuyant les objectifs de productivité. La prise en compte de ces liens peut apporter clarté et cohérence aux futures orientations du gouvernement en matière d'agriculture et d'environnement.

Responsabilité partagée de l'environnement et de l'action climatique dans le secteur

Au Canada, l'agriculture est une compétence partagée entre les administrations territoriales, provinciales, autochtones et fédérales, les provinces et les territoires ayant une plus grande part de responsabilité dans les ressources naturelles de leurs territoires respectifs, notamment en ce qui concerne la gestion et la planification de l'utilisation de l'eau, des sols et des terres. Les efforts déployés dans les secteurs privé, à but non lucratif et universitaire jouent également un rôle, en stimulant les marchés et les possibilités économiques. Les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans les conversations et les prises de décision dans divers domaines, notamment les systèmes alimentaires et les changements climatiques. Il sera important de reconnaître la responsabilité partagée de l'avancement des résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole et les rôles importants que devra jouer chaque acteur. La collaboration avec les partenaires autochtones en matière de durabilité et de renforcement des systèmes alimentaires dirigés par les Autochtones sera particulièrement importante.

De nombreuses initiatives fédérales sont en cours d'élaboration et auront une incidence sur les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur

Au cours de la dernière année, de multiples initiatives et engagements simultanés ont été mis en œuvre afin d'avoir un impact positif sur la performance environnementale du secteur agricole canadien, y compris des consultations sur l'élaboration d'une voie vers la réduction des émissions reliées aux engrais dans le secteur, une stratégie nationale d'adaptation, le nouveau Partenariat canadien pour une agriculture durable, la contribution du Canada à l'engagement mondial sur le méthane et la création de l'Agence canadienne de l'eau. Une stratégie pour une agriculture durable tiendra compte des commentaires formulés dans le cadre de ces divers processus et examinera les moyens d'intégrer et de regrouper sous un même toit les mesures nécessaires en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole.

Principes directeurs

Compte tenu du contexte complexe des systèmes alimentaires au Canada, sept principes sont proposés pour guider l'élaboration d'une stratégie pour une agriculture durable :

  • Axée sur les producteurs : écouter les besoins et les préoccupations des producteurs, car ce sont eux qui connaissent le mieux leurs terres, et assurer le maintien ou l'amélioration des revenus agricoles, ainsi que la résilience économique du secteur dans son ensemble. Les approches doivent tenir compte de la diversité des régions du pays et du fait qu'il n'existe pas de solution unique pour résoudre les problèmes d'environnement et de climat.
  • Fondée sur des données probantes : veiller à ce que les conseils scientifiques orientant le processus décisionnel soient fondés sur des principes scientifiques et des données empiriques solides, des méthodes acceptées et des normes professionnelles.
  • Coordination : encourager et faciliter les actions et les engagements des gouvernements fédéral et provinciaux, des membres de l'industrie, des producteurs et des autres partenaires et intervenants du secteur agricole.
  • Circularité : appliquer les principes de l'économie circulaire pour que le système agricole et alimentaire soit régénérateur et résilient, qu'il transforme les déchets en ressources, et qu'il offre de nouveaux débouchés sur les marchés nationaux et internationaux.
  • Additionnalité : veiller à ce que les actions ne se limitent pas à celles qui sont déjà en cours ou qui sont prévues grâce à d'autres mesures de financement et ressources, tout en soutenant et en complétant les initiatives en place.
  • Transparence et responsabilité : placer le bien public au cœur de toute prise de décision et mettre à la disposition du public tous les comptes rendus de décisions et de mesures prises.
  • Appui à la réconciliation : travailler en partenariat avec les peuples autochtones pour faire progresser leurs droits et soutenir la mise en œuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Le soutien à la réconciliation est proposé comme un principe important d'une stratégie pour une agriculture durable, car des environnements sains, une eau propre et la biodiversité permettent aux peuples autochtones de continuer à exercer leurs droits collectifs sociaux, culturels, d'utilisation des terres et d'autonomie gouvernementale.

3. Avantages d'une Stratégie pour une agriculture durable

Les producteurs ont apporté des améliorations notables à l'environnement au cours des 20 dernières années, notamment en améliorant la santé des sols et en doublant la production alors que les émissions de gaz à effet de serre (GES) n'ont augmenté que légèrement. Le secteur prend des mesures pour promouvoir l'intendance et rendre compte de la durabilité grâce à de meilleurs paramètres et à des systèmes de certification et d'assurance, telles que la certification de la Table ronde canadienne pour le bœuf durable (TRCBD), le programme de Gérance des nutriments 4B (bonne source, bonne dose, bon moment, bon endroit) de Fertilisants Canada et l'Initiative de durabilité agroalimentaire canadienne (IDAC) de la Fédération canadienne de l'agriculture (FCA). Divers groupes de producteurs spécialisés effectuent des analyses du cycle de vie afin de déterminer où l'empreinte environnementale pourrait être réduite (par exemple, les Producteurs d'œufs du Canada, les Producteurs de poulet du Canada, les Producteurs laitiers du Canada, Pulse Canada), les entreprises agroalimentaires et les groupements de producteurs spécialisés prennent de plus en plus d'engagements en matière de durabilité (par exemple, pour mettre au point la protéine la plus durable, faire progresser l'agriculture régénératrice) et s'engagent à atteindre la carboneutralité d'ici 2050 (par exemple, les producteurs de grains du Canada, les producteurs laitiers du Canada).

Selon le Recensement canadien de l'agriculture de 2021, le secteur agricole comprend 64 millions d'hectares de terres agricoles et 189 874 fermes réparties dans la plupart des régions rurales du pays, dont la taille, le type de produit et les défis environnementaux varient considérablement. Compte tenu de cette diversité, il n'existe pas de solution unique pour améliorer la performance environnementale.

Toutefois, des améliorations sont encore possibles, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions de GES, l'amélioration de la résilience aux effets des changements climatiques, le soutien de la biodiversité dans les paysages agricoles et la réduction des risques pour la qualité des eaux souterraines et de surface.

Une stratégie pour une agriculture durable devrait servir de ressource clé à tous les acteurs du secteur — gouvernement, industrie, producteurs, organisations non gouvernementales, peuples autochtones, etc. — pour agir sur les questions d'environnement et de climat dans le secteur agricole tout en assurant le rôle vital de répondre aux demandes croissantes de nourriture et de soutenir la croissance économique. Voici les avantages de collaborer pour élaborer une stratégie pour une agriculture durable :

Renforcer la collaboration en matière d'action climatique et environnementale dans le secteur

Une meilleure coordination entre les initiatives portant sur les questions agroenvironnementales permettrait de faire progresser les résultats environnementaux et tirer parti de manière proactive des possibilités qui offrent également des avantages économiques et sociaux au secteur. Grâce à une stratégie pour une agriculture durable, on pourra tirer parti des possibilités pour soutenir les progrès en matière de résultats agroenvironnementaux en favorisant la collaboration entre les partenaires publics, privés, universitaires, non gouvernementaux, autochtones et autres, et en trouvant de nouvelles façons de travailler ensemble. Une stratégie peut également assurer la cohérence avec d'autres initiatives et objectifs importants pour le secteur au Canada.

Soutenir la vitalité commerciale à long terme du secteur

La protection et l'amélioration de la production et des rendements agricoles dépendent d'un environnement sain et de la résilience aux changements climatiques. La dégradation des services environnementaux (par exemple, pollinisation, atténuation des inondations, purification de l'eau, cycle des nutriments, etc.) peut entraîner une hausse des coûts des intrants nécessaires au maintien de la production; la conservation de ces ressources est essentielle pour garantir une production agricole durable et la sécurité alimentaire à long terme. Une stratégie pour une agriculture durable contribuerait à définir une orientation commune pour une action collective visant à améliorer le rendement environnemental du secteur à long terme.

Gérer de manière proactive le risque de répercussions des changements climatiques

En 2021, la Colombie-Britannique a connu des inondations désastreuses qui ont touché plus de 1 100 fermes, 15 000 hectares et 2,5 millions de têtes de bétail dans la région sud-ouest de la province, avec des effets dévastateurs pour les producteurs et les éleveurs. BCfresh a déclaré avoir perdu 1,7 M$ de ventes au cours des deux dernières semaines de novembre 2021.

L'adaptation des pratiques de gestion à l'évolution du climat et la réduction des émissions de GES peuvent réduire les effets des phénomènes météorologiques extrêmes et imprévisibles et permettre aux exploitations agricoles de se rétablir plus rapidement à long terme. Une stratégie pour une agriculture durable définirait des objectifs et orienterait les mesures pour que le secteur soit en mesure de se remettre rapidement des phénomènes extrêmes, de prospérer dans un climat en mutation et d'assurer un approvisionnement alimentaire stable. Cela fera partie de la contribution du secteur à la Stratégie nationale d'adaptation, en plus d'autres actions de sciences, d'innovation et de programmation dans le cadre du Partenariat canadien pour une agriculture durable.

Tirer parti des possibilités économiques pour le secteur

Les consommateurs du monde entier exigent de plus en plus que leurs aliments soient produits de manière durableNote de bas de page 2Note de bas de page 3Note de bas de page 4. La transition vers une économie circulaire et à faibles émissions de carbone peut également offrir de nouvelles possibilités sur les marchés émergents avec des produits, des technologies et des pratiques de gestion nouveaux et innovants, ainsi que de nouvelles utilisations des sous-produits et des déchets agricoles (par exemple, des produits biosourcés tels que les carburants, l'électricité, les produits chimiques et les plastiques). Une stratégie pour une agriculture durable appuierait la position du Canada en tant que producteur clé de produits alimentaires et agricoles durables en demande. Elle signalera également le soutien aux approches à valeur ajoutée nécessaires au Canada pour conserver le plus de valeur possible à l'intérieur de nos frontières, ce qui générera de la richesse pour les exploitants et les producteurs à long terme.

Maintenir la confiance du public

La perte de confiance du public peut avoir un impact négatif sur la viabilité, la croissance et la compétitivité du secteur, tandis que le renforcement de la confiance du public passe par la réaffirmation des normes élevées et de la qualité des produits agricoles canadiens. La durabilité environnementale des aliments suscite de plus en plus l'intérêt des consommateurs, et la pandémie de COVID-19 a intensifié la sensibilisation à la sécurité alimentaire, à l'importance des systèmes alimentaires locaux, des chaînes d'approvisionnement résilientes, du rendement environnemental et de la responsabilité sociale pour maintenir la confiance du public dans le secteur. Les rapports clairs et ouverts sur le rendement des questions agroenvironnementales seront importants pour maintenir la confiance du public dans le secteur agricole et agroalimentaire du Canada.

Contribuer aux engagements internationaux en matière d'environnement et de climat du Canada pour 2030 et 2050

Une stratégie pour une agriculture durable jouera un rôle habilitant pour permettre au Canada de respecter ses engagements dans le cadre de l'Accord de Paris qui établit un cadre mondial pour éviter les effets néfastes des changements climatiques en limitant le réchauffement de la planète bien en deçà de 2°C et en poursuivant les efforts pour le limiter à 1,5°C. Pour respecter l'engagement de l'Accord de Paris, tous les secteurs du Canada devront faire des efforts pour réduire les émissions de GES, et le secteur agricole ne fait pas exception. Les engagements visant à collaborer avec les producteurs qui souhaitent réduire les émissions de GES provenant des engrais et à soutenir l'engagement mondial sur le méthane contribueront à la réduction des émissions dans le secteur agricole. En outre, le Canada et d'autres parties à la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique négocient activement, en décembre 2022, un nouveau cadre mondial pour la biodiversité à l'horizon 2030, qui comprendrait des objectifs liés à la production agricole durable. Après avoir conclu les négociations sur le cadre mondial pour la biodiversité, le Canada disposerait de deux ans pour élaborer une stratégie nationale en matière de biodiversité afin de souligner les contributions du Canada à ces objectifs mondiaux, tout en tenant compte des circonstances nationales. Une stratégie pour une agriculture durable permettrait de mieux cerner les stratégies du secteur agricole afin de soutenir la réalisation des engagements internationaux du Canada en matière d'environnement et de climat, de favoriser un secteur durable et de soutenir la productivité agricole nécessaire pour atteindre l'objectif de développement durable sur la faim « zéro » (ODD 2).

Faire progresser la recherche et l'innovation agricoles qui favorisent les résultats en matière d'environnement et de climat

Des investissements publics et privés consacrés à la recherche et à la science dans le secteur agricole seront essentiels pour trouver des solutions permettant de faire progresser les résultats en matière de climat et d'environnement dans ce secteur. Les défis auxquels le secteur agricole est confronté sont de taille, et l'innovation sera essentielle pour orienter et soutenir l'ampleur des changements nécessaires pour garantir la rentabilité, la durabilité et la résilience des systèmes de production alimentaire dans une future économie carboneutre de même que dans des conditions de croissance incertaines en raison des changements climatiques. Cela comprend les technologies agricoles ainsi que d'autres pratiques telles que l'édition génique et les protéines de remplacement. Cela inclut également d'établir des liens entre les sciences naturelles et sociales afin d'explorer les innovations qui favorisent les résultats sur l'environnement et le climat et de collaborer avec des partenaires autochtones pour mieux connaître et intégrer le savoir traditionnel. Une stratégie pour une agriculture durable permettrait de déterminer les priorités de recherche en matière de sciences et d'innovation afin de soutenir les résultats agroenvironnementaux et d'explorer les moyens de surmonter les difficultés liées à la collecte de données pour minimiser la charge de travail des agriculteurs.

4. État actuel de l'agroenvironnement

Les questions agroenvironnementales au Canada varient d'un bout à l'autre du pays, en raison de la diversité des systèmes de production, des paysages et des agroécosystèmes. Cette section donne un aperçu de la situation actuelle dans les cinq domaines prioritaires d'une stratégie pour une agriculture durable.

4.1 Santé des sols

Il est essentiel de préserver la santé des sols pour assurer la durabilité de l'agriculture au Canada. Différents facteurs influent sur la santé des sols, notamment le type de sol, les organismes du sol et les éléments nutritifs. Les changements climatiques ont également une incidence sur la santé des sols, notamment une érosion accrue due à des tempêtes de forte intensité, une protection réduite en raison de la diminution de la couverture neigeuse, et de graves déficits hydriques ou des sols gorgés d'eau en raison de la modification du régime des précipitations.

La matière organique du sol influence fortement de nombreux aspects de la qualité du sol et elle est un élément clé de la bonne santé de celui-ci. Elle rend le sol moins sujet à l'érosion, améliore sa capacité à stocker et à transporter l'air et l'eau, elle stocke et fournit de nombreux nutriments nécessaires à la croissance des végétaux et des organismes du sol, fixe les substances potentiellement nocives, telles que les métaux lourds et les pesticides, et agit comme un réservoir de stockage (puits) pour le dioxyde de carbone capté dans l'atmosphère. Des quantités plus élevées de carbone organique dans le sol peuvent augmenter le rendement et la qualité des cultures, et améliorer la résistance à la sécheresse et à d'autres stress en raison d'une meilleure capacité de rétention des éléments nutritifs et de l'eau.

Le Canada a connu des tendances positives en matière de santé des sols au cours de la dernière décennie, en particulier dans les Prairies (figure 1). Ce phénomène a été attribué aux producteurs des Prairies qui ont adopté des techniques d'ensemencement sans travail du sol ou avec un travail de conservation du sol et qui ont réduit l'usage de la jachère. L'augmentation de la couverture du sol a permis d'améliorer la santé du sol en réduisant l'érosion et en augmentant l'humidité du sol, et a fourni d'autres bienfaits, notamment une meilleure biodiversité du sol et la séquestration du carbone. L'augmentation des rendements agricoles depuis 1990 s'est traduite par une plus grande quantité de résidus de culture retournés au sol, ce qui a permis d'améliorer la santé des sols et de piéger le carbone. Contrairement à la tendance principalement positive dans les Prairies, les quantités de carbone du sol sont maintenant généralement en baisse dans les régions du Canada situées à l'est du Manitoba. Cela peut être attribué à une tendance à la conversion des pâturages et des prairies de fauche en cultures annuelles avec le déclin de la production de bovins de boucherie et des troupeaux laitiers au cours des dernières décennies.

Figure 1 : Changement cumulatif du carbone organique du sol de 1990 à 2020 (kilogramme de carbone par hectare)Note de bas de page 5

Pratiques qui favorisent la santé des sols. Il existe un certain nombre de pratiques qui peuvent contribuer à améliorer la santé des sols des fermes, dont beaucoup sont déjà utilisées par un grand nombre de producteurs. Ces pratiques présentent également l'avantage de soutenir la capacité naturelle des sols à absorber le carbone, contribuant ainsi à l'atténuation des changements climatiques :

  • inclure dans la rotation des cultures des végétaux à forte teneur en résidus ou ayant des systèmes racinaires plus grands et plus profonds
  • utiliser des cultures couvre-sol ou des systèmes de cultures intercalaires pour garder le sol couvert toute l'année (par exemple, trèfle, luzerne, ivraie, avoine et blé d'hiver)
  • augmenter la matière organique du sol par l'utilisation de fumier, de compost et d'engrais verts
  • réduire le travail du sol par l'adoption de systèmes de travail du sol sans labour ou de conservation du sol
  • réduire ou éliminer l'utilisation de la jachère
  • convertir des terres en culture (en particulier les terres marginales) en pâturages ou en d'autres couvertures végétales permanentes
  • planter des arbres sur les terres agricoles (par exemple, haies brise-vent, arbres près des cours d'eau)
  • pratiquer le pâturage en rotation, qui consiste à déplacer le bétail entre des enclos définis afin d'assurer aux différentes zones de longues périodes non broutées pour se régénérer.

Il faut également poursuivre les travaux de recherche et d'innovation afin de cerner de nouvelles possibilités de faire progresser la santé des sols.

4.2 Adaptation climatique et résilience

La hausse des températures, l'allongement des saisons de croissance, la modification des régimes de précipitations et l'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements extrêmes entraîneront des risques pour le secteur agricole canadien (annexe B), ce qui aura une incidence sur les coûts, les rendements et les profits. Souvent, ces événements touchent plus que d'autres les producteurs et les communautés autochtones et marginalisées, notamment dans les régions nordiques et éloignées. S'adapter à la variabilité naturelle des conditions météorologiques et du climat est une chose que les producteurs et les éleveurs ont toujours faite. Cependant, avec l'augmentation prévue des températures et des risques liés au climat, les systèmes agricoles doivent s'adapter à une nouvelle série d'impacts des changements climatiques et tenir compte de leur interaction avec d'autres facteurs, tels que les pressions économiques et sociales. Selon le Rapport sur le climat changeant du Canada 2019, dans la majeure partie du Canada, les printemps seront plus humides, les étés seront plus chauds et plus secs, et les hivers seront plus humides et plus doux. La figure 2 montre l'évolution du nombre de jours très chauds (plus de 30°C) que connaîtra le Canada entre 2021 et 2050 par rapport au nombre de jours très chauds connus dans la période de 1976 à 2005.

Figure 2 : Augmentation du nombre annuel moyen de jours ≥ 30°C prévue dans tout le Canada dans un scénario normal (changement de la période de 1976 à 2005 à la période de 2021 à 2050)Note de bas de page 6

La description de cette image suit.
Description de l'image ci-dessus

Carte du Canada montrant l'augmentation du nombre moyen de jours par année où les températures sont supérieures à 30 degrés Celsius. Les prévisions couvrent la période 2021–2050 et sont comparées aux tendances historiques de la période 1975-2005. Le changement des niveaux de risque touche l'ensemble du territoire canadien, mais particulièrement les régions méridionales.

Les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les feux de forêt, les inondations, les sécheresses, les précipitations intenses et les vents violents ont augmenté partout au Canada au cours des dernières décennies. Ces événements ont été dévastateurs pour l'agriculture et les économies rurales. Nous en avons eu un exemple clair en 2021, lorsque les producteurs et les éleveurs des Prairies ont connu la sécheresse la plus étendue et la plus grave depuis 70 ans. Les précipitations extrêmement faibles enregistrées depuis la fin de 2020, ainsi que les vagues de chaleur record de l'été, ont entraîné des conditions de sécheresse graves à exceptionnelles dans une grande partie de l'Ouest canadien. Les conséquences de cette sécheresse ont entraîné des pertes de rendement de 30 % à 40 % dans les Prairies, de mauvaises conditions de pâturage et de parcours, des pénuries généralisées d'eau et d'aliments pour le bétail, et un grand nombre d'incendies de forêt menaçant les communautés agricolesNote de bas de page 7. Il est important de noter que les impacts environnementaux, économiques et sociaux de ces événements peuvent être durables, avec des répercussions sur plus d'une saison et des risques pour la fertilité du sol, le carbone du sol, le bien-être des animaux et la santé mentale des producteurs.

Les changements climatiques devraient également entraîner des modifications dans la répartition des terres cultivées et des pâturages, notamment la possibilité d'une expansion de l'agriculture vers le nord dans les zones où les conditions du sol le permettent. Des saisons de croissance plus longues sont prévues dans toutes les régions agricoles, avec le dernier gel de printemps survenant plus tôt dans la saison et le premier gel d'automne survenant plus tard dans la saison. Cependant, les saisons de croissance et les dates de gel seront variables et plus imprévisibles, ce qui augmentera les risques pour les exploitations; les producteurs devront déterminer les risques relatifs d'une plantation précoce et d'une récolte tardive (par exemple, les cultures fruitières sont particulièrement vulnérables aux gelées tardives survenant pendant la floraison). Ces changements signifient également de nouveaux défis, comme le risque de voir de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies migrer vers le Canada, ou la viabilité changeante des cultures vulnérables aux fortes chaleurs, ce qui a un impact sur les rendements et les possibilités d'exportation.

Pratiques qui soutiennent l'adaptation et l'amélioration de la résilience en agriculture. Plusieurs pratiques peuvent favoriser l'adaptation et l'amélioration de la résilience dans le secteur agricole, notamment :

  • augmenter la couverture du sol par des cultures couvre-sol, une couverture végétale permanente (par exemple, des arbres, des pâturages)
  • augmenter la protection et la valorisation des prairies et des zones humides, étant donné que les paysages agricoles biodiversifiés sont plus résistants au climat et se rétablissent plus rapidement après des phénomènes météorologiques extrêmes (par exemple, les sécheresses)
  • cultiver des végétaux et élever du bétail adaptés aux risques climatiques (par exemple, cultures résistantes à la sécheresse ou à la chaleur) ou à un climat plus chaud
  • investir dans des infrastructures résilientes (par exemple, barrières anti-tempête, drainage contrôlé, irrigation durable, réservoirs d'eau)
  • réduire la vulnérabilité financière par l'accès à l'assurance de la production et des revenus et la diversification de la production
  • améliorer la résilience des exploitants agricoles grâce à un soutien en matière de santé mentale, à la vulgarisation et à la formation
  • rendre les cultures plus résistantes à un climat plus variable et plus extrême en utilisant des semences génétiquement modifiées
  • mettre en œuvre des programmes et des pratiques de gestion des risques climatiques
  • investir dans la formation et le développement des compétences en matière de résilience et d'adaptation

4.3 Eau

Qualité de l'eau. L'agriculture est tributaire d'une eau propre pour la production; une eau de mauvaise qualité peut avoir un effet sur la croissance et provoquer des maladies dans la production animale. La production agricole peut également avoir une incidence sur la qualité de l'eau, notamment par la charge en sédiments et en éléments nutritifs, les agents pathogènes, les pesticides et les contaminants tels que les produits pharmaceutiques destinés aux animaux. Il peut être difficile de contrôler ces impacts, car contrairement à d'autres industries ou sources urbaines qui font principalement face à de la pollution ponctuelle (par exemple, les municipalités, les textiles et les industries manufacturières), l'agriculture est confrontée à des sources de pollution diffuses où il n'y a souvent pas de point unique où les polluants pénètrent dans le système récepteur en aval.

L'agriculture a été impliquée dans plusieurs régions du pays où la santé des lacs et des écosystèmes a été altérée. Par exemple, l'excès de phosphore provenant de sources telles que le ruissellement des terres urbaines et agricoles (de sources organiques et inorganiques) a été lié à des effets sur la qualité de l'eau dans les Grands Lacs et le lac Winnipeg, entraînant une réduction de la santé des écosystèmes et des proliférations d'algues nuisibles. Le risque de contamination par le phosphore (figure 3) est plus élevé dans les régions à forte concentration agricole, comme les provinces des Prairies, certaines parties de l'est du Canada et la région de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique. La contamination des eaux souterraines par l'azote est également une préoccupation dans certaines régions, comme dans certaines parties du Canada atlantique.

Figure 3 : Risque de contamination des eaux de surface par le phosphore au Canada en 2016Note de bas de page 8

Quantité d'eau. Les producteurs dépendent de sources d'eau fiables pour une production alimentaire sûre et efficace, et les variations du moment et de la quantité d'eau peuvent avoir des répercussions importantes sur leurs activités. Les modifications des régimes et des phases de précipitations, les changements dans le calendrier de la disponibilité de l'eau et les phénomènes météorologiques extrêmes associés aux changements climatiques vont accroître la nécessité d'une meilleure gestion de l'eau dans de nombreuses régions, qu'il s'agisse d'excès — y compris la fonte printanière et les fortes pluies qui peuvent entraîner des retards et des perturbations des semis ou des récoltes et présenter des risques pour les infrastructures — ou de pénuries — les sécheresses réduisant les rendements des cultures et présentant des risques pour la santé animale.

Les changements dans les régimes de température et de précipitations augmenteront la dépendance à l'égard de l'irrigation, notamment dans les Prairies et l'intérieur de la Colombie-Britannique où les déficits d'humidité sont les plus importants, mais aussi dans les régions où il n'y a pas eu par le passé de besoin d'irriguerNote de bas de page 9. Environ 0,95 million d'hectares sont irriguésNote de bas de page 10, ce qui représente moins de 2 % de la superficie agricole totale du CanadaNote de bas de page 11, plus des deux tiers de toutes les terres irriguées étant situées en Alberta. Dans d'autres régions, c'est l'inverse qui peut se produire, ce qui nécessite la création ou l'amélioration des infrastructures de drainage et de stockage de l'eau. Le drainage inadéquat pose des problèmes importants aux producteurs dans de nombreuses régions, notamment lorsqu'il contribue aux inondations. Le drainage artificiel par des structures de surface et souterraines est nécessaire pour maintenir les champs en production lorsque le drainage naturel n'est pas suffisant.

La concurrence entre les utilisateurs de l'eau est déjà une réalité au Canada (par exemple, la demande croissante d'eau potable et d'énergie hydroélectrique, ainsi que l'exploitation minière et la transformation) sont déjà une réalité dans certaines régions du Canada. Les effets prévus sur la quantité et la qualité des ressources en eau douce peuvent avoir des conséquences sur la sécurité hydrique, la croissance économique et le bien-être de la société au Canada. Par exemple, plus de 11 millions de personnes au Canada et aux États-Unis dépendent du lac Érié pour leur eau potable, et le lac apporte également plus de 50 milliards de dollars de revenus annuels au tourisme, aux loisirs et à l'industrie dans la région. L'adaptation aux changements climatiques nécessite des réponses basées sur les bassins versants pour traiter les problèmes d'eau propres à une région, en tenant compte de tous les utilisateurs d'eau (annexe C).

Pratiques qui favorisent la qualité et la disponibilité de l'eau en agriculture. Diverses pratiques peuvent contribuer à réduire les risques de pénurie ou d'excès d'eau et à améliorer la qualité de l'eau dans le secteur agricole. Ces pratiques comprennent les suivantes :

  • pratiques de gestion des éléments nutritifs telles que le moment optimal d'application et le placement souterrain des engrais, l'analyse du sol pour déterminer les besoins en fertilisation et l'utilisation d'engrais contenant de l'uréase ou d'autres inhibiteurs de nitrification
  • pratiques qui réduisent le ruissellement des intrants (par exemple, cultures couvre-sol ou travail réduit du sol)
  • utilisation de zones humides ou de biofiltres réactifs pour piéger les éléments nutritifs
  • plantation ou maintien d'une végétation permanente autour des plans d'eau (zones riveraines)
  • pratiques qui augmentent la matière organique du sol (par exemple, cultures couvre-sol, travail réduit du sol)
  • augmentation du captage et du stockage de l'eau ou développement de l'irrigation et du drainage durables
  • sélection de variétés végétales et animales mieux adaptées aux extrêmes climatiques

4.4 Atténuation des changements climatiques

Émissions de GES. Selon le Rapport d'inventaire national 2022 du Canada, les émissions agricoles totales provenant de la production dans les limites d'une exploitation agricole étaient estimées à 69 Mt de CO2 en 2020, ce qui représente environ 10 % des émissions totales du Canada (figure 4)Note de bas de page 12. Les pratiques agricoles libèrent des émissions de GES principalement à partir de sources biologiques, telles que la production de bétail (fermentation entérique), l'application d'engrais azotés synthétiques, la gestion du fumier et l'utilisation de carburant à la ferme (par exemple, fonctionnement des machines agricoles). Ces pratiques contribuent aux émissions de dioxyde de carbone, de méthane et d'oxyde nitreux (figure 4). L'agriculture est une des principales sources d'émissions de méthane au Canada, avec une contribution d'environ 30 %.

Les émissions totales de GES de l'agriculture canadienne sont restées relativement stables depuis 2005, alors que la contribution du secteur au produit intérieur brut du Canada a augmenté au cours de la même période; en d'autres termes, l'intensité des émissions a diminuéNote de bas de page 13. D'autres tendances sont visibles par sous-secteurs. Entre 1990 et 2005, les émissions associées à la production animaleNote de bas de page 14 ont augmenté de 38 %, puis ont diminué de 20 % entre 2005 et 2020. Le déclin du secteur de l'élevage a été associé à la réduction de la taille des troupeaux dans les secteurs laitier et bovin et à l'amélioration de la productivité par tête. Les émissions associées à la production végétaleNote de bas de page 15 ont augmenté de 102 % entre 1990 et 2020Note de bas de page 16. L'augmentation des émissions d'oxyde nitreux sur les terres cultivées est due à l'augmentation de la proportion de terres agricoles consacrées à la production de cultures annuelles (par exemple, la conversion de pâturages et de fourrages en terres destinées à la production de cultures annuelles telles que les céréales et les oléagineux) et à l'augmentation de la superficie utilisée pour la production de cultures plus gourmandes en engrais (par exemple, le maïs, le canola). La superficie utilisée pour la production de cultures telles que le canola et le maïs a considérablement augmenté depuis 2001, tandis que la superficie de certaines cultures nécessitant des taux d'engrais plus faibles, comme le blé, l'orge, l'avoine et le foin cultivé, a diminué.

Figure 4A: Émissions de GES du Canada par secteur économique

La description de cette image suit.
Description de l'image ci-dessus

Émissions de GES du Canada par secteur économique :

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a réparti les sources d'émissions de GES du Canada en six secteurs économiques en 2020 : Énergie — Sources de combustion fixes, Énergie — Transport, Énergie — Sources fugitives, Procédés industriels et utilisation de produits, Agriculture et Déchets. Les sources de combustion fixes ont compté pour 45 % des émissions nationales globales en 2020, suivies du transport (28 %). Les parts des procédés industriels, de l'agriculture et des sources d'énergie fugitives étaient presque équivalentes. Le plus petit contributeur était le secteur des déchets. Le tableau suivant répartit les émissions de GES (Mt éq. CO2) selon six secteurs en 2020.

Tableau de données :

Secteur Mt éq. CO2 % du total
Agriculture 69 10 %
Déchets et autres 50 7,4 %
Pétrole et gaz 179 27 %
Électricité 56 8,4 %
Transport 159 24 %
Industrie lourde 72 11 %
Bâtiments 88 13 %

Figure 4B : Principales sources d'émissions agricoles du Canada en 2020

La description de cette image suit.
Description de l'image ci-dessus

Répartition des émissions de gaz à effet de serre du Canada selon les six principales sources d'émissions agricoles : fermentation entérique, gestion des fumiers, émissions directes liées aux engrais, décomposition des résidus de cultures, utilisation de carburant à la ferme et autres.

Tableau de données :

Procédé agricole Pourcentage des principales sources d'émissions agricoles au Canada en 2020
Fermentation entérique 35 %
Gestion des fumiers 11 %
Émissions directes des engrais de synthétiques et organiques 18 %
Décomposition des résidus de cultures 7 %
Utilisation de carburant à la ferme 19 %
Autres 10 %

Figure 4C : Types de gaz à effet de serre émis par le secteur agricole en 2020

La description de cette image suit.
Description de l'image ci-dessus

Répartition des émissions de GES du secteur agricole au Canada selon trois gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, oxyde de diazote et méthane.

Tableau de données :

Gaz à effet de serre Pourcentage des gaz à effet de serre émis par le secteur agricole en 2020
N2O 36 %
CH4 38 %
CO2 25 %

Le Plan de réduction des émissions pour 2030, présenté en mars 2022, prévoit une augmentation de 1 Mt des émissions du secteur agricole d'ici 2030 sans intervention supplémentaire. On fait ici référence aux niveaux de 2005, qui étaient de 72 MtNote de bas de page 17. Cela comprend les émissions provenant de la production végétale, de la production animale et de l'utilisation de carburant à la ferme. Toutefois, la projection n'inclut pas le carbone piégé par les activités agricoles — celles-ci sont prises en compte dans la catégorie « Utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie (UTCATF) ». Les mesures fédérales récemment annoncées, y compris celles qui favorisent la séquestration du carbone provenant des activités agricoles, pourraient contribuer jusqu'au 13 millions de tonnes de réductions supplémentaires liées à l'agriculture d'ici 2030Note de bas de page 18.

Séquestration du carbone. Au début des années 1990, les sols agricoles canadiens sont passés du statut de source de carbone à celui de puits de carbone par suite de l'adoption accrue du labourage de conservation ou du semis direct dans les Prairies, de la réduction de la jachère (maintien des terres cultivées hors production, mais contrôle de la croissance des végétaux par le labourage et la pulvérisation) et de l'augmentation des rendements des cultures qui a entraîné une augmentation des apports de carbone dans les sols. Le piégeage du carbone dans le sol a fluctué d'une année à l'autre en fonction des conditions climatiques et des pratiques de gestion des terres. En 2020, les sols agricoles ont stocké près de 10Mt de CO2, ce qui signifie que les sols agricoles ont séquestré plus qu'ils n'ont émis, contrebalançant environ 14 % des émissions agricoles annuelles totalesNote de bas de page 19. Tout comme la sylviculture, le secteur agricole a le potentiel de séquestrer une quantité importante de carbone à l'horizon de 2050 grâce à l'utilisation accrue de pratiques de gestion particulières telles que les cultures couvre-sol et les brise-vent. Ces pratiques peuvent simultanément soutenir la production et d'autres avantages environnementaux tels que la réduction de l'érosion du sol, l'amélioration de la santé du sol et l'habitat de la faune.

Pertes et déchets alimentairesNote de bas de page 20. Les pertes et les déchets alimentaires représentent également une source d'émissions associées au secteur agricole et agroalimentaire, car leur décomposition dans les décharges constitue une source importante de méthane. Outre les émissions directes dues à la décomposition des déchets alimentaires, les ressources (par exemple, l'eau, l'énergie, les intrants et les nutriments du sol) utilisées pour produire ces aliments sont également gaspillées. Les pertes et déchets alimentaires concernent les aliments qui sont cultivés, récoltés, transformés, fabriqués ou préparés pour la consommation humaine, mais qui ne sont jamais consommés par des personnes. Les pertes et déchets alimentaires évitables continuent de créer un fardeau économique, environnemental et social inutile pour les Canadiens. Une étude de 2019 indique que près de 11,2millions de tonnes métriques de pertes et de déchets alimentaires évitables sont générées chaque année, ce qui pourrait représenter une valeur de près de 50milliards de dollars au détailNote de bas de page 21. Les déchets alimentaires représentent le plus grand pourcentage (23  des déchets solides municipaux canadiens éliminésNote de bas de page 22. Le gouvernement du Canada a fait de la réduction des pertes et des déchets alimentaires un domaine d'action prioritaire dans le cadre de la Politique alimentaire pour le Canada.

Pratiques qui soutiennent l'atténuation des changements climatiques. Le tableau suivant illustre les pratiques prometteuses pour réduire les émissions de GES à la ferme selon les recherches disponibles et les résultats connus, y compris l'impact limité sur les rendements.

Tableau 1 : Pratiques prometteuses pour réduire les émissions nettes de GES à la ferme

a) Pratiques permettant de réduire les émissions de méthane

Tableau 1 : Pratiques prometteuses pour réduire les émissions nettes de GES à la ferme a) Pratiques permettant de réduire les émissions de méthane
Pratique de gestion bénéfique Quantité potentielle de réduction des émissions d'ici 2030table 1 note 1 Taux d'adoption actuel
Utilisation d'additifs alimentaires inhibiteurs du méthane 1 Mt d'éq. CO2 0 %
Systèmes de traitement du lisier pour les installations laitières et porcines (ajout d'acide sulfurique dans les réservoirs à lisier vides ou digestion anaérobie) 1 Mt d'éq. CO2 0 %
Ajout de fourrages de haute qualité, de luzerne et de végétaux riches en tanins aux pâturages des exploitations de naissage 0,9 Mt d'éq. CO2 Inconnu à faible
Note de tableau 1

Le potentiel de réduction des émissions est basé sur des objectifs d'adoption ambitieux, en fonction de la maturité de la pratique et de la technologie ainsi que de la faisabilité de l'adoption. Ces objectifs ont été établis pour fournir un cadre permettant d'évaluer l'impact potentiel des pratiques si elles sont adoptées à grande échelle dans tout le pays. Les taux d'adoption variaient de 25 % pour les pratiques les plus nouvelles à 75 % pour celles qui sont bien comprises et dont le taux d'adoption est déjà élevé. Dans un cas, celui de la réduction du travail du sol dans les Prairies, le taux d'adoption souhaité a été fixé à 90 %, compte tenu de l'imposant taux d'adoption existant.

Return to footnote 1 referrer

b) Pratiques permettant de réduire les émissions d'oxyde nitreux

Tableau 1 : Pratiques prometteuses pour réduire les émissions nettes de GES à la ferme b) Pratiques permettant de réduire les émissions d'oxyde nitreux
Pratique de gestion bénéfique Quantité potentielle de réduction des émissions d'ici 2030table 2 note 1 Taux d'adoption actuel
Utilisation d'engrais contenant des inhibiteurs de nitrification et d'uréase 1,8 Mt d'éq. CO2 Très faible
Fractionnement des applications d'engrais et fertilisation en bandes latérales 0,5 Mt d'éq. CO2 Moyen
Augmentation de l'utilisation des légumineuses dans la rotation et comptabilisation du crédit d'azote des légumineuses pour la culture suivante 0,4 Mt d'éq. CO2 Moyen
Note de tableau 1

Le potentiel de réduction des émissions est basé sur des objectifs d'adoption ambitieux, en fonction de la maturité de la pratique et de la technologie ainsi que de la faisabilité de l'adoption. Ces objectifs ont été établis pour fournir un cadre permettant d'évaluer l'impact potentiel des pratiques si elles sont adoptées à grande échelle dans tout le pays. Les taux d'adoption variaient de 25 % pour les pratiques les plus nouvelles à 75 % pour celles qui sont bien comprises et dont le taux d'adoption est déjà élevé. Dans un cas, celui de la réduction du travail du sol dans les Prairies, le taux d'adoption souhaité a été fixé à 90 %, compte tenu de l'imposant taux d'adoption existant.

Return to footnote 1 referrer

c) Pratiques permettant la séquestration du carbone

Tableau 1 : Pratiques prometteuses pour réduire les émissions nettes de GES à la ferme c) Pratiques permettant la séquestration du carbone
Pratique de gestion bénéfique Quantité potentielle de réduction des émissions d'ici 2030table 3 note 1 Taux d'adoption actuel
Plantation d'arbres sur les terres agricoles – par exemple, brise-vent, arbres près des cours d'eau 1,9 Mt d'éq. CO2 (7 Mt d'éq. CO2 d'ici 2050) Moyen/faible, voire zéro
Conversion des terres cultivées marginales en prairies 1,7 Mt d'éq. CO2 Faible
Autres pratiques, notamment l'augmentation de la luzerne dans les pâturages et le foin, le semis direct, l'élimination des jachères, le pâturage en rotation, les cultures couvre-sol 3,8 Mt d'éq. CO2 Variable
Note de tableau 1

Le potentiel de réduction des émissions est basé sur des objectifs d'adoption ambitieux, en fonction de la maturité de la pratique et de la technologie ainsi que de la faisabilité de l'adoption. Ces objectifs ont été établis pour fournir un cadre permettant d'évaluer l'impact potentiel des pratiques si elles sont adoptées à grande échelle dans tout le pays. Les taux d'adoption variaient de 25 % pour les pratiques les plus nouvelles à 75 % pour celles qui sont bien comprises et dont le taux d'adoption est déjà élevé. Dans un cas, celui de la réduction du travail du sol dans les Prairies, le taux d'adoption souhaité a été fixé à 90 %, compte tenu de l'imposant taux d'adoption existant.

Return to footnote 1 referrer

Les technologies propres qui réduisent les émissions de GES à la ferme peuvent inclure l'adoption de technologies plus efficaces en matière de carburant, l'adoption de technologies utilisant des carburants de remplacement (par exemple, chauffage solaire, digesteurs de biogazvéhicules à émissions nulles) et l'adoption de technologies et de pratiques d'agriculture de précision. Celles-ci peuvent inclure des stratégies de gestion qui collectent, traitent et analysent des données et des outils et technologies d'aide à la décision qui améliorent — en temps réel — l'utilisation des intrants et la gestion des éléments nutritifs (par exemple, capteurs de sol, systèmes et infrastructure numérique). Les technologies qui utilisent les déchets, la production et les sous-produits agricoles pour la production d'énergie et de bioproduits peuvent également réduire les émissions de GES tout au long de la chaîne d'approvisionnement.

Des recherches scientifiques plus ambitieuses et à long terme s'imposent pour établir les pratiques, les technologies, les produits, les utilisations des terres et les intrants qui permettront au secteur de relever le défi de carboneutralité, tout en restant résilient et rentable dans des conditions climatiques futures incertaines, et donc capable de faire progresser le programme de sécurité alimentaire canadien et mondial. Il faut du temps pour que les idées novatrices passent du stade de la conception à celui de la recherche, puis évoluent pour en assurer l'application à grande échelle.

4.5 BiodiversitéNote de bas de page 23

Les écosystèmes biodiversifiés profitent à la production agricole grâce au cycle des éléments nutritifs, à la formation des sols, à la purification de l'eau, à la lutte contre les ravageurs et à la pollinisation. Les paysages agricoles à forte biodiversité sont plus résilients au climat et se rétablissent plus rapidement après des phénomènes météorologiques extrêmes (par exemple, les sécheresses). La pollinisation par les abeilles et d'autres insectes est essentielle à la production de nombreuses cultures, notamment les fruits, les légumes et les cultures oléagineuses comestibles, dont le canola. Au Canada, la pollinisation dirigée ajoute une valeur de plus de 3 milliards de dollars par année aux revenus provenant des cultures, et à l'échelle mondiale, 70 % des 124 cultures les plus importantes pour la consommation chez les humains sont tributaires dans une certaine mesure des pollinisateursNote de bas de page 24.

Les paysages agricoles en exploitation peuvent fournir un habitat important pour les espèces sauvages en offrant une variété de couvertures terrestres telles que des zones boisées, des zones humides, des zones riveraines et des pâturages naturels. Les prairies agricoles, y compris les pâturages et les terres fourragères, par exemple, fournissent d'importants biens et services écologiques, car elles contribuent à réguler la quantité et la qualité de l'eau en réduisant et en filtrant le ruissellement, à protéger les sols fragiles de l'érosion, à favoriser le cycle des éléments nutritifs et à fournir un habitat aux animaux sauvages, aux végétaux et à la biodiversité du sol.

Une autre composante de la biodiversité, la diversité génétique, est à la base de la sélection des cultures et des races, et est nécessaire à la résilience face aux contraintes environnementales. À l'échelle mondiale, la diversité génétique en agriculture est en déclin, car on cultive moins d'espèces destinées à la consommation. Le Canada continue de faire preuve de vigilance quant à la conservation du matériel génétique amélioré des cultures et à la diversification de ce matériel de reproduction. Le Canada possède actuellement une variété de races animales destinées à l'alimentation, ce qui permet aux producteurs de s'adapter aux conditions climatiques locales. Toutefois, on estime que la moitié des races laitières canadiennes sont en péril ou en voie d'extinction.

Le déclin de la biodiversité est dû à la perte de zones naturelles et semi-naturelles qui fournissent un habitat essentiel, telles que les prairies, les zones humides et les terres fourragères et de pâturages, ainsi qu'à l'augmentation des cultures annuellesNote de bas de page 25 et à l'expansion urbaine. La conversion de paysages naturels en terres agricoles a un impact à la fois sur la biodiversité et les émissions de GES. La figure 5 montre que si les paysages agricoles diversifiés qui comprennent des types de couverture naturelle ou semi-naturelle peuvent fournir un habitat à une plus grande diversité d'espèces, relativement peu d'espèces utilisent les terres de culture annuelles comme habitat principal.

D'autres pratiques agricoles, telles que l'utilisation de pesticides et d'herbicides, peuvent également avoir des impacts sur la biodiversité, la pollinisation à grande échelle et d'autres services écosystémiques. Les pesticides jouent un rôle essentiel au Canada pour aider à maintenir son rôle dans la production alimentaire nationale et mondiale, et dans la mise en œuvre de pratiques de gestion durable, comme la culture sans travail et le contrôle des espèces de mauvaises herbes envahissantes. Le Canada dispose d'un cadre réglementaire rigoureux, dirigé par Santé Canada, pour l'enregistrement des pesticides, y compris les instructions sur l'étiquette pour leur application en agriculture. De plus, les agriculteurs canadiens suivent des pratiques de gestion bénéfiques pour appliquer de façon durable et réduire leur dépendance à ces produits afin d'en minimiser les impacts. Cela comprend des innovations dans le domaine de la biotechnologie et de l'agriculture de précision (par exemple, des variétés de cultures sélectionnées pour leur résistance aux maladies), le développement et la promotion de pesticides (par exemple, des biocides) ayant moins d'impact sur les organismes non ciblés, et la mise en œuvre de systèmes de lutte intégrée des ravageurs qui utilisent des contrôles naturels.

Figure 5 : Nombre d'espèces de vertébrés terrestres utilisant des types de couverture sur les paysages agricoles (2015)Note de bas de page 26

La description de cette image suit.
Description de l'image ci-dessus

Tableau de données :

Type de couverture terrestre Nombre d'espèces utilisant les types de couverture retrouvés sur les terres agricoles pour se nourrir et se reproduire
Milieu humide 267
Forêt 337
Pâturage (prairie naturelle) 303
Pâturage (non amélioré) 339
Terre cultivée (fruits et petits fruits) 94
Terre cultivée (vivaces) 83
Terre cultivée (annuelles) 29

Remarque : Le graphique illustre le nombre d'espèces de vertébrés terrestres utilisant les types de couverture sur les terres agricoles canadiennes. Terres en culture (vivaces) = pâturages améliorés, foin cultivé, luzerne pour l'alimentation animale et le fourrage; pâturages (non améliorés) = terres naturelles non améliorées pour le pâturage; n'ont pas été cultivées, ensemencées, drainées, irriguées ou fertilisées; limitées à la géographie où les prairies naturelles ne sont pas présentes. Pâturage (prairies naturelles) = graminées et arbustes indigènes utilisés pour le pâturage du bétail; limité à certaines parties des écozones occidentales (prairies, plaines boréales, cordillère montagnarde, bassin intérieur occidental).

Pratiques qui soutiennent la biodiversité dans l'agriculture. Plusieurs pratiques peuvent favoriser la biodiversité dans les exploitations, tout en offrant d'autres avantages tels que le maintien des populations de pollinisateurs qui soutiennent la productivité. Voici des exemples de pratiques qui peuvent mieux soutenir la biodiversité dans les systèmes agricoles :

  • créer des « éco-tampons » ou des corridors pour la faune et la flore
  • planter ou entretenir des brise-vent et des haies
  • améliorer la gestion des zones humides existantes, restaurer les zones humides endommagées ou asséchées, ou construire de nouvelles zones humides
  • établir une couverture végétale permanente (par exemple, des arbres, des pâturages, des graminées vivaces) sur des terres anciennement utilisées pour des cultures annuelles, en particulier lorsqu'il s'agit de terres marginales
  • maintenir les pâturages, les prairies, les boisés ou les terres marginales (par exemple, ne pas les convertir en cultures annuelles)

5. Mesures existantes qui soutiennent l'atteinte des résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole

Dans le contexte de l'ambition mondiale croissante de s'attaquer au climat, à la biodiversité et à d'autres défis environnementaux, le gouvernement du Canada a élaboré plusieurs stratégies globales pour encadrer les mesures relatives à l'environnement et au climat, comme le plan climatique renforcé et le Plan de réduction des émissions pour 2030. D'autres stratégies sont en cours d'élaboration, notamment une stratégie nationale d'adaptation, la stratégie canadienne sur le méthane, la stratégie et le plan d'action national pour la diversité biologique, le Plan d'action sur l'eau douce, le Plan sur la science du climat et les stratégies pour travailler en partenariat avec les producteurs pour diminuer les émissions d'engrais tout en continuant à augmenter la productivité agricole. Le gouvernement du Canada soutient également des initiatives afin de faire progresser les résultats multiples en matière de climat et d'environnement dans le secteur de l'agriculture, en reconnaissant les liens entre les questions environnementales au niveau de l'exploitation agricole. Ces initiatives comprennent, entre autres, le Partenariat canadien pour une agriculture durable, les Solutions agricoles pour le climat et le Fonds pour les technologies propres en agriculture. Mesures du gouvernement du Canada pour un secteur agricole durable et résilient donne un aperçu de ces mesures et d'autres qui soutiennent les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole. Une stratégie pour une agriculture durable permettrait de regrouper sous un même toit les actions en faveur du climat et de l'environnement sur les terres agricoles, de soutenir une meilleure coordination des actions publiques et privées, et de combler les lacunes en alimentant les politiques et les programmes qui font progresser les résultats en matière d'environnement et de climat et qui profitent aux producteurs.

6. Sujets de discussion

Cette section est organisée en trois thèmes de discussion, chacun accompagné d'un bref historique et d'une série de questions.

Question 1 : Que voulons-nous réaliser grâce à une stratégie pour une agriculture durable?

Une stratégie pour une agriculture durable tirerait parti des efforts existants et concentrerait les ressources et les actions, en fournissant une vision et une orientation claires pour un secteur agricole durable sur le plan environnemental, social et économique, qui contribue également à faire avancer la réconciliation. Une vision claire et des objectifs partagés guideraient la sélection et le développement des approches nécessaires pour faire progresser la durabilité, la compétitivité et la vitalité du secteur. La vision et les objectifs viennent à orienter la prise de décisions sur les mesures à prendre lorsqu'il faut tenir compte d'impacts économiques, environnementaux et sociaux divergents.

Il est proposé qu'une stratégie pour une agriculture durable utilise l'énoncé de vision décrit dans L'Énoncé de GuelphNote de bas de page 27, adapté pour correspondre à la nature à long terme de la stratégie. On propose cinq objectifs, établis lors d'une discussion de mobilisation tôt dans le processus d'élaboration de la stratégie, qui permettraient de concrétiser cette vision.

Vision proposée pour une stratégie pour une agriculture durable :

Le Canada est reconnu comme chef de file mondial dans le domaine de l'agriculture et de la production agroalimentaire durables. Il se projette en s'appuyant sur une base solide de forces et de diversité régionales, afin de : relever le défi des changements climatiques; développer de nouveaux marchés et créer de nouveaux débouchés commerciaux tout en répondant aux attentes des consommateurs; nourrir les Canadiens et une population mondiale croissante.

Objectifs proposés pour une stratégie pour une agriculture durable :

  1. Le secteur agricole est résilient aux impacts climatiques à court et à long terme tout en augmentant la capacité de production, et s'est adapté aux contextes changeants dus au changement climatique.
  2. Le rendement environnemental s'est amélioré dans le secteur agricole canadien, ce qui contribue aux avantages environnementaux, économiques et sociaux de tous les Canadiens.
  3. Le secteur agricole joue un rôle important en contribuant aux objectifs nationaux de réduction des émissions de GES en 2030 et de carboneutralité d'ici 2050 tout en restant compétitif et en soutenant les producteurs.
  4. Une approche plus globale et intégrée est adoptée pour traiter les questions agroenvironnementales dans le secteur agricole, pour l'ensemble des politiques, des programmes et des partenaires de la chaîne de valeur.
  5. Le Canada a comblé des lacunes en matière de données et amélioré sa capacité de mesurer, de faire rapport et de suivre le rendement environnemental du secteur agricole et agroalimentaire.

Des résultats spécifiques seraient associés à chaque objectif — des changements mesurables qui se produisent à la suite d'une action collective dans le cadre de politiques, de programmes et d'initiatives existants et nouveaux au cours de la période visée par la stratégie. Les résultats d'une stratégie pour une agriculture durable qui pourraient être envisagés sont les suivants :

  • la production est plus résiliente aux changements climatiques
  • les émissions de GES du secteur des transports sont réduites
  • le secteur a augmenté sa capacité de séquestration du carbone
  • l'utilisation de technologies propres et efficaces sur le plan énergétique dans les exploitations agricoles est accrue
  • les caractéristiques paysagères riches en biodiversité sont maintenues ou améliorées sur les terres agricoles (par exemple, les zones humides, les prairies et les zones boisées)
  • les services écologiques sont mesurés, maintenus et durables
  • l'agriculture adopte une approche plus globale de la gestion de l'eau

Sujets de discussion

  • Avec quels objectifs proposés pour une stratégie pour une agriculture durable êtes-vous le plus d'accord? Ajouteriez-vous ou retireriez-vous quelque chose?
  • Qu'est-ce qu'une stratégie pour une agriculture durable devrait-elle viser à obtenir dans le secteur agricole en ce qui concerne :
    • Atténuation des changements climatiques
    • Adaptation
    • Biodiversité
    • Eau
    • Santé des sols
  • Comment une stratégie pour une agriculture durable peut-elle soutenir un secteur agricole durable sur le plan environnemental, social et économique?

Question 2 : Approches pour surmonter les obstacles et faire progresser les résultats environnementaux dans le secteur

Lors de discussions antérieures avec le secteur sur des questions environnementales connexes — y compris les séances sur l'objectif d'émissions provenant des engrais, l'atelier sur l'agriculture dans le cadre des consultations sur la stratégie nationale d'adaptation et le Partenariat canadien pour une agriculture durable — les points suivants ont été soulevés le plus souvent par les participants comme étant des obstacles à l'adoption de pratiques de gestion bénéfiques et de technologies qui favorisent l'amélioration des résultats en matière d'environnement et de climat :

  • incertitude quant aux avantages économiques, aux coûts et aux risques liés aux changements de rendement lors de l'adoption de pratiques ou de technologies particulières
  • manque de reconnaissance de ceux qui adoptent de manière précoce des pratiques intelligentes en matière d'environnement et de climat
  • connaissances, formation ou accès à l'expertise ou aux conseils techniques insuffisants pour adopter une pratique ou une technologie spécifique
  • coût de l'adoption et de la maintenance d'une pratique ou d'une technologie respectueuse de l'environnement ou du climat
  • temps nécessaire pour mettre en œuvre et maintenir une pratique ou une technologie particulière
  • disponibilité insuffisante de la main-d'œuvre ou main-d'œuvre possédant les compétences appropriées (par exemple, pour la production à forte intensité de données, l'agriculture de précision)
  • manque de connaissances et d'outils nécessaires pour mesurer les résultats, tels que les émissions de gaz à effet de serre, ou pour répondre aux exigences de rapport des normes d'assurance
  • augmentation des coûts des intrants et des extrants
  • rapidité des processus réglementaires
  • manque d'accès à la connectivité à large bande en milieu rural
  • différences générationnelles et culturelles dans les approches de gestion agricole

La réalisation des objectifs d'une stratégie pour une agriculture durable nécessitera qu'on surmonte ces obstacles en utilisant une série d'approches intégrées, qui s'appuient sur les programmes, les politiques et les initiatives existants, compte tenu de la diversité du secteur agricole canadien et de l'éventail des priorités environnementales.

Les approches suivantes pourraient être considérées dans une stratégie pour une agriculture durable afin de contribuer à la réalisation des objectifs et des résultats de la stratégie et de surmonter les obstacles existants. Bon nombre d'entre elles sont déjà mises en œuvre par le gouvernement du Canada pour soutenir les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole (voir les Mesures du gouvernement du Canada pour un secteur agricole durable et résilient). Une stratégie pour une agriculture durable s'appuierait sur les initiatives actuelles, comblerait les lacunes et apporterait les ajustements pour mieux soutenir les résultats en matière d'environnement et de climat.

  • Transfert de connaissances et vulgarisation — activités qui améliorent l'accès des producteurs aux informations, aux conseils et aux formations dont ils ont besoin pour mettre en œuvre efficacement dans leur exploitation des pratiques qui favorisent les résultats en matière d'environnement et de climat. Par exemple, vulgarisation agricole, sites de démonstration, évaluations régionales des risques climatiques, calculateurs de GES à la ferme, analyses du cycle de vie.
  • Soutenir les avancées dans le domaine des technologies propres et de l'adoption numérique — des approches qui investissent dans le développement, la démonstration, la commercialisation et l'adoption de technologies propres dans le secteur et qui les encouragent davantage. Par exemple, des équipements ou des machines agricoles à émissions nulles, l'agriculture de précision, l'intelligence artificielle et des innovations permettant l'utilisation d'énergies alternatives et de bioénergie.
  • Incitations financières pour l'adoption de pratiques de gestion bénéfiques à la ferme — incitations financières directes aux producteurs qui, par exemple, couvrent les coûts nécessaires à l'établissement et au maintien de pratiques à la ferme qui favorisent les résultats en matière de climat et d'environnement ou la fourniture de biens et services écologiques.
  • Instruments économiques — outils et pratiques qui utilisent les marchés, les prix et d'autres incitations financières et variables économiques pour réduire ou éliminer les impacts environnementaux involontaires. Par exemple, des incitations fiscales, des taux d'intérêt réduits sur les prêts pour les producteurs qui mettent en œuvre des pratiques intelligentes du point de vue climatique ou environnemental, l'utilisation de programmes de gestion des risques commerciaux pour encourager les pratiques et éliminer les facteurs dissuasifs.
  • Possibilités fondées sur le marché — avantages fondés sur le marché qui incitent à l'adoption de pratiques écologiquement durables. Par exemple, les systèmes d'approvisionnement durable et de certification dirigés par l'industrie, les marchés volontaires ou réglementés de compensation du carbone.
  • Règlements — modifiant les règlements existants ou en en créant de nouveaux qui pourraient établir des normes de rendement ou rendre obligatoire ou interdire l'utilisation d'une pratique agricole donnée afin d'augmenter de manière efficace et significative l'adoption de pratiques ou de technologies qui ont actuellement de faibles niveaux d'adoption. Les nouveaux produits, pratiques, ou technologies respectueux du climat peuvent également nécessiter une approbation réglementaire.
  • Science et recherche — combler les lacunes existantes en matière de connaissances, améliorer les mesures et le suivi, et mettre au point de nouvelles variétés de cultures et de bétail pour contribuer à faire progresser les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur, ainsi que des approches pour surmonter les obstacles potentiels et les délais prolongés.
  • Solutions le long de la chaîne d'approvisionnement — soutenir les solutions le long de la chaîne d'approvisionnement qui ont une incidence positive sur le rendement environnemental de l'exploitation, ainsi que d'autres avantages environnementaux le long de la chaîne d'approvisionnement. Par exemple, faire progresser la croissance du secteur de la bioéconomie, trouver des solutions novatrices pour réduire les pertes et les déchets alimentaires, et faire progresser la circularité dans le secteur.
  • Travailler avec des partenaires autochtones — collaborer avec des partenaires autochtones sur des politiques et des programmes propres aux Autochtones qui soutiennent la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires autochtones, y compris sur des actions qui renforcent les systèmes alimentaires dirigés par les Autochtones grâce à des avantages environnementaux.

Sujets de discussion

  • Quelles sont les réussites que vous pouvez mettre en commun concernant les approches visant à améliorer les résultats environnementaux et climatiques dans le secteur? De quelle manière ces approches ont-elles eu un impact sur les rendements ou les coûts?
  • Quelles sont vos suggestions concernant des approches supplémentaires qui pourraient faire partie d'une stratégie pour une agriculture durable pour :
    • Soutenir les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole en général?
    • Soutenir le secteur agricole pour qu'il atteigne le niveau carboneutre d'ici 2050?
  • Compte tenu du rythme des changements nécessaires, dans quels domaines les approches réglementaires ou les modifications des approches existantes pourraient-elles être utilisées pour accélérer l'action en faveur de l'environnement et du climat?
  • Selon vous, quels types de recherche devraient être prioritaires afin de faire progresser les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur?

Question 3 : Cibles et données sur le rendement environnemental

L'acquisition de données complètes et en temps utile est essentielle pour comprendre où les pratiques, les programmes ou les politiques fonctionnent et où une plus grande attention est nécessaire. La mesure de l'impact environnemental dans le secteur agricole est particulièrement complexe en raison de la grande variabilité des exploitations, des paysages et des pratiques agricoles utilisées pour soutenir l'environnement et le climat. La collecte de données au niveau de l'exploitation et les normes de données communes pour informer les résultats continuent d'être un défi en raison du coût et de la complexité de la collecte de données, des lacunes dans les outils de modélisation existants et de la collecte de données détenues par différentes organisations et autorités gouvernementales. Les producteurs et autres parties prenantes ont également exprimé des inquiétudes quant à la confidentialité, à la propriété et à la sécurité des données recueillies au niveau des exploitations agricoles, ainsi qu'au temps nécessaire à la collecte des données.

Pour garantir la présentation de données de qualité, opportunes et représentatives, il faudra que les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, l'industrie et les groupements de producteurs spécialisés, ainsi que les producteurs et les groupes de producteurs s'engagent à trouver des moyens novateurs pour recueillir les informations requises. Les domaines d'amélioration qui pourraient être inclus dans une stratégie pour une agriculture durable comprennent l'avancement de la capacité et de la technologie pour la collecte de données, la modélisation et la mesure ou la vérification des résultats agroenvironnementaux, la collecte de données et d'analyses sur les terres agricoles, ainsi que la mesure et le rapport des résultats agroenvironnementaux au niveau national. On pourrait explorer les possibilités d'étendre les systèmes actuels d'information sur les marchés pour mieux répondre aux besoins du secteur, avec des informations liées aux priorités de la durabilité comme l'utilisation des intrants (par exemple, les engrais et les pesticides), les tendances de consommation et les statistiques avancées sur la vente au détail.

La détermination de cibles assorties d'actions claires est une autre approche qui pourrait inciter à l'action en fournissant un objectif à atteindre et par rapport auquel mesurer les progrès. Les cibles peuvent également aider à définir les résultats pour améliorer les résultats agroenvironnementaux et suivre les progrès en matière d'amélioration de la durabilité dans le secteur. Le Canada n'a actuellement qu'un seul objectif environnemental spécifique au secteur de l'agriculture : réduire d'ici 2030 les émissions provenant des engrais synthétiques de 30 % par rapport aux niveaux de 2020. D'autres pays et autorités gouvernementales ont fixé des objectifs spécifiques à leur secteur agricole en matière d'atténuation des changements climatiques, d'adaptation, de biodiversité, d'eau ou de santé des sols, dont plusieurs figurent à l'annexe D.

Sujets de discussion

  • Quels sont les types de données les plus importants pour mesurer les résultats en matière d'environnement et de climat dans le secteur?
  • Quelles suggestions avez-vous pour améliorer la manière dont les données environnementales sont recueillies et diffusées dans le secteur?
  • Quels objectifs qualitatifs ou quantitatifs vous semblent réalistes, ambitieux et mesurables pour générer le plus d'actions dans les domaines suivants :
    • Réduire les émissions de GES ou séquestrer le carbone
    • Rendre le secteur plus résilient
    • Soutenir la biodiversité
    • Soutenir la qualité et la disponibilité de l'eau
    • Améliorer la santé des sols

Questions finales

  • Avez-vous d'autres idées, commentaires, réactions ou suggestions à communiquer sur une stratégie pour une agriculture durable?

7. Prochaines étapes

La mobilisation concernant une stratégie pour une agriculture durable aura lieu en 2022 et au début de 2023, et la rétroaction permettra de définir les objectifs, les résultats et les actions du plan, ainsi que la manière de mesurer les progrès. Un rapport « Ce que nous avons entendu » sera publié à l'issue du processus de consultation, et l'ébauche de la stratégie pour une agriculture durable est prévue pour 2023.

Annexe A : Avantages environnementaux communs de certaines pratiques de gestion bénéfiques à la ferme

Remarque : Un « X » indique la présence d'un avantage commun.

Pratique Atténuation des changements climatiques Adaptation et résilience Biodiversité Eau Santé des sols
Accroître la séquestration du carbone Diminuer les émissions Diminuer les impacts des événements climatiques Accroître la résilience des exploitations agricoles face aux événements climatiques Augmenter l'habitat Augmenter la capacité de rétention d'eau du sol Diminuer les risques pour la qualité de l'eau Augmenter la matière organique du sol
Planter des arbres sur les terres agricoles (par exemple, arbres dans les pâturages, brise-vent, arbres près des cours d'eau) X   X   X X   X
Améliorer la gestion des engrais X           X X
Cultiver des cultures couvre-sol ou intercalaires X X   X   X X X
Établir une couverture végétale permanente sur des terres marginales X     X X X   X
Sélectionner des variétés végétales et animales mieux adaptées aux extrêmes climatiques et à un climat plus chaud X     X        
Améliorer la gestion des zones humides existantes X     X X X X  

Annexe B : Risques et possibilités dus aux changements climatiques pour le secteur agricole

Impact des changements climatiques Risques Possibilités
Augmentation de la fréquence et de l'intensité des tempêtes, des inondations, des sécheresses et des incendies de forêt
  • Pannes d'électricité touchant le chauffage, le refroidissement du bétail et les systèmes d'alimentation et de traite automatisés
  • Dommages aux cultures, aux sols et aux infrastructures
  • Impacts sur le système de manutention et de transport du grain au Canada
  • Incidences négatives sur la qualité de l'eau dues au ruissellement des champs et des installations d'élevage vers les fossés, les cours d'eau et les autres masses d'eau en aval
  • Dégradation accrue de la santé et de la qualité des sols, entraînant des risques accrus de ruissellement des intrants
 
Changements dans le régime des précipitations, temps plus chaud
  • Certaines parties du sud de la Saskatchewan et de l'Alberta pourraient devenir moins propices aux cultures sensibles à la chaleur, comme le canola
  • Semis retardés avec des printemps plus humides
  • Stress thermique chez le bétail, qui se traduit par une diminution des gains de poidsNote de bas de page 28, une réduction des taux de reproductionNote de bas de page 29, une baisse de la production de laitNote de bas de page 30 et d'œufsNote de bas de page 31 et un risque accru de maladie
  • Survie hivernale des ravageursNote de bas de page 32 et des maladies, ainsi que l'expansion vers le nord des ravageurs et des maladies que l'on ne trouve pas actuellement au Canada
  • Modification des périodes de floraison des végétaux, entraînant un décalage entre la floraison et l'émergence des pollinisateursNote de bas de page 33
  • Augmentation de la prolifération des algues et de l'eutrophisation des eaux de surface en raison de l'accroissement du ruissellement printanier, combinée à une saison de croissance plus chaude et plus sèche de même qu'à l'augmentation des précipitations estivales intenses dans certaines régions
  • Risque accru de contamination de l'eau en raison de l'évolution des systèmes de production, qui peut avoir une incidence sur les apports d'éléments nutritifs et de pesticides
  • Les travailleurs agricoles sont particulièrement vulnérables au stress thermique en raison de la nature exténuante de leur travail, qui s'effectue principalement à l'extérieur
  • Augmentation du risque d'approvisionnement adéquat et de qualité de l'eau pour la production animale
  • Le maïs, le soja et les légumineuses semées à l'automne, qui sont plus résistants aux extrêmes climatiques, pourraient devenir plus adaptés et avoir une meilleure croissance
  • L'allongement de la saison de pâturage et la réduction des coûts de chauffage des installations d'élevage
  • Les régions situées au nord de l'étendue agricole actuelle pourraient devenir plus adaptées à de nouvelles cultures (par exemple, le maïs, le soja)Note de bas de page 34 bien que cela sera limité quelque peu par les propriétés du sol
Niveaux plus élevés de CO2
  • Possibilité de rendements accrus pour le blé, l'orge, le canola, le soja, les pommes de terre et la plupart des cultures fourragères

Annexe C : Défis régionaux liés aux changements climatiques dans le secteur agricole en ce qui concerne l'eau

Région du Pacifique

  • Réduction du débit des cours d'eau en été, diminution de la recharge des nappes phréatiques et augmentation de la demande en eau dans d'autres secteurs
  • Augmentation de la demande en eau des cultures dans la vallée de l'Okanagan en raison de l'augmentation des températures et de l'allongement de la saison de croissance
  • Dans les régions côtières, l'élévation du niveau de la mer pourrait provoquer l'intrusion d'eau salée dans les aquifères ainsi que l'inondation des terres agricoles côtières

Prairies

  • Impacts sur la qualité et la disponibilité des eaux souterraines
  • Augmentation de la fréquence et de l'intensité des sécheresses entraînant une augmentation de la demande d'infrastructures d'irrigation et d'approvisionnement en eau
  • Concurrence accrue entre les utilisateurs d'eau (par exemple, les municipalités, les communautés autochtones, l'hydroélectricité), en particulier pendant les années de sécheresse et de disponibilité réduite de l'eau
  • Pertes d'éléments nutritifs et prolifération d'algues dans les bassins hydrographiques en raison de l'augmentation des crues de printemps et des épisodes de pluie intense ou de la baisse des niveaux d'eau ou de l'eau plus chaude en cas de sécheresse
  • Problèmes d'accès pour les machines agricoles lourdes à la suite d'inondations printanières

Région du Centre

  • En raison de l'augmentation du ruissellement printanier, il est difficile de réaliser les semis de printemps et d'autres opérations sur le terrain
  • Risque accru de ruissellement des effluents d'élevage et des éléments nutritifs du sol des champs vers les zones riveraines, et augmentation de l'érosion du sol

Région de l'Atlantique

  • Augmentation des précipitations printanières et dégels plus rapides qui pourraient entraîner des embâcles et des inondations, ce qui aurait des répercussions sur les terres situées autour des grandes rivières
  • Tempêtes de plus forte intensité et tempêtes tropicales plus fréquentes qui pourraient endommager les cultures et mettre le bétail en danger
  • Risque accru de ruissellement des effluents d'élevage et des éléments nutritifs du sol des champs vers les cours d'eau

Annexe D : Actions et cibles en matière d'environnement et de climat dans le secteur agricole dans d'autres états

Pays Cible
Atténuation des changements climatiques
France
  • Réduction de 18 % des émissions agricoles de GES d'ici 2030; réduction de 46 % d'ici 2050
Allemagne
  • Réduction des émissions de GES dues à l'agriculture à 58 - 61 millions de tonnes de CO2 d'ici 2030
  • Réduction de l'excédent d'azote dans le bilan nutritif brut à 70 kg N/ha entre 2028 et 2032, avec une nette réduction d'ici 2050
Irlande
  • Réduire les émissions agricoles de 22 - 30 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2030
  • Réduire l'intensité de la gestion d'au moins 40 000 ha de sols agricoles à base de tourbe pour réduire les pertes de CO2
Pays-Bas
  • Réduire les émissions d'azote de 50 % d'ici à 2030Note de bas de page 38 et réduire d'un tiers le cheptel dans tout le pays pour réduire l'azote.
Nouvelle-Zélande
  • Objectifs de réduction des émissions de 10 % par rapport aux niveaux de 2017 d'ici 2030, puis de 24 - 47 % d'ici 2050 pour le méthane biogénique
Royaume-Uni
  • Réduire d'un cinquième l'intensité des GES des aliments et boissons consommés au Royaume-Uni
Biodiversité
États-Unis
  • Inscrire jusqu'au 4 millions d'acres supplémentaires dans le Conservation Reserve Program afin de préserver la couche arable, de séquestrer le carbone, de réduire le ruissellement de l'azote et de fournir un habitat sain à la faune sauvage
Québec
  • Doubler les terres agricoles gérées de façon favorable à la biodiversité (par exemple, bandes riveraines, brise-vent); aucune perte nette de milieux humides et de plans d'eau au Québec d'ici 2030
Eau
Union européenne
  • Réduction de 50 % de l'utilisation globale et des risques liés aux pesticides chimiques et réduction de 50 % de l'utilisation des pesticides les plus dangereux d'ici 2030
  • Réduire les pertes d'éléments nutritifs d'au moins 50 % d'ici 2030, tout en veillant à ce qu'il n'y ait pas de détérioration de la fertilité des sols
  • Réduire l'utilisation d'engrais de 20 % d'ici 2030
Finlande
  • Traiter de manière durable 50 % du fumier et des boues d'ici 2025, qui sont susceptibles de toucher la mer Baltique et les systèmes aquatiques environnants
États-Unis
  • Réduire de 30 % les pertes nationales d'azote et de phosphore provenant des terres agricoles d'ici 2050
Ontario
  • Une réduction de 40 % (par rapport à 2008) des charges déversées dans le bassin central et une nouvelle charge binationale totale cible de 6 000 tonnes de phosphore total par année
  • Une réduction de 40 % (par rapport à 2008) des charges printanières de phosphore total et de phosphore réactif soluble dans le cas des principaux affluents afin de réduire au minimum les proliférations d’algues toxiques à proximité du littoral
Québec
  • Diminuer de 15 % les apports d'engrais azotés sur les terres de culture (Plan pour une agriculture verte 2020-2030)
Santé des sols
Union européenne
  • Rendre 25 % des terres agricoles en agriculture biologique d'ici 2030
  • Atteindre les objectifs de santé des sols à l'échelle de l'UE, qui sont en cours d'élaboration
France
  • Accroître annuellement de 0,4 % les stocks de carbone du sol, soit 4 % par an, dans les 30-40 premiers centimètres du sol
États-Unis
  • Inscrire jusqu'au 4 millions d'acres supplémentaires dans le Conservation Reserve Program × afin de préserver la couche arable, de séquestrer le carbone, de réduire le ruissellement de l'azote et de fournir un habitat sain à la faune sauvage
Ontario
  • Avoir au moins trois familles de cultures en rotation (système de cultures annuelles) d'ici 2030
  • Recouvrir 50 % des terres en culture d'un producteur de culture couvre-sol d'ici 2030
Québec
  • Couvrir 75 % des terres cultivées par des cultures ou des résidus de culture en hiver
  • Assurer une teneur en matière organique égale ou supérieure à 4 % sur 85 % des sols agricoles

figure